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Résultat pour la recherche 'poeme ami mort'

Toussaint

Octobre a pris congé de l’automne arlequin
Dont Eole moqueur défeuille le costume.
Les morts vont recevoir notre hommage posthume,
Des fleurs pour embellir leur ultime lopin.

Chers parents endormis sous un noir baldaquin
De granit où se brise en vain mon amertume,
Mon corps, saisi d’effroi, refuse la coutume
De vous rejoindre un jour en habit de sapin.

Je veux, réduite en cendre, être d’un sycomore
Le suc qui nourrira les jeunes frondaisons.
Que sa verte ramure aux amis remémore

Mes poèmes dansant le ballet des saisons,
Nos heures de soleil et d’ivresse première,
Mon cœur, insatiable assoiffé de lumière.

La mort d’un ami

Ces derniers jours passés dans l’ombre et la souffrance,
À surveiller ton souffle au rythme de ma peur
Ont habillé le temps d’un voile de stupeur
Que la mort a levé pour notre délivrance.

Tu n’as longtemps montré que de l’indifférence
Face au mal qui plongeait ton corps dans la torpeur,
Et j’ai compris trop tard ton silence trompeur,
Quand tu marchais déjà sur ton chemin d’errance.

Ton souvenir me hante au-delà du chagrin
Et mon cœur à jamais reste le tendre écrin
D’un amour réciproque au secret de nos âmes ;

Mes amis de toujours te trouvaient bien mignon,
Mais il me semble ouïr le refrain de leurs blâmes ;
Si tu n’étais qu’un chien, tu fus mon compagnon.

 

*          J’ai écrit ce poème le 28 juillet 2000 en souvenir de Gréta, une gentille femelle labrador. Le dimanche 5 septembre 2004 à 23h30, notre chienne labrador Lorca est allée rejoindre sa copine. Je n’ai pas trouvé tout de suite de mots assez forts pour traduire la peine ressentie. Car si je n’ai jamais été la maîtresse de Lorca, elle était devenue mon chien. Alors ce poème est aussi pour elle. 

 

Hommage à Jean Ferrat

L’homme qui aimait l’Homme, honneur à son pays,
Quand il chantait « Ma France » à en tirer les larmes,
Il se battait sans cesse avec pour seules armes
Un idéal d’enfant bousculant les partis.

Il me venait ce matin en apprenant  le départ de jean Ferrat, ces quelques vers malhabiles et bien réducteurs, alors que j’entendais au fond de ma mémoire sonner cette chanson, ce cri, « ma France ».

Je regardais nos deux petits enfants que nous avions pour la jourée, je scrutais l’avenir, et j’entendais encore Aragon, comme un puissant remugle :

« Un jour portant un jour viendra couleur d’orange,
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »

A l’heure où les grands idéaux, les grands rêves d’humanité, celle que l’on voudrait si fort sentir tirée « vers le haut », vers son point oméga de réussite comme le voyait l’un de mes maîtres,  ont laissé place aux marchands du temple, aux pays, aux cultures vendues aux sphères financières anglo-saxones dont le profit est le seul moteur, écrasant philosophies et morales, piétinant les dignités, la disparition de Ferrat signe un jalon, celui de la mort et du renouveau, comme un instant entrouvert sur tous les possibles.

« Le poète a toujours raison, qui voit plus loin que l’horizon, et l’avenir est son Royaume,
Loin des vielles malédictions, je déclare avec Aragon, la femme est l’avenir de l’homme ! »

Alors la porte s’entrouvre, sur le « tout est encore à faire », loin par exemple des femmes androgynes et prédatrices qui pensent que l’accès à la stupidité des hommes est une  conquête. Les yeux d’Elsa brillaient d’un autre feu ! Et ce feu est bien là, en plein cœur de Ferrat, dans les yeux de « sa môme », qui travaille en usine, à Créteil.

Si Ferrat s’en va, il nous laisse tout, et Aragon, le génie poétique insondable d’Aragon actualisé en son siècle, au cœur des tourments de son siècle :

« Pablo mon ami qu’avons-nous permis
L’ombre devant nous s’allonge s’allonge
Qu’avons-nous permis Pablo mon ami
Pablo mon ami nos songes nos songes

Nous sommes des gens de la nuit qui portons le soleil en nous
Il nous brûle au profond de l’être
Nous avons marché dans le noir à ne plus sentir nos genoux
Sans atteindre le monde à naître » …

Cela peut paraître sans doute paradoxal de rendre un hommage à un poète avec les textes d’un autre. Tout le mystère est là, de la grande humilité de l’artiste qui a finalement réussi, et c’est un exploit, d’immortaliser Aragon au cœur de sa vie même, de le porter plus loin, encore plus loin, toujours plus loin, comme une mission sacrée à laquelle il a obéi, montrant ainsi l’inégalable grandeur de savoir être petit et se mettre au service de ce qui nous dépasse.

Que dire encore d’autre pour l’accompagner que ces vers d’Aragon, comme s’il les avait écrit pour lui, en frère :

« Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger »

Etranger, peut être pas vraiment…

Vous souvenez vous de ce magnifique poème qu’il à dédié à son chien, Ouralou (je ne suis pas sûr de l’orthographe), poème à sa terre, à
la Vie à l’amour dont il débordait pour tout ce qui l’entourait ?

« Ton long museau à la fenêtre,
Tu nous accueilleras bientôt »

de l’amour pour son compagnon à quatre pattes à la profondeur des visions qu’il portait sur l’humanité, rien n’a échappé à son chant, appuyé, sans aucune tiédeur ni compromission d’aucune sorte. Il le dit, le crie, et le chante :

« Je ne suis qu’un cri ». 

228 hirondelles… (pour le souvenir)

 En ce jour important, où TOUT est souvenir,
 Comment rester de glace alors que la mort rôde ?
 Et novembre a longtemps été mois des soupirs…
 Il le sera encore, car le doute corrode… 

 Aussi, lors d’un voyage en avion, aurons-nous
 Une pensée émue pour tous ces « transitaires »
 Perdus dans l’océan, quand l’horizon, d’un coup,
 Est tombé dans la mer, noyant nos sœurs, nos frères… 

 Hirondelles ! Amies qui volez en plein ciel :
 Portez tout notre amour aux âmes décimées !
 Pour ceux qui sont « partis » : soyez providentielles,
 Car nous tous, en ce jour, nous sommes…déprimés… 

…devant un TEL désastre…

« J’ai écrit ce poème le 07/11/2009 en voyant les infos qui commémoraient la disparition de l’avion au large du Brésil. C’est ma façon de joindre ces personnes disparues.« 

La mort du poète

Lamartine, ton nom est partout en ces lieux,
Au pied de la montagne, au bord du lac d’Elvire,
Mais qui relit tes vers et qui donc les admire ?
Peut être quelque fou, sinon quelque amoureux ! 

Dans cette ville, Ami, qui connut tes aveux,
N’est-il plus un seul cœur qui chante ou bien soupire ?
Tes vers ne peuvent-ils un instant le séduire ?
Ne vient-on plus rêver sur ton lac, sous tes cieux ? 

Pourtant, ici, tout parle et d’amour et de rêve,
Poèmes immortels inspirés d’amours brèves,
Barde ! Tu sais encor faire entendre ta voix. 

Qui ne quitte ces lieux un peu un peu de vague à l’âme,
Qui ne sent en son cœur se mourir une flamme
Quand le poète meurt une nouvelle fois ?

Hélène VESTIER , Lauréate de l’Académie Française,
(Prix Auguste CAPDEVILLE 1967 pour son recueil intitulé : «  Tout au long d’une vie »,
Premier Prix de poésie au Tournoi international féminin en Juin 1967,
Déléguée Régionale de la S P A F pendant 40 ans.
A publié : «  Tout au long d’une vie «  ( 1966),
En collaboration avec les poètes de Lorraine : «  La Lorraine chante » : ( 1970)
«  Laissez les rêves s’envoler » : ( 1981 ) 

 




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