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Avis de Concours

Concours 2014 - Bretagne-Anjou-Touraine – Ouvert jusqu’au 15 Avril 2014

 

BULLETIN DE PARTICIPATION

 

Prénom :

Nom :

Adresse

e mail :

téléphone :

Code : 2 prénoms :

__________________________________________________________________

 

Disciplines choisies                            Titres                          Nombre d’oeuvres :

 

POESIE

 

PROSE

 

ARTS

 

Conditions financières de participation aux concours :

 

PRIX des Jeunes talents de moins de 16 ans : 10 timbres ou 5,00 €

PRIX de poésie, prose ou artistique dans une discipline choisie (20 timbres ou) 10,00 €

PRIX pour participation dans plusieurs disciplines poésie, prose, arts : 20,00 €

GRAND PRIX participation plusieurs disciplines et les prix du recueil : 20,00 €

OPTIONS FACULTATIVES :

Adhésion à la S.P.A.F. Membre actif année 2014 : 22,00 €
Abonnement à la revue trimestrielle ART et POESIE (4 Nos) : 28,00 €
Abonnement et adhésion ensemble pour un an ( remise de 14 € ) : 36,00 €
Publication d’un poème ou d’une œuvre dans la revue ART et POESIE : 15,00 €

Offre spéciale :

SOUSCRIPTION pour réserver un tee shirt ou polo de qualité 100% coton à votre taille ou pour offrir avec le logo » ART et POESIE «  de  la S.P.A.F :
imprimé en 3 couleurs pour homme, femme, enfant : conditions privilégiées
port et retour gratuits, téléphoner pour préciser votre taille et choisir les coloris disponibles. Tél.  06 81 04 60 14

Tee-shirts à partir de 6 €, Polos 8 €  !

Société des Poètes et Artistes de France
Bretagne-Anjou-Touraine  - CONCOURS 2014

 

I – Les prix des poètes : PRIX décernés d’après les thèmes proposés et sujets libres : humour, paix, liberté, générosité, humanitaire, souffrance, amitié, amour, devoir, mystique, orgueil, égoïsme, nature, ville, région, poésie, chanson, patrie, Europe.

1- Poésie en prose, poésie libre
2 – poésie néo-classique
3 – Poésie régulière classique
4- Poésie régulière de forme fixe, fables
5 – Poésie illustrée (dessin, peinture, enluminure, collages, compositions)
6 – Prose: conte, nouvelle, scénario, récit, théâtre, essai…
7 – Prix du recueil manuscrit de 30 textes de poésie sous anonymat
8 – Prix du recueil édité hors anonymat
9 – Jeune talent de moins de 16 ans: poésie et arts toutes formes

II – Les prix des artistes :
1 – Chanson: écriture du texte, composition musicale, harmonisation, Interprétation
2 –  Comédie musicale (10 chansons sur un thème) sur D.V.D. ou vidéo
3 –  Art oratoire (poésie déclamée) – Slam : cassette ou disque laser
4 –   Danse actuelle, moderne classique, etc. : DVD – vidéo
5 –   Photo d’Art : tous sujets, ( 2 à 5 modèles différents)
6 –   Peinture: toutes matières: pastel, huile, aquarelle, gouache, etc…
7 –   Dessin- Arts graphiques – Illustrations – Enluminures.
8 –  Sculpture – Moulages – Bois, métaux etc

RECOMPENSES : diplômes, médailles, coupes, trophées, tee shirts, livres, disques

REGLEMENT et CONDITIONS de PARTICIPATION :

Poésie:  3 textes dactylographiés, non agrafés, en 3 exemplaires,
Choisir et préciser la discipline à gauche, titre au centre,
et 2 prénoms à droite  sur chaque texte

Recueil : textes dactylographiés agrafés en recueil non édité : 20 textes en 3 exemp.

recueils édités : sans anonymat, sans dédicace, en 3 exemplaires
Prose : nouvelle, conte, récit, essai, scénario, extrait de roman en 3 exemplaires

Chanson  et autres arts : 1-2-3-4 – cassette, CD ou DVD- en 2 exemplaires
1 à 15 chansons. indiquer le nom de l’auteur, compositeur, interprètes.

Photo, peinture, dessin, sculpture (ARTS )  5-6-7-8 Photo couleur, bonne qualité, 3 exp.

Les œuvres ne sont pas rendues.
Les auteurs sont responsables de leurs œuvres. Ils autorisent leur publication dans la Revue « Art & Poésie» Régionale et internationale.
L’encaissement des chèques fait office d’accusé de réception des envois.
Les décisions du Jury sont sans appel. Il se réserve la faculté de ne pas décerner de prix ou de grands prix si la qualité ou la quantité des oeuvres présentées sont insuffisantes.
Le palmarès sera adressé  fin mai 2014.
Les membres du Jury : écrivains, poètes, artistes, professeurs de lettres, d’art graphique, attribuent une note à chaque œuvre présentée et les prix sont attribués d’après les moyennes les plus élevées en ordre décroissant.
Les œuvres remarquées font l’objet d’un diplôme d’honneur de première mention, deuxième mention, ou de participation.

ENVOI DE VOTRE PARTICIPATION :  dès que possible au plus tard le 15 Avril 2014.

Dans une grande enveloppe portant l’adresse du délégué et l’affranchissement postal réglementaire ECOPLI, non recommandé, insérer vos textes, photos ou œuvres, en 3 exemplaires avec les inscriptions de disciplines choisies, votre code d’anonymat: 2 prénoms, et le titre des œuvres, joindre deux enveloppes timbrées, portant votre adresse- l’une pour l’envoi du palmarès et l’autre pour l’invitation à la remise des prix et diplômes- et une enveloppe portant votre code de participation (deux prénoms) contenant le bulletin de participation rempli et votre chèque de règlement d’un montant correspondant à vos choix, établi à l’ordre de            Michel LEON  D.R. SPAF
23 GRANDE RUE   35430 SAINT JOUAN DES GUERETS

Société des Poètes et Artistes de France
Concours 2014 – Bretagne-Anjou-Touraine –  Ouvert  jusqu’au  15 Avril 2014

Tous les participants sont invités à participer au CONGRES REGIONAL de la SPAF

FESTIVAL « ART ET POESIE » à SAINT MALO le 8 JUIN 2014

Le fil d’Ariane – Art et Poésie n°225

Art et Poésie 225Dans son éditorial, notre président Vincent VIGILANT nous souhaite une Bonne Année,

pleine de satisfactions au plan personnel, familial et professionnel.

Puissent la joie, la sérénité s’épanouir en nous, sur le sentier de la sagesse fleuri d’amitié et d’amour, qu’on pourrait appeler le chemin du bonheur.

 

Le 55ème congrès de la SPAF a été honoré par la présence de Monsieur et Madame RAFFARIN, Adjointe au Maire de Chasseneuil du Poitou, chargée des Affaires Culturelles.

Notre Président nous informe de son désir de mettre un terme à son mandat en septembre 2014.

Il évoque son parcours poétique ainsi que géographique, outre Atlantique,  puis à travers toute la France, pour achever sa « ballade » en Poitou-Charente où il se donne cœur et âme à sa Muse.

L’Assemblée Générale a entériné un bilan annuel satisfaisant conclu par un rapport financier en équilibre.

Le vote pour le renouvellement du Conseil d’Administration a vu la confirmation des membres sortants.

Il est à noter que les tarifs d’adhésion à la SPAF restent inchangés.

 

Lors de la cérémonie de remise des prix commentée par Véronique Flabat-Piot, de nombreux et talentueux poètes ont été récompensés.

Les autres artistes du salon international des arts ont également été primés pour leurs œuvres picturales, photographiques, de marquetterie ou de sculpture.

 

Des poèmes inédits ou primés emportent le lecteur sur les vagues blanches des pages que tourne le vent de l’inspiration.

Du creuset de Jacques MULLER, Grand Prix des Poètes Lorrains 2013, coule la prose incandescente d’industrieuses amours.

 

Au chapitre des  « Chroniques » on retrouve Gérard Laglenne qui nous fait découvrir la « couronne » de quatrains ; il nous présente la « schaltinienne » et enfin le « maillet », trois compositions à formes fixes, de structure originale et dont il explicite les règles de prosodie.

Avis aux amateurs !

 

Dans les « Informations Rappels » nous apprenons que Michel LEON renonce à prendre la succession d’Abraham Vincent VIGILANT à la présidence de la SPAF ainsi qu’à son poste de Vice-Président.

De nouvelles élections seront organisées ultérieurement .

 

 

Georges

BWV – J.-S. Bach

Mer

mer génésiaque,

mer de certitude absolue,

mer accourue du tréfonds des âges sonores,

mer nourricière des hautes colonnes ecclésiales,

mesure à mesure, exacte houle et houle exultante pour clamer la joie juvénile, pour proférer la foi festive ; houle portée parfaite par le peuple des anges dans les feux du prisme musical… Ah les croisées de ces lignes si pures à nouer et renouer les cordes exaltées dans la tessiture de la trame tenace ! Houle encore battant l’éblouissement de ses éclats à l’ouverture de la fresque céleste…

 

Mer matrice mathématicienne, enfantant le soutenu à l’infini, et pas de pèlerin dans les registres de la voix humaine, sûre du chemin à parcourir dans la résolution de l’âme première; l’entrain singulier et pourtant si simple surpasse la cadence des légions césariennes. Cette allure a déjà conquis tous les modes et marche encore dans son inlassable transgression.

 

Clameur en chamade cuivrée, ourlée de lèvres en épousailles d’une même modulation ; entrelacs de la langue dans les couleurs processionnaires ; lignes ascensionnelles du discours vers le sublime sacré.

Dans la palette des émois, la tessiture du hautbois cursif ou la chaude parole d’un cuivre déclamatoire sculptant une métope en mode dorique.

Bientôt l’équilibre bienheureux dans le suspens des phrasés, et l’élévation de l’âme en plénitude, quand l’harmonique prolonge son arrêt sur cœur.

La symétrie d’Apollon-concepteur tient le monde sur une corde chantante si longue qu’elle unit Hildegarde et le cantor de Leipzig dans une même offrande musicale… O plénitude !

 

Bruissante forêt aux dix mille fûts, aux cent espèces et aux rares essences ; tous les vents du monde y insufflent une sève vivifiante et les timbres de la console peignent les voûtes des chapelles intimes.

S’élance la phrase exclamative, essentielle issue d’un livre sacré, des antiques vérités,  et de la grammaire grégorienne ; s’élance dans l’ample creuset de la partition en fugace cheminement, prestement suivie de ses ombres gigognes dans la déclinaison d’une irrévocable assertion. Des multiples reprises des fondations s’élève une brodeuse architecture et le doigté aérien file la toile dans l’allégresse irrésistible du métier.

 

Nef dans la nef, proue colossale, proue vertigineuse à l’aplomb des introïts solennels ; au lever de la tempête, dix mille bouches d’une seule voix jubilante, pour emplir les abîmes de la méditation achevée, la parole révélée, d’un même élan jusqu’aux croisées d’ogives !

 

Dans les rondes majeures, la solennité d’un arc-en-ciel, puissance du souffle à son tremblement ; double quarte qui s’oublie dans une infinie et éternelle acception, dans une infinie et éternelle vérité… Dense félicité en résonnance d’un point d’orgue monumental !

Au lointain de perfection, des portes d’or s’ouvrent sur une transfiguration.

 

Et puis la sous basse en sourdine pour sonder les mystères de la foi ; âme esseulée courant des travées imaginaires, fidèle aux mains inspirées dans le fleuve d’une écriture improvisée. Ces chemins aventureux franchissent pourtant des terres de connaissance vers un lointain si dense qu’il chante une prière.

 

Primesautière allégresse des arabesques dans l’exploration de toutes les possibles légèretés de la perpétuelle invention…Sensualité des timbres en duetto enlaçant des colonnades manuélines ; et puis halètement, course folle, danse joyeuse de l’âme éprise de tant d’efflorescence.

Dire et redire encore dans toutes les langues chantantes la Babel musicale incessamment ressurgie de ses ondes : la voici illuminée de tous ses feux, la voici dans sa chape orchestrale aux glorieux éclats. Magnificat !

 

O joie grandiose, libre effervescence dans les flots ininterrompus de l’œuvre vivante !

Lignes de beauté incommensurables !

Art et Poésie n° 224

Art et Poésie n° 224 dans Fil d'Ariane numerisation0001Magnifique couverture de notre revue, signée Jacqueline  GAZONNOIS !

Elle a caressé du pinceau « le chat fantôme » qui, comme tout chat,  aime la couverture.

 

Dans son éditorial, notre président national Abraham Vincent VIGILANT, directeur de la revue,  met en exergue l’importance des mots qui éclairent la pensée, nous caractérisent et nous singularisent. Nos propos, notre vocabulaire sont en quelque sorte le miroir de notre personne.

 

Des poèmes inédits nous emmènent au Bénélux, en Bourgogne et en Bretagne.

Coup de cœur à Jean-Claude POMMERY, Grand Prix d’Art Contemporain au Congrès 2012 à Paris, qui a « l’Art et la Matière » de nous enflammer dans son œuvre « Brûlures ».

Alain ETIEVANT adore et dore « La vigne ensoleillée  » au mitan de l’automne flamboyant.

ANK grave ses idées noires marchant « Sur le chemin » d’un énigmatique espoir.

David SOUDAIN, sur acrylique, trace l’ « Horizon » d’un trait de génie.

Et l’illustration photographique de Nadine CELESTIN est le reflet de son âme : tout en nuances et en mystère.

Court intermède poétique quand « Les moulins travestis » de Mary  G. TARDREW moulent le vent d’avril « Au souffle du khamsin »

Retour dans la cimaise avec « Le chat » de Raymonde RAMS et le « Fraternitatem » de Laurent PFLUGHAUPT.

Et pour clore l’exposition, Marie-Aimée MOURGUES nous transporte, en compagnie de ses elfes dans le « Mystère du réel ».

Rarement  Art et Poésie aura été si richement illustré.

Dans le boudoir des poètes régionaux et francophones, on retrouve une célébrité de la chanson : Salvatore ADAMO. « Et t’oublier » nous ne pourrons jamais.

Beaucoup de poèmes primés méritent le détour même si, une fois n’est pas coutume, aucun poète lorrain n’a prêté sa plume pour écrire des mots.

 

Au chapitre des « Chroniques » Gilbert ANDRIEU, dans son article « Le poète et le musicien » aborde les questionnements existentiels  qu’il illustre  au travers de la mythologie grecque.

Gérard  LAGLENNE vient parfaire nos connaissances en matière de prosodie. Il nous entraine dans un pas de deux, pour nous faire danser sur un rondel régulier, au rythme d’octosyllabes endiablés qu’aurait aimés Charles d’Orléans.

Suit  un sonnet estrambot d’Albert SAMAIN : sonnet irrégulier « à l’espagnole » comprenant 3 tercets au lieu des 2 conventionnels ; Trois pour le prix de deux ! Ollé !

Dans les « Distinctions » nous apprenons avec plaisir l’élection de Jean-Claude GEORGE à l’Académie Lorraine des Sciences.

Sous la plume de Véronique FLABAT-PIOT, nous apprenons le décès de Raymond TROUSSON, Professeur Emérite de Littérature Française à BRUXELLES, auteur de nombreux ouvrages et poète auquel la SPAF avait décerné en 2006, à Lyon, le Grand Prix International de Poésie.

Michel LEON a lu pour vous « Les ailes » de Barbara GIRARDOT qui par sa poésie nous insuffle  « Le souffle » de son âme.

Notre ami Armand BEMER délaisse un instant la poésie pour conter une région qu’il aime et qu’il connait.

« A l’encre de la Moselle » il écrit une page d’Histoire locale, exaltant la vie des humbles gens, dans leur terroir assis sur trois frontières.

La préface de Jean-Marie PELT résume bien le quotidien des ces hommes et femmes, de nationalités distinctes,  parlant pourtant une seule et même langue : « le platt ».

 

 

Georges

Bouquet de mariée

La gracile reine des prés,
Pâle et tremblante sous la brise,
Se mire en les remous diaprés
Du ruisseau, mutine, et se grise…

Si d’aventure un bouton d’or,
L’auréolant de sa lumière,
L’amenait à perdre le nord,
Qu’elle sauterait, la barrière !

Si quelque adonis écarlate,
Pétales au vent déployés,
Se muait en discret pirate
Et fondait à ses pieds noyés.

Si encore venait la prendre,
D’un bel élan voluptueux
De ses feuilles peintes, le tendre
Compagnon rouge, duveteux.

A moins que n’ait la préférence
Le métallique bleu de fer,
Inaltérable en l’occurrence,
D’un fier casque de Jupiter.

L’étrange bouquet de mariée !
Délire de mots, de couleurs…
A combien d’accords tapageurs
L’imaginaire l’a conviée !

Combien de rimes sans raison !
Grappillant dans le dictionnaire
J’ai cueilli des mots, pour en faire
Un bouquet d’aucune saison.

Talisman

Dans le froissement sec et bleu du tissu neuf
Et les chaudes senteurs de peau ensoleillée,
Sur le seuil de l’été, la fougue réveillée
Nous dispense un bonheur dense et plein comme un œuf.

Serré dans nos mains fermées, c’est le talisman
Emporté vif dans la diaspora de l’été,
Quand un large éventail de chemins éclatés
Sous les feux de juillet disperse les amants.

Cette année, dans sa fuite de bref météore,
Sème des traînées d’images, de bouts rimés,
Sur la page où s’efface le geste d’aimer.

La chair assoupie, où son éclair vibre encore,
Prémédite en rêve une infinité d’aurores.

L’âme en peine

Telle une âme traînant sa peine, je vais
Cherchant le souffle de l’inspiration
Dans les abysses ou tu m’entraînes, je sais
0ù se cachent l’enfer et la damnation

Cherchant par dépit autant que par hasard
0ù se nichent les rimes riches
Où s’endorment les rimes rares
Je cueille, arrache comme l’on défriche

Une terre jamais foulée
Où les flammes et les vagues passent
Où l’oiseau aime à se poser…

Telle une âme traînant sa peine, je vais
Arrachant chaque pas à la terre
Au Nord, souffle un vent mauvais

Peut-être vaudrait-il mieux se taire
Où laisser grandir le blé levé.

L’arme originelle

Entre vos jambes elle pend en stalactite lourd
De tensions primitives dont rien ne vous nettoie.
Enfin est arrivé le moment du parcours
Où la nature permet qu’hommes et femmes ne soient

Plus seulement deux extrêmes, des êtres aux antipodes,
Mais offre enfin cette chance inouïe d’un genre nouveau
Mélange des deux présents dont chacun par un code
Était coupé de l’autre dans des rêves inégaux.

C’est l’aire de l’androgyne qui apaise le feu
De l’arme originelle dont elle calme la passion.
Elle qui a, tant de siècles, loin de cet entre-deux,
Exercé sa puissance sur la femme sans action.

Il s’élance l’androïde loin des sentiers battus
Des singes anciens et rustres encore assez vivaces.
Elle retombe la trique des vieux gorilles poilus
Des vikings et soldats dont est perdue la trace.

C’est tout juste si subsiste la nostalgie du mâle,
L’esthétique du machisme qui posait ses repères.
La femme ne se range plus dans sa classe ancestrale
Et la technologie a pris la place du père.

Donc il faut croire qu’un jour tombera la violence
Qui venait de cette arme à jamais déchargée
Et que cet être lisse et fluide qui s’avance
Amènera l’équilibre si longtemps recherché.

Et l’arme originelle bien flétrie comme un gant
Que vous dressiez si fiers tout plein de syncrétisme,
Celle qui, à l’origine des crimes les plus grands
A construit dans le sang, misogynie, fascisme…

Pourrira sous la terre, reniée par les hommes
Dont la matière enfin ne sera plus si dure.
Adam crevé, Ève, elle, dédaignera la pomme.
Masochisme, tyrannie, extrémités impures

Se verront évincées hors du monde humaniste.
Assagi et serein sera l’être rêvé
Délivré des pulsions qu’une nature égoïste
A ancrées dans les corps pour mieux les diriger.

Et c’est une brise légère qui circulera en lui
Au lieu d’instincts trop chauds qui le déréglaient vite.
Et le mal quittera les masculins esprits
Où la haine abritait les tourments de la bite.

Le fil d’Ariane

Le fil d'Ariane dans Publications art-et-poesie-2012.4-116x150
ART et POESIE – N° 220

Notre Directeur, Abraham Vincent VIGILANT, ouvre ce numéro par un éditorial évoquant le divorce de la Science et de l’Art, mariés depuis la nuit des temps.

Le matérialisme outrancier a écarté l’épanouissement de l’homme, chassant la Poésie, autrefois rompue au charme mais aujourd’hui charme rompu….

Dans cette revue, des poèmes inédits émanent de nos régions françaises ainsi que de nos voisins francophones en passant, comme il se doit, par la Lorraine.

Nathalie JOFA lève les yeux au ciel d’où tombe une cataracte de vers orageux qui  se reflètent dans le jardin secret de Marie-Aimée MOURGUES.

La basilique de VEZELAY sublimée par Guy BRENIAUX rayonne et illumine la vieille mine de Gérard DALSTEIN : celle qui a englouti la trace des hommes mais pas le souvenir dans nos mémoires.

Si Roger MOUSSU était musagète, de la prose un exégète, peut-être qu’Erato ne prendrait pas de râteau !

André CAYON nous emmène en balade à NANCY dans sa ballade « Place Stanislas ».

Parmi les poèmes primés, quelle surprise d’y trouver la gemme d’une célébrité de la chanson, en la personne de Salvatore ADAMO, Grand Prix International de Poésie 2010.Il nous transporte et nous apporte Cet Amour… qui entrouvre le ciel.

Le chapitre des Chroniques aborde les recensions, annonces de parution, animations délégations, informations et un article consacré à Vincent VAN GOGH.

La rubrique « Lu pour vous » referme ce chapitre avec Michel TOYER, Marie-Claude PELLETAN et en point d’orgue Gérard DALSTEIN, témoin de son temps dans « Les Feux d’Eden ».

Aquarelles, huiles et photographies enluminent ces pages glacées…et pourtant si chaudes !

(Recension réalisée par Georges WEYMESKIRCH)

Compte-rendu de la journée du 21 octobre dernier

Dimanche 21 octobre 2012 eut lieu la remise annuelle des récompenses du Grand Prix des Poètes Lorrains de la SPAF.

Nous nous retrouvons dans la salle du Château au Foyer du Grand Sauvoy à Maxéville qui s’emplit peu à peu. Vers 10h30, le jury composé de Mme Joëlle DI SANGRO, M. Gérard DALSTEIN, M. Jean-Claude GEORGE et M. Armand BEMER (Délégué Régional) s’installe à la Tribune. Après un rappel des temps forts de l’année en cours :

- Mme Joëlle DI SANGRO, M. Armand BEMER et M. Jean-Claude GEORGE nous parlent du Congrès National qui s’est déroulé à Paris du 14 au 16 septembre derniers :

o La visite du Père Lachaise,
o le Grand Prix « Mémoire de la Mine » attribué à M. DALSTEIN pour son ouvrage « Les Feux d’Eden »,
o le Premier Prix décerné à Mme CHALUMEAU pour son roman « Malou ». M. Gérard DALSTEIN lui présente alors, précautionneusement, le vase reçu pour l’occasion et qualifié « de Soisson » tant il a été périlleux de le rapporter intact.
o Pas moins de trois prix pour notre ami Jean-Jacques CHIRON

- M. BEMER relate aussi le succès de l’initiative de M. Pierre VINCENT, à renouveler, de faire participer des enfants à l’écriture poétique.

- Mme Isabelle CHALUMEAU nous fait part du « ronronnement » de notre blog et rappelle la participation souhaitée de chacun pour fournir des œuvres (poèmes, mais aussi peintures, dessins, photographies) et l’animer.

La cérémonie débute par le Grand Prix des Poètes Lorrains. La lauréate, cette année, est Mme Denise RICHARD-FLIELLER, Vosgienne, pour ses poèmes à la mémoire de son inspirateur, son cher mari défunt.

Puis les différentes récompenses se succèdent selon le classement établi par le jury.

A l’issue de ces moments importants a eu lieu l’attribution de l’Alérion d’Or à M. Pierre VINCENT de Verny pour ses quatre poèmes évoquant les saisons. Il prend alors la parole pour exprimer qu’à son sens la boîte de Pandore ne doit pas rester fermée, l’espérance s’y terre encore…

S’ensuit l’apéritif, moment convivial qui permet à chacun d’échanger, de féliciter les lauréats ou encore d’admirer les tableaux et photos exposés. Vers 13 heures nous rejoignons la salle à manger pour y partager un bon repas dans une ambiance chaleureuse et détendue. Le soleil égaie la partie.

Pour conclure ce rendez-vous annuel fort, nous retournons dans la salle du château. Après une petite suggestion de Mme Marie France Genèvre et de M. Armand BEMER appelant à la participation de chacun pour « nourrir » notre blog en livrant à la curiosité de tous leurs textes primés, chaque personne désireuse de présenter un écrit est invitée à en faire lecture.

(Compte-rendu rédigé par Marie-France GENEVRE)

Coup de chaud

Le bouleau frémit à peine
Les herbes s’agitent mollement
L’air est comme une chaude haleine
Pas le moindre souffle de vent…

Les sapins sont immobiles
Leur résine embaume alentour
Fumant de plaies indélébiles
La colline n’a plus d’atours.

La route est en déliquescence
Les semelles collent au macadam
Le soleil, par sa présence
M’accable et je sens que je pâme.

Étourdis, les oiseaux se taisent
L’air est un four de boulanger
Je rêve d’une haute falaise
Que vent et eau viendraient fouetter…

Marchant sous les cieux plombés
Un paysan traîne sa peine
Le long d’un champ de blé brûlé
Le long d’un champ de blé en graines.

La vie cherche où elle peut, de l’ombre
Et l’eau fraîche des fontaines
Claire dans les bassins sombres
Sources profondes et lointaines.

J’attends que le soleil dardant
Tombe en feu à l’horizon
Que ma peau qui bout en dedans
Trouve en la nuit, le frisson,

J’attends en tricotant des rimes…
Voici que se lève le vent
Ce soir, le ciel d’azur se grime
Les nuages arrivent en courant.

Chansons de rime

(cliquer sur la petite flèche noire dans le rectangle orange pour écouter).

Alors que d’aucuns écriraient « Chanson de Rimes », j’ai intentionnellement mis « Chansons » au pluriel et « Rime » au singulier….

Mes chansons sont construites sur « la Rime » et j’ai l’amour de la rime simple et jolie…. Enfin, que je trouve jolie, tout est subjectif….

Dans « Chanson de Rimes »,, je rends hommage à ces « Grands de la Chanson» sans qui les petits « Artisans Paroliers », dont je fais partie, n’existeraient pas…. ….

Et plus le vers est court et plus la rime revient vite, avec ses exigences….

CHANSONS DE RIME

Le moindre travers
Quand j’écris mes vers
C’est bien sûr la rime
Sur qui je m’arrime
Le moindre des maux
C’est bien sûr les mots
Et qu’ils se ressemblent
Pour chanter ensemble

Car dans les chansons
Que de mal-façons
Faux semblants de rimes
Qui trop me dépriment
Et les bouts-rimés
Sont bien élimés
La prédominance
Est à l’assonance
J’y recherche en vain
Les bons écrivains
Tous les grands artistes
Ont quitté la piste
Et Léo Ferré
A déjà tiré
Oui, sa révérence
La désespérance
Et Charles Trenet
Vient de fredonner
L’ultime romance
Quelle perte immense

Le moindre travers
Quand j’écris mes vers
C’est bien sûr la rime
Sur qui je m’arrime
Le moindre des maux
C’est bien sûr les mots
Et qu’ils se ressemblent
Pour chanter ensemble

Ils ont disparu
Nos chanteurs des rues
Mais leurs ritournelles
Seront éternelles
Leurs jolis refrains
Leurs justes quatrains
De bonne facture
C’est leur signature
À chaque détour
J’attends leur retour
Sonne boute-selle
De Sète ou Bruxelles
Et que des faubourgs
Sortent des Gainsbourg
Et que de province
Faudrait que nous vinssent
Et que des faubourgs
Sortent des Gainsbourg
Et que de province
Faudrait que nous vinssent
Des Brassens !…

Art et Poésie n°18

Art et Poésie n°18 dans Divers Art-et-Poésie-2181-212x300Chers amis,

Si vous êtes bien abonnés à la revue Art & Poésie, vous avez dû recevoir le n° 218 d’avril 2012.

Précisons qu’il s’agit d’une nouvelle mouture, avec nouvelle maquette mise en page par une infographiste. Avec les rubriques traditionnelles, édito du président, photos et textes primés au concours national et célébrés au congrès national de Yenne en septembre dernier, textes proposés par les auteurs, recensions d’oeuvres, adresses diverses, tarifs des adhésions, abonnements et publications.

Dans son édito, notre président national rappelle l’historique de la revue et je le cite : « Notre revue sert notre cordée et c’est ensemble que nous poursuivrons, sur la route pentue de l’exigence, notre ascension au service de la poésie et des arts ».

Enfin il remercie ses prédécesseurs, Henri Meillant, Jean-Claude George et Claudine Remetter-George. Qu’il me soit ici permis de remercier nos sympathiques amis lorrains qui ont oeuvré pendant tant d’années aux manettes de notre société et de la revue, aux postes les plus exigeants, les plus exposés ou dans l’intimité de leur bureau, derrière leurs claviers (de machines à écrire..), accrochés à leur téléphone ou à leur calculatrice, ou simplement le crayon à la main pour déchiffrer les textes qui leur étaient soumis pour parution.

Bon vent, bonne mer à notre « nouvelle » revue et merci à ceux qui se « décarcassent » pour la faire vivre !

Armand Bemer, délégué régional de Lorraine »

Pourquoi ce monde

Pourquoi, tant de colère
Pourquoi, tant de châtiments
Homme, pour qui tant de prières
Dans ce monde sans pardon.
La paix, est résignée depuis des temps
Et la peur veille les visages
Crainte, de chaque instant
Pour, une guerre qui s’engage.
Ici l’on tue, là-bas l’on vole
Que deviendra, notre futur
Ici l’on meurt, là-bas l’on vole
Pourquoi, tant de déchirure.
La lourde clé, sonne au poignet
D’un vieil homme, qui se lasse
Pourquoi, tant de portes fermées
Sur des crimes, qui s’entassent.
Pourquoi, tant de misère
Pourquoi, tant de colère
Dans, ces pays sans un hiver
Où, un enfant cherche une mère.
Pourquoi, tant de barrières
Entre l’orient et l’occident
Pourquoi, tant de frontière
Entre, ces hommes de même sang.
Adolescence si perturbée
Par une drogue, sans apport
Pourquoi, t’es-tu enchaînée
A ces pratiques, de la mort.
Enfant, ne jette pas ton pain
Écoute, ton frère là-bas
Entends-tu, son cri de faim
Songe, à ton frère là-bas.
Pourquoi, tant de colère
Pourquoi, tant de châtiment
Pour qui, tant de prière
Dans ce monde, sans pardon.
Pourquoi, ces hommes, ces femmes
Aux portes, des usines fermées
En viendront-t-ils, un jour aux armes
Pourquoi, tant de visages figés.
Adolescent, si perturbé
Par, ton avenir incertain
Que deviendras-tu, dans ces années
Où savoir, ne sert peut être plus à rien.

A propos de l’Alérion d’Or

Lors de sa création, l’Alérion d’Or avait comme vous le savez, pour but de permettre aux lauréats de Grand Prix des Poètes Lorrains, désormais hors concours de pouvoir s’affronter en des joutes poétiques et amicales.

Il permettait en outre à la Délégation de Lorraine d’accroitre sa communication et son prestige, choses des plus importantes au regard de domaines concernant la culture, les arts et plus précisément la poésie.

C’est pourquoi j’avais, à l’époque, choisi le cadre de l’Hôtel de Ville de Nancy pour organiser chaque année la cérémonie de Remise de ce Prix, indépendamment  du Prix des poètes Lorrains qui était décerné dans la localité de résidence du lauréat. La cérémonie originale, en un lieu chargé de symboles, suscita beaucoup d’intérêt notamment de la part des médias

 

Ce prix de prestige, bien distinct des autres concours et concernant des poètes ayant reçu  le Grand Prix des Poètes Lorrains ne pouvait être comparé à celui-ci. Aussi  son règlement fut-il établi  de manière différente car il s’adressait à des candidats déjà hautement primés.

 

Cependant, il fut convenu lors de la passation de pouvoirs à  Armand  BEMER,  et ceci afin d’alléger sa charge de Délégué, de lui permettre de remettre l’Alérion d’Or dans le cadre de la remise des Prix des poètes Lorrains, bien que le Prix y perde de sa spécificité.

 

Or, la  question de déclarer hors concours le ou la lauréate ayant obtenu le Prix plus de deux fois, fut rapidement évoquée  (ce à quoi je dus m’opposer car cela nous ramenait à l’écueil de la mise hors concours du Prix des Poètes Lorrains que nous tenions à éviter.)

 Et, récemment encore, il fut proposé d’apporter de nouvelles modifications au règlement de L’alérion d’Or, lesquelles auraient conduit à d’autres similitudes avec le Prix des Poètes Lorrains.

 

Ceci m’amène, en ma qualité de fondatrice de ce concours, à demander de manière officielle qu’une dernière clause soit ajoutée au règlement de l’Alérion d’Or, stipulant qu’aucune modification ne puisse désormais être apportée au règlement initialement établi pour ce Prix, ce règlement ayant été en son temps, dument pensé, élaboré et ce avec le plus grand soin par Jean-Claude GEORGE  président de la SPAF de l’époque et moi-même.

 

J’ai fait part de cette décision à Armand qui a eu l’amabilité de m’en permettre l’annonce ici même ainsi que lors de la prochaine Remise des Prix, ce dont je le remercie très vivement.

 

Joëlle di SANGRO (février 2012)

 ************************************

 En complément au texte de Joëlle ci-dessus, j’aimerais apporter les précisions suivantes pour replacer ces éléments dans leur contexte.

Lors de la première remise des Prix que j’avais en charge en tant que nouveau président de la délégation de la SPAF Lorraine, en 2009, j’ai souhaité conserver le cadre prestigieux de l’Hôtel de Ville de Nancy pour y organiser toute la cérémonie dans les Grands Salons.

Je souhaitais en effet regrouper les deux remises de prix pour plusieurs raisons : permettre à chaque adhérent de connaître l’Alérion d’Or (et les « Alérionnables », déjà lauréats du Grand Prix) ; réunir tous les adhérents sans distinction en une seule cérémonie de la « grande famille » ( environ 80 personnes); d’un point de vue logistique, simplifier l’organisation  autour d’une seule et même cérémonie ; prolonger la cérémonie par une exposition des œuvres d’Art de nos adhérents (peintures, photos, textes, ouvrages édités) installées sur grilles-caddie.

La salle fut réservée dès janvier (si ma mémoire est bonne) et je me suis ensuite heurté à des difficultés administratives et financières non prévues : il fallait louer les services d’une location de gardiennage imposée par les contraintes du plan VigiPirate (toujours en vigueur), fournir une assurance, participer aux frais techniques (sono, éclairage). Ces contraintes insoupçonnées (environ 500€) ont fait « exploser » mon budget mais nous avions une réserve de trésorerie grâce à la bonne gestion de Joëlle. Néanmoins, il m’a semblé impossible de maintenir la cérémonie dans de telles conditions financières sauf à répercuter les frais sur les adhérents. Je m’y suis refusé.

J’ai donc adopté la nouvelle formule : une journée dans un même endroit, avec remise des prix, repas, expos, rencontres, pour un prix que j’estime raisonnable.

Mais la juxtaposition des deux remises de prix a entraîné des questions de la part de certains adhérents : pourquoi ne connaît-on pas l’identité de l’Alérion à l’avance, ni le nombre de candidats, ni leur identité ? Pourquoi connaît-on le lauréat du Grand Prix à l’avance, ainsi que le nom des autres lauréats ? Pourquoi connaît-on l’identité du Prix Arthur Rimbaud ? Pourquoi, en quelque sorte, deux poids et deux mesures ? La raison en est simple et elle est rappelée ci-dessus par Joëlle. Ce sont deux concours différents, qu’il faut considérer séparément, et qui, en raison de leur histoire, ont des objectifs différents. Nous (le jury) prenons donc acte de la demande de Joëlle, qui, en tant que créatrice du prix, demande qu’aucune modification ne puisse plus, désormais, être apportée à son règlement.

Je puis vous confirmer par ailleurs que la presse se montre intéressée par le suspense entretenu autour de la révélation de l’identité de l’Alérion d’Or.

Voilà. J’espère que ces (longues) explications permettent d’éclairer vos interrogations éventuelles et je vous souhaite d’aborder sereinement les textes que vous allez proposer à nos prochains concours.

Armand BEMER (mars 2012)

Poème à forme fixe : le pantoum ou pantoun

Lorsque j’ai découvert l’étendue du charme de la poésie, le fameux poème de Baudelaire « Harmonie du soir », m’a plongé dans une forme d’émerveillement intérieur encore inconnu qui était en rapport avec le domaine de la mystique, et la forme de ce poème n’y était pas étrangère. Ce texte était alors qualifié de « pantoum », et je n’ai eu de cesse, dans mon écriture, de sacrifier à cette forme pour exprimer notamment des états d’âme liés au sentiment d’amour.

 

J’ai appris plus tard que ce poème de Baudelaire n’était pas un pantoum, ou du moins qu’il n’en avait que peu d’aspects, mais finalement suffisamment pour que je m’y attache et que j’y trouve un rythme singulier en harmonie avec ce que j’avais envie de chanter. On enseigne aujourd’hui encore que « Harmonie du soir » est un pantoum, et certains sites à vocation littéraire se font le relais de cette affirmation tout à fait inexacte. D’ailleurs Baudelaire lui-même n’a jamais qualifié son texte de pantoum.

 

Alors de quoi s’agit-il ?

D’une forme très particulière qui nous vient d’Orient (Malaisie), le pantoum (ou encore pantoun) fut introduit chez nous au XIXe siècle par Victor Hugo. C’est Théodore da Banville qui en consigna les règles que je résume ci-dessous par curiosité, car les énormes contraintes qui les caractérisent découragent de choisir cette forme, assimilable à une prière et difficile à transcrire dans la culture occidentale. Je ne m’étends pas davantage sur ces aspects. En tapant pantoum sur Google, on trouve tout ce qu’on veut.

 

Voici le résumé de ces règles :

 

1 Forme des strophes Quatrains
2 Nombre de strophes Nombre pair supérieur à 16
3 Mètre Octo ou décasyllabe
4 Nombre de rimes Indéterminé
5 Alternance des vers dans la strophe Rimes croisées
6 Alternance des vers dans le poème Le vers n° 2  et n° 4 d’une strophe sont repris comme vers n° 1 et 3 de la strophe suivante.

Et le dernier vers doit reprendre le premier

7 Fond et syntaxe a)     Le poème doit être écrit sur deux thèmes, l’un matériel, l’autre immatériel, le premier étant exprimé dans les 2 premiers vers de chaque strophe, le second dans deux derniers.

b)     Les vers consacrés au premier thème doivent se terminer par  un point, un point d’interrogation ou point d’exclamation, ce qui interdit l’enjambement.

8

(facultatif)

Autre particularité Dans sa forme la plus élaborée, le poème doit aussi pourvoir se lire à l’envers

 

Dans ces conditions, on peut comprendre que les pantoums composés même par les plus grands poètes comme Théodore de Banville ou José Maria de Hérédia « sentent un peu la sueur ».

Quant à celui attribué à Baudelaire, il ne respecte que la règle 6, et encore, partiellement, car il ne répète pas le premier vers en fin de poème. Cela ne l’empêche pas d’être en tous points admirable. Il n’aura pas « l’appellation contrôlée », c’est tout.

 

Alors, faut-il jeter cette forme aux oubliettes, ou la considérer comme une sorte de défi intellectuel ?

 

Pour ma part, certainement pas ! Car on peut en capter des éléments qui donnent un charme certain à nos textes, et si celui de Baulelaire, indépendamment du fond, est admirable et provoque des sensations très particulières, c’est en grande partie à la forme de la règle n°6, plus qu’intéressante dans ses effets, qu’il le doit.

 

J’avais proposé une forme semblable sur le blog (archives Dalstein, page 2- La remise) sur le sujet de la découverte de l’amour dans son double aspect, charnel et sentimental, qui respecte les règles 1, 6 et 7 (règle 7 partiellement, car chacun des thèmes n’est pas systématiquement confiné alternativement dans les vers 1-2 et 3-4 de chaque strophe).

 

Pour illustrer mon propos d’aujourd’hui, je vous en partage un qui, pour l’instant, n’est pas destiné à la publication, et traite d’une vision de l’intimité féminine peu usitée dans une culture à dominante phallocratique, pour ne pas dire encore tabou malgré toutes les prétendues révolutions et libérations comme je l’écrivais dans un commentaire sur le poème de Serge Beyer « Canicules », auquel celui-ci fait un peu écho. J’avoue que j’ai un peu hésité à le mettre sur le blog, comme si ces mots, livrés à la cantonade, pouvaient encore être « salis », ce que je regretterais beaucoup. Cela peut faire sourire dans une société où le « hard » est presque de rigueur. Mais rien n’est sans risque…Baudelaire entre autres en a fait les frais, et quand on connaît le développement de son procès, on est outré, non par ce qu’il a écrit, mais par ceux qui l’ont jugé. Il fait croire que, quelquefois, ce qui va sans dire va mieux en le taisant ! Ca ne sera pas le cas.

 

Sceau

 

(pantoum non régulier en rimes masculines (1))

 

Quand sa bouche d’en bas murmure un mot mouillé

En offrant son sourire entre lippes corail

Le monde s’ouvre en moi ainsi qu’un éventail

Et la femme renaît d’un très lointain passé.

 

En offrant son sourire entre lippes corail,

Son ventre au feu luisant me laisse émerveillé,

Et la femme renaît d’un très lointain passé,

Forgé en creuset d’or, de vermeil et d’émail.

 

Son ventre au feu luisant me laisse émerveillé

Et je découvre, ému, le sceau de son portail,

Forgé en creuset d’or, de vermeil et d’émail,

D’un écrin délicat pour un gemme rosé.

 

Et je découvre, ému, le sceau de son portail,

Dans un puissant frisson couvrant l’intimité

D’un écrin délicat pour un gemme rosé,

Qui joue avec mon coeur au fond de son trémail.

 

Dans un puissant frisson couvrant l’intimité,

Monte un écho vivant des secrets du sérail,

Qui joue avec mon cœur au fond de son trémail (1)

Quand sa bouche d’en bas murmure un mot mouillé.

 

 

(1) Etant observé que la rime en ail présente un son identique en rime masculine ou féminine.

(2) préféré à tramail, (les deux orthographes sont admises) d’un son plus dur.

 

Concours annuel de poésie SPAF Midi-Pyrénées

Règlement :

 Les œuvres doivent être fournies en 4 exemplaires.

Chaque poème ou texte doit être dactylographié et comporter en haut et à gauche de la page un signe particulier comportant 3 lettres et 3 chiffres (Ex : ABC 123) et en haut à droite le titre de la section retenue plus le nom de la forme fixe éventuellement choisie en poésie classique.

 

L’envoi doit contenir :

1)      Les poèmes ou textes, codés comme indiqué ci-dessus, dans une enveloppe grand format.

2)      Une enveloppe fermée portant extérieurement le code choisi, et contenant son nom, adresse postale (+ courriel si possible), numéro de téléphone, titre des œuvres envoyées.

                              Pour la section « Jeunes Poètes » la date de naissance doit être indiquée et pour les mineurs une autorisation parentale doit être fournie.

3)      Une enveloppe timbrée et libellée au nom et adresse de l’auteur, pour l’envoi du palmarès et des informations concernant la remise des prix.

4)      Un chèque libellé à l’ordre de SPAF Midi-Pyrénées du montant de la participation à savoir :

  • ·         10 Euros de base (montant ramené à 7 Euros pour les membres de la SPAF et gratuité pour les jeunes poètes de moins de 25 ans).
  • ·         plus 3 Euros pour tous par section choisie (sans limite mais trois poèmes au plus par section).

 et être adressé à :

SPAF Midi-Pyrénées

7 Rue André MESSAGER

31170 TOURNEFEUILLE.

 

Titres des sections (sans thème particulier) :

Poésie CLASSIQUE : prosodie exigeante ! (en cas de doute présenter les œuvres en Néo-classique sans utiliser les diérèses).

30 lignes maximum par poème.

                        a)   Formes non fixes

b)      Formes fixes (préciser en haut à gauche : sonnet, ballade, rondeau, terza rima, etc…)

 

Poésie NEO-CLASSIQUE : règles de base du classique mais sans diérèses et avec quelques licences (rimes singulier-pluriel, non élision du « e » muet, hiatus).

 

Poésie LIBRE : attention ! poésie classique mais vers hétérométriques (ex : Jean de la FONTAINE).

 

Poésie LIBEREE : n’est pas de la prose poétique et nécessite du fond, du rythme et de la musicalité (non rimée).

 

HUMOUR : tous styles acceptés.

 

CONTES ET NOUVELLES : à préciser, quatre pages maximum, caractère 12, interligne 1,5 et style Arial.                                                                           

 

RECUEIL : édité ou non et écrit dans les deux dernières années.

 

POESIE JEUNES POETES : de 8 à 25 ans, tous genres admis (rappel : autorisation parentale pour les mineurs). Il y aura deux sous-sections : de 8 à 15 ans et de 16 à 25 ans.

(pour lire la suite, cliquer sur ce fichier : Concours SPAF Midi-Pyrénées 2012

Circulaire n°6

Cher(e)s Ami(e)s de la SPAF en Lorraine ou ailleurs, adhérents récents ou plus anciens, 

Voici quelques nouvelles de l’année écoulée, à travers cette lettre-circulaire. Ainsi que des pistes pour 2012. 

Nous nous sommes retrouvés le dim. 4 décembre à près de 80 personnes pour la cérémonie annuelle de remise de nos différents Prix, Grand prix des Poètes Lorrains, Alérion d’Or et Prix Arthur Rimbaud au Grand Sauvoy, à Maxéville près de Nancy. Voir les coupures de presse ci-jointes. Nous avons passé la journée sur place, ce qui nous a permis de prendre le repas ensemble puis de nous retrouver l’après-midi pour apprécier les œuvres picturales de nos adhérents, peintures, photos, sculpture, ouvrages édités. Puis ce fut place à la poésie et à la déclamation. (album-photo sur le blog). J’accorde beaucoup d’importance à cette formule qui nous permet de faire connaissance tout au long d’une journée passée ensemble. La formule semblant convenir à la plupart, elle sera reconduite le dimanche 21 octobre 2012 (remise des prix, journée, Gd Sauvoy). 

Soirées Art-Peinture-Poésie : L’ami Gérard Dalstein vient de publier une somme artistique consacrée à une évocation du Fer en Lorraine, illustrée de gravures, dessins, peintures et rehaussée de poèmes. La présentation de ses « Feux d’Eden » a eu lieu le 7 décembre au Château de Graffigny, à Villers-les-Nancy où il réside, devant une imposante foule d’adhérents, d’amis et de connaisseurs. Pour l’occasion, il avait associé notre amie Katy Loby, peintre de grand talent et poétesse, qui a exposé à cette occasion plusieurs dizaines de ses toiles (voir infos sur notre blog). 

Concours scolaire de poésie : au printemps, nous avons pu organiser une remise de prix à Blainville-sur-l’Eau. Préparée et réalisée pendant plusieurs mois autour de Sylvie Weisse, Pierre Vincent, Nicole Métivier, avec le concours actif de l’Inspecteur d’Académie et le soutien de la municipalité, elle a permis de rassembler les élèves de 5 classes autour du thème du Printemps des Poètes. Le concours est relancé pour cette année. Comme le rappelait Pierre, rien ne vous empêche d’en faire autant chez vous, comme lui envisage de l’organiser avec les écoles de Verny.  

Congrès national : il a été tenu en Savoie et Jean-Jacques Chiron nous a rappelé ses temps forts (lac de Lamartine, rencontres, visites). Congrès 2012 à Paris. Et peut-être 2014 à Metz. 

Salons du Livre : plusieurs adhérents auto-édités se sont côtoyés lors de rencontres littéraires qui se développent de plus en plus, à Metz, Boulay, Lunéville ou Nancy. Si une présence au Livre sur la Place de Nancy vous intéresse, merci de le signaler à Geneviève Kormann, présidente de l’APAC, qui coordonne les inscriptions (écrire en joignant enveloppe timbrée à G. K., 34 route de Woippy, 57050 Metz, avant fin janvier). 

Site Internet : notre « blog » http://spafenlorraine.unblog.fr   est administré par Isabelle Chalumeau. Si vous êtes adhérent, il vous est accessible gratuitement, avec vos contributions : une  biographie de vous avec votre photo, des textes, des œuvres picturales ou des photographies. Ce site continue de vivre et de s’enrichir grâce à vous, ne l’oubliez pas. De même,  nous pouvons créer un lien à partir de notre blog vers le vôtre. Important : toutes vos contributions doivent être adressées à Isabelle Chalumeau, administratrice officielle du blog : isabelle.chalumeau@orange.fr. Merci de respecter un minimum de précautions d’usage liées à la « net-étiquette » : courtoisie et modération svp ! 

Anthologie de la poésie en Lorraine, sous l’égide de Gérard Dalstein, qui nous a rappelé son objectif : rassembler les écrits des auteurs primés durant les 53 années d’existence de la SPAF en Lorraine, mais elle est aussi ouverte à tous les poètes de Lorraine, adhérents ou non de notre Société. Plus d’infos sur le blog ou auprès de Gérard. 

Rappel : merci de me communiquer vos changements d’adresse et votre adresse courriel pour me permettre de compléter notre fichier d’adhérents.  

Nos Concours annuels de poésie (Prix des Poètes Lorrains, Arthur Rimbaud ET Alérion d’Or) sont reconduits : règlement  joint à cet envoi. Pensez aussi à renouveler votre adhésion et votre abonnement à notre revue nationale Art & Poésie. Enfin, je compte sur chaque adhérent pour être un relais local de l’information (surtout vers les moins de 20 ans pour le Prix Rimbaud), et aussi de me transmettre les articles de presse relatifs à la SPAF, qui seraient publiés dans votre hebdomadaire. 

Merci à vous tous, adhérents discrets ou plus engagés sous nos couleurs. Cordiales salutations en poésie avec l’assurance de mon dévouement à la SPAF en Lorraine, et bien sûr… 

MEILLEURS VŒUX DE BONNE ANNEE 2012 (santé, prospérité, créativité, bonheur, écriture féconde) 

Armand BEMER,  à Bazoncourt, le 9 janvier 2012                                                  CIRCULAIRE N° 6

Remise des prix (suite et fin)

Après bien des dysfonctionnements sur la plateforme du blog suite au changement d’équipe et de logiciel, voici enfin ci-dessous deux albums de photos, le premier réalisé par Monique et le second par Franco, lors de la cérémonie de la remise des Prix des concours de la SPAF délégation Lorraine, le Grand Prix des Poètes Lorrains et l’Alérion d’Or.
Les lauréats qui désirent que leurs poèmes primés soient publiés dans le blog peuvent m’envoyer leurs textes à mon adresse courriel isabelle.chalumeau@orange.fr . Pour ceux qui ne sont pas encore présents sur le blog, merci de m’envoyer, avec vos textes, une courte biographie et une photo de vous afin que je puisse vous présenter sur le blog. D’avance merci.

Remise des Prix 2011
Album : Remise des Prix 2011
Cérémonie au Grand Sauvoy le 4 décembre 2011 de la remise des récompenses du concours de la délégation lorraine. (Photos réalisées par Monique Colin)
36 images
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Remise des Prix 2011 bis
Album : Remise des Prix 2011 bis
Cérémonie au Grand Sauvoy le 4 décembre 2011 de la remise des récompenses du concours de la délégation lorraine. (Photos réalisées par Franco di Sangro)
28 images
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Sur la route de Panama

Souvenir de voyage ; du temps où j’étais beatnik, parti du Québec pour arriver à Panama…. Après la frontière mexicaine pour entrer au Guatemala une seule route, plus souvent une piste, traverse toute l’Amérique Centrale pour se terminer à Panama…. la fameuse « Panamericana »…. Puis à Panama, plus de route, finie, juste la jungle, la Selva….  Pour entrer en Colombie ou au Venezuela, c’est soit par la mer, soit par les airs…. Alors quand on est paumé, sans un rond, dans les rues de Panama City, galère et direction : le port….Mais c’est une autre histoire, la chanson là s’arrête à la Route de Panama….Une seule rime en « A » dans toute la chanson, mais par couple de rimes parfaites…. J’entends par « parfaites », non pas des rimes « riches », mais des rimes sans erreurs…. Je préfère ce terme à « suffisantes »…. J’ai horreur de ce mot qui me fait penser soit à « prétentieux » soit à un peu mieux que « médiocre »….Et comme j’aime bien mes rimes en A, je les qualifie de « parfaites » plutôt que « suffisantes »….

pour écouter la chanson cliquez ci-dessous….
http://www.youtube.com/watch?v=sBqLW9Gd0CA

Jamais tu ne fatigueras
Personne ne t’arrêtera
Ni le pape ou le grand Lama
Sur la route de Panama

Tu sais que c’est au bout de la
Route que tu vois que voilà
De la Panamericana
Entre maïs et banana
Autour de toi c’est la selva
Mais tu sais toujours où tu vas
Après les déserts la pampa
Il te reste encor quelques pas

T’as déjà traversé oui-da  
Les grands-neiges du Canada
Et ce n’est pas toi qui sombra
Dans les chutes du Niagara
De l’Ohio à l’Indiana
Jamais tu ne te retournas
Jusqu’au Texas l’Oklahoma
Sur la route de Panama

Jamais tu ne fatigueras
Personne ne t’arrêtera
Ni le soleil ni les frimas
Sur la route de Panama


Passant par Guadalajara  
Tu as eu chaud dans la sierra
Tu t’es même noyé par-là
Dans un grand lac de tequila
Affamé comme un piranha
C’est vrai que tous les jours tu n’as
Manger qu’un peu de-ci de là
Tout le long du Guatemala


Tu
n’as pas peur des armadas
Guerillos ou bien soldats
Qui s’entretuent par-ci par-là
Comme au temps de Pancho Villa
Tu te sors de tous les tracas
Tu as toujours la Barraca
On peut pas te casser les bras
T’ es plus dangereux qu’un cobra          



Jamais tu ne fatigueras
Personne ne t’arrêtera
Ni les serpents ni les pumas
Sur la route de Panama


Vraiment personne ne te bat
Tu passes partout caramba
De Manhattan jusqu’à Cuba
Tout traversé de haut en bas
Les femmes les primas donna
La fumée la Marijuana
Les moustiques de Managua
Les requins du Nicaragua


Même par les mers tu voguas
Fier matelot hardi mon gars
A bord de la barca granda
Entre squale et barracuda
la feuille de coca
Le long de la Costa Rica
Dans la poussière ou sur le ma-
Cadam tu vas vers Panama

Jamais tu ne fatigueras
Personne ne t’arrêtera
Ni les fièvres ni le coma
Sur la route de Panama

Envie de vivre

Alors que l’on me classe plutôt « chanson française », pour faire mentir un peu les étiquettes dont on affuble facilement et systématiquement les auteurs, les compositeurs ou les interprètes, un jour m’est venu à l’idée d’écrire un blues….
Trop facile de ranger tout un chacun dans un tiroir….
Un blues, à l’origine, une fois que l’on a bien pris le tempo, on improvise les paroles sur la rythme…. Evidemment, le résultat, au point de vue du texte, laisse souvent à désirer….
Ma gageure fut de ne pas improviser, mais, tout au contraire, d’écrire un blues en RIMES RICHES…. Cette chanson n’est pas non plus écrite selon les règles de la versification classique, j’ai un petit hiatus qui traine dans le refrain et quelques e muets que j’ai élidé de manière inconventionnelle….  Mais la RIME RICHE avec les mots simples de tous les jours, j’aime bien…..

Pour écouter cliquer ci-dessous
http://boaretto.unblog.fr/2011/03/03/envie-de-vivre/

ENVIE DE VIVRE

refrain
J’aurais toujours envi’ de vivre
D’être un peu fou d’être un peu ivre
Le long des heures des années
De ma furtive destinée
Sans trop chercher à bien comprendre
Ce qu’il faut laisser ou faut prendre
J’aurais toujours envi’ de vivre

D’être un peu fou d’être un peu ivre

Avant que ma vieille carcasse
Un jour ne se pli’ ne se casse
Tant que je ne serai pas mort
Qu’entre mes dents grince le mors
Tant que j’aurai toujours la veine
Que le sang coule dans mes veines
Que la moelle soit dans mes os
Que je reste en un seul morceau

au refrain

Malgré les coups de pieds en vache
Les coups de trique et de cravache
Mais sans jamais baisser le front
Malgré la peur et les affronts
Malgré cette maigre récolte
Qu’est le dégoût qu’est la révolte
Quand on s’embarque à son destin
Comme un passager clandestin

au refrain

Malgré ces soirs d’incertitude
Peuplés d’ennuis de lassitudes
Les matins de crève la faim
Les jours sans but les jours sans fin
Malgré cette brève existence
Dont on connaît pas la distance
Malgré le temps ce charognard
Ses coups de ride et de poignard

au refrain

7/ L’acrostiche (par Gérard Dalstein)

Parmi les poèmes à forme fixe, il en est un qui possède un certain pouvoir ludique, non qu’il soit forcément facile à négocier, mais en tous cas plaisant à composer. Il s’agit de l’acrostiche, considéré par un certain nombre de spécialistes comme une forme « fantaisiste », ce qui ne lui enlève rien de son charme poétique. Personnellement, je le conseillerais volontiers pour se faire la main, ou prendre un petit plaisir d’écriture, en tous lieux et à tout âge ! 

La forme de l’acrostiche, qui remonte à l’Antiquité, oblige l’auteur à reprendre le titre de son poème (ou parfois son nom ou le nom celui auquel il le dédicace) verticalement en faisant commencer chaque vers par chacune des lettres de ce titre (ou de ce nom). 

Il s’en suit une présentation sans strophe, la structure du titre (ou du nom) choisi donnant celle de l’ordonnancement des vers. 

De ce fait, cette forme s’écrit le plus souvent en rimes alternées de type ABAB.

(Pour découvrir la suite, cliquer sur ce lien : 7/ L'acrostiche (par Gérard Dalstein) dans * DALSTEIN Gérard doc dalsteinacrostiche.doc ) 

6/ Le sonnet (par Jean-Jacques Chiron)

Cette forme fixe est venue d’Italie au XVIème siècle. Elle connut immédiatement

un immense succès.

Il est formé de 14 vers répartis en deux quatrains à rimes embrassées et deux tercets.

Deux formes sont correctes :

- abba abba ccd eed dite italienne,

- abba abba ccd ede dite régulière ou française.

Les quatrains doivent être de composition identique.

Au début, le sonnet était composé en vers décasyllabiques puis en alexandrins.

Il n’admet ni médiocrité, ni négligence et le dernier vers doit en être le fleuron.

Pour les rimes, il est recommandé de respecter les consonnes d’appui, comme l’absence d’écho est conseillé, avec au pire une seule tolérance, à condition qu’elle

n’affecte pas l’oreille et ne trouble pas l’harmonie et la sonorité de l’ensemble.

Ainsi les sixièmes pieds de chaque vers ne doivent pas rimer entre eux comme

avec les rimes finales de chacun.

Bien entendu, l’imagination des poètes a permis la formation de nouvelles fixes

du sonnet ou avatars (régulier négligé, estrambot, alterné, renversé, polaire, layé,

irrégulier, apparent, élisabéthain, quinzain, seizain et à codas) qui peuvent faire

l’objet d’une autre étude. Pour ces derniers, les règles citées plus haut sont

applicables.

Voici un sonnet de Pierre Montréal cité en exemple dans le livre de Jean-Claude

De Michieli intitulé : Les Arcanes Du Vers Ou Le Voyage En Prosodie :

 

LES TREFLES DU BONHEUR

 

Il suffirait d’un rien, sans doute d’une rose

Et d’un vil écu d’or offert au vagabond

Avec beaucoup d’égard, sans être pudibond,

Pour qu’un nouvel ami devînt bien douce chose.

 

Je le vois se blottir devant ma porte close

Une nuit de Noël, haineux ou moribond

Au bord du désespoir qu’il peut franchir d’un bond

Vers le monde à l’étroit de la métamorphose…

 

Il faut qu’il ait reçu d’un vieux samaritain

La moitié d’un manteau, comme fit Saint-Martin

Envers un pauvre diable, en couvrant sa détresse.

 

Peut-être, maintenant, vit-il en grand seigneur,

Tandis que, solitaire accablé de tendresse,

Je cherche dans les prés les trèfles du bonheur…

 

Triste combat (poème quiz)

Pour des valeurs d’antan qu’ils gardent avec mal
Des braves en cuirasse affrontent les soldats
Ils progressent sans peur, soulevés par leur foi
Face à face sanglant d’un combat inégal.

Et l’assaut est lancé, sabre au clair ils avancent
Qui en selle, d’autres, à la main une lance
Un bouclier modeste affine la confiance
De ses êtres vaillants, prêts à mourir d’avance.

Ils heurtent la salve du bataillon qui cible.
Avec des arcs et flèches, résistent comme ils peuvent
Devant les rafales des mitrailleuses neuves
Pour défendre leurs droits, leur honneur invincible.

Canons du dernier cri et fierté séculaire.
« Cessez-le feu » ordonne un sergent tout en larmes
Il s’agenouille en pleurs, « faites cesser les armes ».
Vaincus les tout derniers sur le champ vont se taire.

Victoire sans péril, ce soir, sous la mitraille
Le Japon a renié ses héros légendaires,
L’honneur d’une caste d’hommes si téméraires.
Sans gloire ils ont vaincu le dernier Samouraï.

(Qu’évoque pour vous ce poème ?)

Ce poème est ouvert à commentaires (je sais, les rimes au début ne respectent pas l’alternance… j’ai pas trouvé) 

La richesse d’aimer

Dans le cadre du téléthon, j’ai composé le poème ci-dessous 

pour un petit garçon atteint d’une maladie génétique orpheline. 

  

  

La richesse d’aimer reste un trésor unique, 

Fragile talisman de nos cœurs hyalins. 

Transfigurant les jours en sublimes vélins, 

Semence d’un regard, l’amour se communique. 

  

Chaque instant de bonheur, telle une ample tunique, 

Ornemente les corps loin des funèbres lins. 

La richesse d’aimer reste un trésor unique, 

Fragile talisman de nos cœurs hyalins. 

  

Forts d’un espoir solide et leurs actes malins, 

Au mal pernicieux tes parents font la nique. 

Constamment tu reçois les plus tendres câlins, 

  

Reflets d’un besoin cher à bien des orphelins : 

La richesse d’aimer reste un trésor unique, 

Fragile talisman de nos cœurs hyalins. 

  

  

Cette forme fixe est appelée « Sonnetin » qui fait l’amalgame 

des règles du rondel et du sonnet. La composition des rimes 

est la suivante : A*B*BA ABA*B* ABB AA*B*. La mienne 

est différente, car elle a suivi l’inspiration du moment. 

Pour plus de renseignement sur cette forme fixe, lire 

l’article de Gérard Laglenne à la page 40 de la dernière 

revue Art et Poésie du 4ème trimestre 2010. 

Regard d’Histoire

Bravo, la Tunisie osant ouvrir la voie
Aux peuples opprimés en ce siècle nouveau
Où l’homme réveillé n’est plus du tout ce veau
Conduit à l’abattoir avant qu’il ne le voie !

Ayant ainsi conquis sans qu’on ne le prévoie
Soudain la Liberté, chacun dans son cerveau
Vient d’inhumer sa peur en son profond caveau
Qu’il referme très vite avant qu’on l’y convoie !

La porte est donc ouverte à la fraternité
A la condition que la moralité
S’impose sans tarder dans l’action publique…

Car voilà tout l’écueil que l’historien sait
Quand la démocratie accède en politique
Comme l’ont tant connu la France et les Français !

Petit jeu de patience

Passant les fêtes de Noël en Provence, nous étions en voiture accompagnés par les deux aînés de nos petits enfants. 

 Mattéo et Appoline ont, au début, fait preuve d’enthousiasme et les kilomètres défilaient gaiement mais, au fil des heures, cela devint un peu plus difficile malgré les arrêts nécessaires. 

Au bout d’un long moment de silence plein d’ennui, j’entendis la petite voix d’Appoline me déclarer : 

—J’ai mal au ventre ! 

Inquiète, j’ai répondu vivement : 

—As-tu très mal ? 

Et la petite de me dire : 

—Oui, un peu !  tout le monde a eu mal au ventre à la maison !  Et Mattéo de renchérir : 

—On a mangé de la raclette ! Appoline terminant par : 

—On a fait du caca tout mou ! 

Amusée par le « terme », j’ai décidé d’animer le voyage et dit aux enfants : 

—On va trouver des phrases pour en faire une chanson !Et j’ai commencé : 

— « Un jour on a mangé chez-nous » et dit aux petits : 

Trouvez la suite les enfants ! et, les aidant un peu :  

—«  une raclette en pâte à choux » Allez ! on cherche des mots en « ou » ! 

—« Qui nous a laissés sur les g’noux » ! Allez ! Ensuite les enfants ! 

—« Et des toilettes en voyait l’trou ! » 

—« On s’était pas marré du tout» ! 

—«  Et depuis j’ai le ventre mou » ! Termina  Appoline en riant. 

Nous avons ensuite passé un long moment à chercher un air pour mettre la »chanson » en musique, (ce qui nous a occupé un bon moment) puis nous avons répété et, le soir venu, nous avons (par précaution) attendu la fin du repas pour, en chœur, chanter « notre chanson » à la famille réunie, dans un bel éclat de rire. 

Mais ce qui m’a ravie, ce fut d’entendre mes deux petits me dire : 

—Mamie ! c’est trop marrant quand les phases finissent toujours par le même mot ! 

Sans doute voulaient-ils dire : 

—« Par le même son », mais je leur expliquerai plus tard que cela s’appelle des rimes et suis heureuse de leur en avoir donné le goût. 

 

4/ La rime

Rappelons que pour qu’il y ait rime, il faut que tout ce qui suit la dernière voyelle soit identique.
“bise” et “dire” par exemple ne sont pas des rimes mais des assonances.
“bise” et “mise” sont des rimes suffisantes puisque ce qui suit le i est identique.
“chemise” et “mise” sont des rimes riches puisqu’en plus de la rime, la consonne d’appui, c’est-à-dire celle qui précède la dernière voyelle, est également identique.
Les mots d’une seule syllabe sont admis comme étant des rimes. Ainsi “feu” et “bleu”, que l’on pourrait prendre pour des assonances puisque seul le “eu” leur est commun, sont malgré tout considérés comme des rimes, à utiliser de préférence dans des vers qui se suivent deux à deux (rimes plates ou suivies)
Les rimes riches sont recommandées dans les vers à rimes croisées (Féminine/masculine/féminine/masculine) et encore davantage dans les rimes embrassées dans le 1er et le 4e vers du fait de leur éloignement (Féminine/masculine/masculine/féminine).
A signaler par ailleurs que quatre vers sur deux rimes plates ne forment pas une strophe. C’est-à-dire que les rimes plates ou suivies sont surtout dans les grands poèmes sans strophe ou dans les tragédies et comédies classiques.
Enfin, il est important que l’alternance masculine/féminine soit respectée, c’est-à-dire que si le 4e vers d’une strophe se termine sur une rime masculine, le 1er vers de la strophe suivante se terminera obligatoirement sur une rime féminine, et vice versa.

Isabelle Chalumeau 

Les sonnets de Shakespeare de Pascal Lefèvre

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J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon dernier ouvrage « Les Sonnets de Shakespeare dont voici les images de la couverture et de la 4e page de couverture. Au fil de ses 314 pages, vous pouvez découvrir en

vis-à-vis: les sonnets shakespeariens originaux en anglais, la première traduction française en prose de François-Victor Hugo et leur versificulpture sous forme de sonnets français classiques par votre serviteur. Ils ont été construits à partir de la traduction de F-V Hugo et respectent tous l’alternance des rimes féminines et masculines.

Pour accéder aux 5 premiers sonnets sur les 154, cliquez sur le lien suivant

:

http://www.thebookedition.com/les-sonnets-de-shakespeare-nlle-trad-pascal-lefevre-w-shakespeare-f-v-hug-p-51396.html

puis sur le bouton « lire des extraits ». Je serais heureux d’avoir les avis des uns et des autres sur ces extraits qui donnent un assez bon aperçu de ce que la versificulpture permet de réaliser.

Ce lien ouvre la page du catalogue de TheBookEdition qui permet de le commander soit sous forme de livre papier soit en pdf.

Bonne lecture et joyeuses fêtes à tous.

Pascal Lefèvre

 

Deuxième anniversaire

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Notre blog a deux ans !
Le 14 décembre 2008, à l’issue de la remise du Grand Prix des Poètes Lorrains et Alérion d’or, Armand Bemer, nouveau délégué régional de la SPAF, lançait l’idée de créer un site ou un blog de la délégation lorraine. J’ai saisi la balle au bond et lui ai proposé de m’en charger.
Très vite, les premiers poèmes sont arrivés et depuis, nous avons gardé la cadence d’une oeuvre par jour. Cette assiduité a très certainement contribué au succès du blog qui a très vite grimpé en popularité sur la Toile.
Aujourd’hui, exactement deux ans après sa création, le blog comptabilise 75417 visites, soit en moyenne 3142/mois ou 104/jour !!!
Il se classe 6e dans la catégorie des blogs dédiés à la poésie et à la littérature sur le site hébergeur qui en compte près de 4000 !
Nous avons publié 1090 articles (poèmes mais aussi photos, tableaux, etc.)
Les articles ont suscité 1133 commentaires (en plus des 3000 supprimés au printemps dernier).
38 poètes et artistes de la délégation lorraine sont présents sur le blog.
Nous accueillons également un poète d’une autre délégation de la SPAF, sans oublier ceux qui nous ont quittés et dont nous ne voulons pas que les oeuvres tombent dans l’oubli.
Merci à tous ceux qui contribuent à la vie du blog.

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