Résultat pour la recherche 'mort ami'

-Noël

Noël prodigue envahissant les devantures,

Nous sommes habités de liesses futures

Où point un vague espoir de gains inattendus.

 

O magie des jouets, des boules miroitantes,

Des guirlandes ourlant les branches scintillantes !

Ineffable retour aux paradis perdus !

 

Pourtant, jour après jour, les drames se succèdent,

Morts et accidentés et malades qu’obsèdent

L’échec ou le sursis d’un destin prometteur.

 

Aube carillonnante, allégresse mort-née

De ceux qui, retrouvant vide la cheminée,

Se disent les enfants trop chéris du malheur !

 

Ecoutez dans la nuit monter la violence,

Claquer les coups de feu, s’égorger en silence

De jeunes loups cruels, fous de gloire et d’argent.

 

Et quand tombent les gars dans l’océan des sables,

Les parents, les amis pleurent, inconsolables…

Pleurez aussi, car sur le monde il pleut du sang.

 

Noël de paix, Noël d’amour, Noël de joie,

Noël… Ce tout petit Enfant qu’il vous envoie,

Le laisserez-vous seul et nu, sans un égard ?

 

Ne fermez point vos yeux à ses deux mains tendues,

Mais que de votre cœur les moissons répandues

En réchauffant ses doigts, éclairent son regard !

Toussaint

Octobre a pris congé de l’automne arlequin
Dont Eole moqueur défeuille le costume.
Les morts vont recevoir notre hommage posthume,
Des fleurs pour embellir leur ultime lopin.

Chers parents endormis sous un noir baldaquin
De granit où se brise en vain mon amertume,
Mon corps, saisi d’effroi, refuse la coutume
De vous rejoindre un jour en habit de sapin.

Je veux, réduite en cendre, être d’un sycomore
Le suc qui nourrira les jeunes frondaisons.
Que sa verte ramure aux amis remémore

Mes poèmes dansant le ballet des saisons,
Nos heures de soleil et d’ivresse première,
Mon cœur, insatiable assoiffé de lumière.

De t’aimer je n’ai plus le coeur

De t’aimer, je n’ai plus le cœur
cité de ma jeunesse grise ;
de mille oiseaux chanteurs éprise
au soleil fondant des fondeurs

Le temps gorgé du sang des heures heureuses poursuit son blanc chemin anesthésique.
Les chatons pendouillent comme les regrets qui jamais n’ont enfanté la résurrection de l’humble gaité d’hier. Est-ce trop demander que de ne plus entendre, sur le clavier muet des absences, la voix graveleuse et cruelle du souvenir qui submerge la grève des vaines attentes ?

Visages aimés, visages de toujours, au front de la paroi rocheuse où vient mourir la déferlante des jours, enfants de la curie des innommables qui ont fui les éclats du bonheur ;
visages du don de soi baignés par le travail d’une mer de métal, d’une mer nourricière à ses marées de hautes et basses règles, et tout à la grammaire du faire dans le communautaire de l’esprit,
je vous invoque de toute puissance des émois !

Mais ce regard aimant n’est amarré qu’aux rives blanches et glacées des justes quartiers de l’heure nouvelle née, et déjà tombée dans la suite amnésique des nombres ;
regard mouillé de toutes les pluies versées les nuits d’orage quand les peines font craquer le ciel à l’horizon d’un courage anémié…
Dans cet outre monde, dans ce monde de jadis, les êtres avaient une face familière ; les choses également. Même le temps fané était doux dans son amas de feuilles mortes…

De t’aimer, je n’ai plus le cœur
cité de ma jeunesse grise ;
de mille oiseaux chanteurs éprise
au soleil fondant des fondeurs

Voyage

Je suis entré dans le décor

D’aucuns diront que je suis mort

Partout, l’on m’a mis des tuyaux

Plus un seul bout de gras sous la peau…

 

Je suis presque de l’autre côté

L’on dit que mon temps est compté

On me crie « reviens à la vie !»

Pourtant, je me sens bien ici…

 

Ils se disent tous que je pars

Mais j’ai juste changé de gare

Derrière, au fond des yeux éteints

bouillonne la proximité d’un lointain…

 

Je suis entré dans le décor

Est-ce si fatiguant la Mort ?

Ici, la nuit s’est levée

Je la sens porteuse de paix…

 

Un jour je suis revenu

De moi, la Mort ne voulait plus

Alors, je suis remonté sur scène

Partir si tôt ne vaut pas la peine !

Mémoire

De ces semaines passées, accrochée

au mitant du néant

Vous êtes la mémoire

Vous êtes la voix…

 

Vous avez marché sur mes pas

qui devenaient invisibles

tandis que s’amenuisait mon souffle…


Tout n’est que bribes fugaces, alors,

vous êtes mon fil rouge, dépositaires

d’un passé sans nom.


Hors du temps, j’étais,

auteur égarée de souvenirs morts-nés…

 

Vous êtes ma mémoire,

une voix,

le livre secret d’un voyage

sans départ.

Les heures envolées.

Sans consistance…


A travers le cosmos j’ai volé,

fait quelques allers-retours dans le temps

Ailleurs, quelque part

j’ai existé.
Au cœur d’une autre dimension

 

et la Mort de sa main, me caressait le dos.

 

 

 Pour Laurent

Pour Sophie

Pour mes parents.  

 

                                      Le 3 mars 2012

Mensonge et vérité

Bonjour, monsieur du mensonge

Bonjour, dame la vérité

Vous étiez, afférer à vos songes

Oui, je méditais, l’art de tromper.

 

Votre travail n’est pas des plus plaisant

Pousser ainsi, les gens à mentir

Je préfère de loin, ma profession

Nul de mon parti, ne sait mentir.

 

Je n’approuve pas, votre besogne

Vous, la femme de vérité

Vos exploits, ne sont pas sans remords

Alors que moi, j’enfouis la vérité

 

Je sais mépriser, le méchant

Et donner tort, à ses ouvrages

Alors que vous, mensonge sans nom

Vous lui crier, victoire au visage.

 

Vérité, pour qui vous prenez-vous

Vous qui portez, la clé des prisons

Vous ne savez, qu’enfermer le loup

Alors que moi, je le déclare innocent.

 

Mensonge, ridicule effort

Ne vous, surestimez donc pas tant

Par vos exploits, bien des gens sont morts

Vous n’êtes, que l’ombre d’un instant.

 

Tout ce que vous dites, n’est pas compris

Dame vérité, je vous le dis

A me prendre, ainsi pour l’ennemi

Vous aurez, un jour des ennuis.

 

Je ne tiens compte, de vos propos

Je n’ai point peur, de vos affronts

Vous n’êtes, pas digne de mes mots

Alors retournez à votre passion.

 

Adieu, monsieur du mensonge

Adieu, femme la vérité

Je préfère, croire à mes songes

Et méditer l’art de vous tromper.

La vie

Posé sur une branche, le merle sifflote

Cigogne, son amie, berce un nouvel enfant

La chandelle à son chevet va, vibre et tremblote.

Et l’aube voit le jour par un soleil brillant.

 

La vie  se régale de splendides campagnes,

De sublimes contrées, d’oiseaux un brin moqueurs,

Et de plaines bien sages et de hautes montagnes

Parfumées, tour à tour, de délicieuses fleurs.

 

C’est  le mariage des sens : de l’eau, de l’air, du feu.

Mets du vent dans les voiles, vole la vallée !

C’est la vie, c’est la mort, et c’est un peu des deux.

C’est la faune et la flore qui voguent feu follet.

 

C’est la mort qui rode en cape grise et noire,

Enrubannée de larmes et de cris souffreteux,

Affublée de fléaux et de tristes histoires

Qui épinglent les maux et rendent malheureux

 

C’est la vie qui chaloupe et va tanguer encore,

Emportant dans ses sacs le bon et le mauvais.

Une vie opposée dans chacun de ses ports

Où gazouille l’amour comme un tendre collier.

Mort endiablée

Dans les larmes de Satan

La neige tombe et en rêvant

Le désespoir contre les étoiles

Et les anges se dévoilent.

 

L’arc-en-ciel en un tour

Reste noir sans Amour

Et les rires des diables

Sèment des sorts sur les sables.

 

Les dunes s’entassent sur la terre

Le rêve s’éteint dans l’enfer

Aux creux des vagues déferlantes

Les nuits deviennent larmoyantes.

 

Dans les bras de Satan

Le soleil brille de son vivant

Le rêve s’ouvre devant

Les portes du ciel sanglant

 

Pour franchir un pas en avant

Pour dormir une vie infinie

Après s’être accompli

 

A la fin d’un Paradis.

Noël en novembre

Le commerce à présent voit Noël en novembre
Illuminer la ville avant même l’hiver
Et sa froidure au vent que les grilles de fer
Prennent en blanchissant tel un mort en sa chambre…

Rien n’est plus comme avant quand s’ouvrait l’antichambre
De la crèche à reprendre en oubliant l’enfer
D’une pénible année où, déposée à l’air,
L’orange en durcissant se grisait de décembre…

Ils ne s’approchent plus de l’église, à minuit,
Quand sa cloche a sonné, les pas, crissant, la nuit,
Sur la neige et le gel, de toute une famille…

Cette fête aujourd’hui ne prend plus son plaisir,
Comme par le passé, dans l’étoile qui brille
Seulement sur Jésus, mais d’un tas de désirs !

Plus rien à dire

                               Plus rien à dire,

                                               tout à crier

                               et plus de larmes pour pleurer.

                La locomotive est déjà dans l’escalier.

                               Et cognent, cognent,

                                               mes peurs d’enfant

                                                               dans l’oreiller.

 

                               Plus rien à croire,

                                               tout à vomir

                               et plus de rêves pour dormir.

                L’inéluctable en guise de proche avenir.

                               Imminence du mur

                                               où nous allons finir.

 

                               Plus rien à dire,

                                               plus qu’à attendre

                               et plus de mots

                                                pour dire

                                                                le tendre.

                Les dents serrées,

                               le corps tendu,

                                               l’angoisse au ventre.

                               Monde abruti,

                                               bêtise au bord,

                                                               absurde au centre.

 

                               Plus rien à dire,

                                               tout à crier

                               et plus de souffle pour prier.

                La bête immonde

                               monte déjà

                                               dans l’escalier

                               et crache sa bave noire

                                               sur mon oreiller.

 

                               Plus rien à croire,

                                               tout à vomir

                               et plus de fièvre pour frémir.

                L’irréversible en guise d’ultime avenir.

                               Evidence du gouffre

                                               où nous allons finir.

 

                               Plus rien à faire,

                                               plus qu’à attendre.

                               Plus guère d’amis

                                               pour dire

                                                               le tendre.

 

                Cœur misanthrope,

                               tête épuisée,

                                               l’horreur au ventre.

                               Monde ahuri,

                                               le vide au bord,

                                                               la mort au centre.

 

Florilège

Savez- vous mes amis 

Ce qu’est un florilège ? 

Une brassée de fleurs, 

A la face du monde 

Projetée dans le vent. 

 

Le filet d’eau mêlé 

Au sable du chemin 

Qui scellera le roc 

Devenant pierre d’angle. 

 

Des graines d’espérance 

Enfouies sous la terre 

Un jour prendront racine 

Au soleil de l’amour. 

 

Des galets, des étoiles 

Se mirent dans la nuit 

Et s’échappent du cœur 

Un éblouissement 

 

Florilège est encor 

L’épanchement d’une âme, 

Le rêve prenant corps 

Et qui s’épanouit 

Au jardin de l’été 

 

Florilège est enfin 

Une voix, un écho, 

Un chant qui se prolonge 

Au-delà des saisons, 

Au-delà de la vie, 

Au-delà de la mort !

Hélène VESTIER , Lauréate de l’Académie Française,
(Prix Auguste CAPDEVILLE 1967 pour son recueil intitulé : «  Tout au long d’une vie »,
Premier Prix de poésie au Tournoi international féminin en Juin 1967,
Déléguée Régionale de la S P A F pendant 40 ans.

 

La mort d’un ami

Ces derniers jours passés dans l’ombre et la souffrance,
À surveiller ton souffle au rythme de ma peur
Ont habillé le temps d’un voile de stupeur
Que la mort a levé pour notre délivrance.

Tu n’as longtemps montré que de l’indifférence
Face au mal qui plongeait ton corps dans la torpeur,
Et j’ai compris trop tard ton silence trompeur,
Quand tu marchais déjà sur ton chemin d’errance.

Ton souvenir me hante au-delà du chagrin
Et mon cœur à jamais reste le tendre écrin
D’un amour réciproque au secret de nos âmes ;

Mes amis de toujours te trouvaient bien mignon,
Mais il me semble ouïr le refrain de leurs blâmes ;
Si tu n’étais qu’un chien, tu fus mon compagnon.

 

*          J’ai écrit ce poème le 28 juillet 2000 en souvenir de Gréta, une gentille femelle labrador. Le dimanche 5 septembre 2004 à 23h30, notre chienne labrador Lorca est allée rejoindre sa copine. Je n’ai pas trouvé tout de suite de mots assez forts pour traduire la peine ressentie. Car si je n’ai jamais été la maîtresse de Lorca, elle était devenue mon chien. Alors ce poème est aussi pour elle. 

 

Les mains de l’apprentie

J’avais à l’époque une jeune apprentie vraiment douée pour la coiffure, si bien que je lui confiai très vite les coupes de cheveux d’enfants. Très douce et patiente elle faisait merveille avec les petits. 

   Ce jour là, une petite fille d’environ cinq ans nous avait été amenée par une personne de passage. Une enfant à la frimousse espiègle qui se laissa laver les cheveux sans problème et qui fut installée à la tablette du milieu, c’est-à-dire au centre du salon, les autres tablettes étant toutes occupées par des clientes. 

 

   Notre apprentie commença à effectuer sa coupe, parlant gentiment avec la petite, pour mieux l’apprivoiser, ce que l’on enseigne en général dans la coiffure. 

L’enfant lui répondait gaiement quand soudain, comme la coupe avançant , on arrivait vers le visage elle dit montrant sa tempe : 

— T’as vu ? J’ai un trou, là !  

Puis, montrant l’autre tempe : 

—Et j’en ai un autre là aussi !  La balle, elle est entrée par là et elle est ressortie par là ! 

Et soudain, s’effondrant en sanglots : 

—-Et pis, mon papa ! il est mort ! 

Silence terrible dans le salon !…On ne savait plus comment calmer la petite et les mains de mon apprentie tremblaient tellement que j’ai dû, après avoir donné des bonbons à l’enfant et attendu un moment qu’elle se calme, terminer le travail. 

 

 Après le départ de cette infortunée fillette une cliente nous conta qu’elle avait lu, plusieurs années auparavant un fait dramatique dans la presse. 

Un père de famille avait, dans un acte désespéré, tenté de tuer son enfant puis s’était donné  la mort. 

Cinq tristes tankas pour un automne… 2001

Elle vient de tomber 

         malgré ses deux joues bien rondes… 

La poire était blette. 

         Ainsi, les plus beaux fruits meurent, 

         grignotés de l’intérieur. 

 

 

                            Ainsi sont, sont, sont 

                                      les humains très vaniteux ; 

                            ainsi font, font, font, 

                                      pour gratter le cul du ciel, 

                                      deux grandes tours qui s’écroulent. 

 

 

Dépouilles d’amour, 

         les feuilles anéanties 

crissent sous le pas. 

         Elles épouseront bientôt 

         le silence de l’humus. 

 

 

                            Elle a tant aimé 

                                      amis, rires et champagne ; 

                            elle a tant dansé. 

                                      Elle rusait avec la mort… 

                                      mais la tumeur est maligne. 

 

 

L’oiseau se fait rare 

         au rendez-vous du matin : 

Il craint trop la brume. 

         Seul un vieux corbeau douteux 

         fait le malin sur le fil… 

La vieille maison

Peut-être avez-vous vu cette vieille maison,
Qui borde le chemin menant à la rivière ?
Ne soyez pas déçu par son air d’abandon,
Ni par ses volets clos, hostiles à la lumière.

Car si elle est fermée, ainsi qu’un vieux coffret,
C’est qu’elle contient tant de ces heures précieuses
De ces morceaux de vie qu’elle garde secrets,
Et qui dorment ici comme des choses pieuses.

Mais cette vieille maison, je l’ai connue joyeuse,
Ses vieux murs résonnants de rires et de chansons,
Elle abritait alors une famille heureuse,
Ce vieux toit voyez-vous était notre maison.

Trois enfants ont grandi dans cet humble logis
Leur enfance, et plus tard leurs rêves de jeunesse
Je sais où les trouver, ils sont restés ici
Si souvent évoqués par moi avec tendresse.

Je suis seule aujourd’hui avec mes souvenirs,
Un à un m’ont quittée mes compagnons d’enfance,
Mais la vieille maison m’a gardé le sourire
Et sait me parler d’eux avec tant d’insistance.

Ne me dites pas que ce passé est mort,
Il est là, si vivant… et sur le seuil encore
Ma mère me sourit et m’attend peut-être. 

Michel Germaneau

Quand l’Homme est terrassé dans sa quête de sens,
Alors que sa vieillesse lui ouvrait le chemin
D’une grande sagesse, c’est donc que son destin
Est, pour l’Humanité, un signe d’espérance !

Il s’est expatrié de sa natale France
Pour aider la noblesse touareg en déclin
Dans un monde où « Vitesse » et « Technique », aux gamins,
Leur retirent d’emblée la joie de l’existence…

La bonté sans défaut était toujours présente,
En Michel Germaneau, avant cette choquante
Mort par des Extrémistes, inversant les Martyrs…

Serait-ce alors l’espoir, pour les Démocraties
Et tous les Humanistes, de voir enfin pâlir
L’aura de ces Pouvoirs prenant de faibles vies ?

Couleurs

Vermillon,
pourpre,
incarnat,
cerise,
groseille,
fraise,
fruits rouges au jardin,
magenta,
carmin,
garance,
l’éclat vivant,sanguine dessinant un coquelicot,
bleu pétrole,
turquoise,
indigo,
pervenche,
outre-mer,
marine,
gréement et partance,
bleu horizon,
un regard posé sur l’envergure d’ailleurs,
cyan,
la canopée de la forêt touchant le ciel,la couleur mélangée,
vert émeraude,
la pierre chlorophylle,
vert bouteille,
pistache,
vert pomme,
la couleur à croquer,
fuchsia,
rose rose,
tendresse,douceur,
rose bonbon,
friandises,
prune,
violet,
violine,
lilas,
le printemps fleur et le passage d’une hirondelle,
jaune poussin,
citron,
bouton d’or,
jonquille,
paille,
le champ après la moisson,un canotier en plein été,
la couleur c’est soleil comme la couleur c’est cadeau,
orange,
vitamine étincelle de l’énergie,
rouille,
roux,
automne sur un tapis de feuilles,
kaki,
marron,
noisette,
corbeille et nature morte,
ivoire,
la tour,
gris souris,
grège,
beige,
sable,
la couleur perdue dans l’immensité,
ocre,
terre de Sienne,
la couleur où semer,
arc-en-ciel,
polychromie,l’arche du retour au beau temps
allégresse absorbé par les yeux,
la vérité sans fard,les atmosphères,les tableaux,
camaieux,nuances,tons,chatoiements,pastels,accroches
sans blanc de la pensée,sans trou noir…
Couleurs…

Hommage à Jean Ferrat

L’homme qui aimait l’Homme, honneur à son pays,
Quand il chantait « Ma France » à en tirer les larmes,
Il se battait sans cesse avec pour seules armes
Un idéal d’enfant bousculant les partis.

Il me venait ce matin en apprenant  le départ de jean Ferrat, ces quelques vers malhabiles et bien réducteurs, alors que j’entendais au fond de ma mémoire sonner cette chanson, ce cri, « ma France ».

Je regardais nos deux petits enfants que nous avions pour la jourée, je scrutais l’avenir, et j’entendais encore Aragon, comme un puissant remugle :

« Un jour portant un jour viendra couleur d’orange,
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche »

A l’heure où les grands idéaux, les grands rêves d’humanité, celle que l’on voudrait si fort sentir tirée « vers le haut », vers son point oméga de réussite comme le voyait l’un de mes maîtres,  ont laissé place aux marchands du temple, aux pays, aux cultures vendues aux sphères financières anglo-saxones dont le profit est le seul moteur, écrasant philosophies et morales, piétinant les dignités, la disparition de Ferrat signe un jalon, celui de la mort et du renouveau, comme un instant entrouvert sur tous les possibles.

« Le poète a toujours raison, qui voit plus loin que l’horizon, et l’avenir est son Royaume,
Loin des vielles malédictions, je déclare avec Aragon, la femme est l’avenir de l’homme ! »

Alors la porte s’entrouvre, sur le « tout est encore à faire », loin par exemple des femmes androgynes et prédatrices qui pensent que l’accès à la stupidité des hommes est une  conquête. Les yeux d’Elsa brillaient d’un autre feu ! Et ce feu est bien là, en plein cœur de Ferrat, dans les yeux de « sa môme », qui travaille en usine, à Créteil.

Si Ferrat s’en va, il nous laisse tout, et Aragon, le génie poétique insondable d’Aragon actualisé en son siècle, au cœur des tourments de son siècle :

« Pablo mon ami qu’avons-nous permis
L’ombre devant nous s’allonge s’allonge
Qu’avons-nous permis Pablo mon ami
Pablo mon ami nos songes nos songes

Nous sommes des gens de la nuit qui portons le soleil en nous
Il nous brûle au profond de l’être
Nous avons marché dans le noir à ne plus sentir nos genoux
Sans atteindre le monde à naître » …

Cela peut paraître sans doute paradoxal de rendre un hommage à un poète avec les textes d’un autre. Tout le mystère est là, de la grande humilité de l’artiste qui a finalement réussi, et c’est un exploit, d’immortaliser Aragon au cœur de sa vie même, de le porter plus loin, encore plus loin, toujours plus loin, comme une mission sacrée à laquelle il a obéi, montrant ainsi l’inégalable grandeur de savoir être petit et se mettre au service de ce qui nous dépasse.

Que dire encore d’autre pour l’accompagner que ces vers d’Aragon, comme s’il les avait écrit pour lui, en frère :

« Rien n’est précaire comme vivre
Rien comme être n’est passager
C’est un peu fondre pour le givre
Et pour le vent être léger
J’arrive où je suis étranger »

Etranger, peut être pas vraiment…

Vous souvenez vous de ce magnifique poème qu’il à dédié à son chien, Ouralou (je ne suis pas sûr de l’orthographe), poème à sa terre, à
la Vie à l’amour dont il débordait pour tout ce qui l’entourait ?

« Ton long museau à la fenêtre,
Tu nous accueilleras bientôt »

de l’amour pour son compagnon à quatre pattes à la profondeur des visions qu’il portait sur l’humanité, rien n’a échappé à son chant, appuyé, sans aucune tiédeur ni compromission d’aucune sorte. Il le dit, le crie, et le chante :

« Je ne suis qu’un cri ». 

Adieu

Un voile de tristesse habille mes paupières,
Pare de mol ennui les choses familières…
Je suis là, toute seule, avec ton souvenir,
Tandis que le destin te regarde partir.
C’est bien fini ! Pour la dernière fois ton charme
A fait battre mon cœur et couler une larme !
Ton adieu était froid, mon amour était mort,
Mais pour sourire un peu j’ai dû faire un effort.
Tout l’autrefois, vois-tu, revit dans mes pensées
Et me revient le goût de nos folies passées.
Nous nous aimions, je crois… en sommes-nous certains ?
Adieu, toi qui t’en vas ! Adieu ! Mon doux mirage !
Du désespoir, ne laissons pas venir l’orage…
Du bout des doigts, veux-tu, envoyons un baiser
A l’espace infini qui doit nous séparer. 

Simone Ponsot (alias Claude Roland), la belle-maman de Pierre Vincent 

228 hirondelles… (pour le souvenir)

 En ce jour important, où TOUT est souvenir,
 Comment rester de glace alors que la mort rôde ?
 Et novembre a longtemps été mois des soupirs…
 Il le sera encore, car le doute corrode… 

 Aussi, lors d’un voyage en avion, aurons-nous
 Une pensée émue pour tous ces « transitaires »
 Perdus dans l’océan, quand l’horizon, d’un coup,
 Est tombé dans la mer, noyant nos sœurs, nos frères… 

 Hirondelles ! Amies qui volez en plein ciel :
 Portez tout notre amour aux âmes décimées !
 Pour ceux qui sont « partis » : soyez providentielles,
 Car nous tous, en ce jour, nous sommes…déprimés… 

…devant un TEL désastre…

« J’ai écrit ce poème le 07/11/2009 en voyant les infos qui commémoraient la disparition de l’avion au large du Brésil. C’est ma façon de joindre ces personnes disparues.« 

La mort du poète

Lamartine, ton nom est partout en ces lieux,
Au pied de la montagne, au bord du lac d’Elvire,
Mais qui relit tes vers et qui donc les admire ?
Peut être quelque fou, sinon quelque amoureux ! 

Dans cette ville, Ami, qui connut tes aveux,
N’est-il plus un seul cœur qui chante ou bien soupire ?
Tes vers ne peuvent-ils un instant le séduire ?
Ne vient-on plus rêver sur ton lac, sous tes cieux ? 

Pourtant, ici, tout parle et d’amour et de rêve,
Poèmes immortels inspirés d’amours brèves,
Barde ! Tu sais encor faire entendre ta voix. 

Qui ne quitte ces lieux un peu un peu de vague à l’âme,
Qui ne sent en son cœur se mourir une flamme
Quand le poète meurt une nouvelle fois ?

Hélène VESTIER , Lauréate de l’Académie Française,
(Prix Auguste CAPDEVILLE 1967 pour son recueil intitulé : «  Tout au long d’une vie »,
Premier Prix de poésie au Tournoi international féminin en Juin 1967,
Déléguée Régionale de la S P A F pendant 40 ans.
A publié : «  Tout au long d’une vie «  ( 1966),
En collaboration avec les poètes de Lorraine : «  La Lorraine chante » : ( 1970)
«  Laissez les rêves s’envoler » : ( 1981 ) 

 

Présage

Quand au soir de la vie, un doigt monte, tremblant,
Dans le miroir lépreux, où le regard s’étonne
Et caresse, distrait, un reflet qui détonne
Emmi les cheveux bruns le premier épi blanc. 

Lors d’un visage ami, le souvenir troublant
S’estompe et disparaît en tempo monotone
Un cœur désespéré le poursuit dans l’automne
Mais déjà l’hiver plante un décor accablant. 

Voici la page ultime, un beau roman s’achève,
Nostalgique regret, envolé du beau rêve
En lettres d’or inscrit au parchemin des ans. 

Alors, la main glacée impuissante à poursuivre,
Oubliera le volume en ses derniers instants
Et, lentement, la mort fermera le grand livre. 

( Emmi  figure ainsi dans le texte.)

Charles BERTE, Grand Prix des Poètes Lorrains 1998 pour son recueil intitulé : « AUTREMENT DIX » 

Le feuillet d’automne

Image
Automne
Images sages des jours raccourcissant
Grand effeuillage de la luxuriance morte
Un arbre majestueux à la ramure déployée
Une feuille jaune comme le souvenir chaud de l’été
Une autre feuille « roux-orangé »,vitamine imprimée
comme le stigmate de l’énergie des jours ensoleillés
Une feuille qui tombe dans le tourbillon d’une dernière
danse
Le bal qui déshabille feuille après feuille
et encore,chargée d’inéluctable,celle rouge de la colère
qui s’insurge auprès de la mort funèbre qui prend la vie
Le violon de la tristesse qui joue octobre
Blême et suffocant ,dans la brume,le seigneur des forêts
peu à peu dénudé
Deçà,delà ,balancées par le zéphire ,la toison emportée
pour étendre le tapis de la saison mélancolique
Un homme debout sur le layon
Un homme qui s’agenouille
Une de ses mains ramasse au sol quelques feuilles
les unes sur les autres formant un feuillet d’images
Avec l’autre et le pouce dans le geste qui feuillette
les images sages s’animent du folio scope végétal,
le regard pendu à leur interstice qui les laisse voir.
L’homme se relève,
puis ballant et musardant dans une douce nostalgie,
s’en va avec un peu d’automne…

Cinq tristes tankas pour un automne… 2001

Elle vient de tomber
            malgré ses deux joues bien rondes…
La poire était blette.
            Ainsi, les plus beaux fruits meurent,
            grignotés de l’intérieur. 

                                   Ainsi sont, sont, sont
                                               les humains très vaniteux ;
                                   ainsi font, font, font,
                                               pour gratter le cul du ciel,
                                               deux grandes tours qui s’écroulent. 

Dépouilles d’amour,
            les feuilles anéanties
crissent sous le pas.
            Elles épouseront bientôt
            le silence de l’humus. 

                                   Elle a tant aimé
                                               amis, rires et champagne ;
                                   elle a tant dansé.
                                               Elle rusait avec la  mort…
                                               mais la tumeur est maligne. 

L’oiseau se fait rare
            au rendez-vous du matin :
Il craint trop la brume.
            Seul un vieux corbeau douteux
            fait le malin sur le fil…

La Lavandière d’Igney de Zaz Chalumeau

1erecouverture.jpg

Onzième ouvrage et premier tome d’une saga familiale intitulée Colin-Maillard.

L’histoire commence en 1865 avec la naissance de Marie-Joséphine Vuillemin, dans un village vosgien. Elle épouse Jules Maillard et emménage à Igney. Parents de onze enfants, ils ccueillent régulièrement des petits de l’Assistance Publique. Pour élever et nourrir tous ces enfants, Jules travaille à l’usine et Marie devient lavandière.
À Remoncourt, un autre village vosgien entre Mirecourt et Vittel, vit la famille Gavot. Germaine et Jean ont cinq filles. Après la mort de la mère suite au décès de la dernière des filles, Jacqueline, l’aînée, endosse le rôle de maîtresse de maison. Sophie part travailler comme domestique, Alice aide son père à la ferme et Léonie quitte le domicile pour suivre des études de sage-femme à Nancy.

Colin-Maillard comprend :
1. LA LAVANDIERE D’IGNEY
2. MALOU
3. VIES CROISEES
4. ELLES

N° ISBN : 978-2-9529576-1-8
Dépôt légal : mars 2009
13,00 € TTC

L’enfant de la guerre

Il n’a plus ni père, ni mère,
L’enfant de la guerre.
Il erre des nuits entières,
Au milieu de cette misère.

Aux tirs des mitraillettes,
Il se terre comme une bête.
Il a peur des soldats,
Ce pauvre enfant-là.

Les pleurs, la faim et le froid,
Il connaît tout ça.
Pourquoi cette guerre ne finit-elle pas ?
Pouquoi tous ces morts ici et là ?

Il a perdu le sourire, c’est un  martyr.
Il ne veut pas mourir !
Tous les soirs, il prie,
Pour que cessent les combats ici-bas.

Enfance meurtrie, violée, bafouée,
Famille disparue,
Le voilà seul, perdu,
Village à l’abandon, plus aucun horizon.

Il va devenir sans foi, ni loi,
Non, il ne veut pas ça !
Il réclame la paix,
Viendra-t-elle jamais ?

Sa terre est à feu et à sang,
Il vit son pire tourment,
Pourtant ce n’est qu’un enfant…

La tortue

Depuis sa fameuse victoire
sur Jeannot – Lapin le coureur
la Tortue revêt chaque soir
son maillot jaune et, tous en chœur
ses admirateurs crient : «  BRAVO ! »
il y a Maître le Corbeau
qui regrette son bon fromage
il y a le Loup et l’ Agneau
qui maintenant font bon ménage
et il y a le Rat des Champs
le Rat des Villes et tous ses «  fans « 
fameux animaux de la Fable
qui fêtent tous l’évènement… 

C’est fabuleux, c’est formidable
quand la tortue fait son stip-tease…
lentement se décarapace
montre à nu son anatomie
et galope autour de la place.
C’est du grand art…Il fait la voir
cette  championne hors série… 

Jeannot – Lapin, de jalousie
S’est fait un soir hara-kiri !
Gloire au vainqueur …mort au vaincu !

Elie VINE (Alérion d’OR 2004 pour son recueil «  Affabulons…élucubrons…avec nos amies les bêtes ») 

 

 

Devoir de paix et d’amour

Nous leur devons la paix, nous leur devons l’amour
Aux enfants de la Terre, anges d’un futur monde !
Ces rameaux d’avenir forment jour après jour
Un sublime olivier que l’Homme infâme émonde.
 

Qu’espèrent nos petits aux âmes sans détour ?
Nous leur devons la paix ! Nous leur devons l’amour !
Eradiquons la haine, ancestrale vermine !
Pour un geste amical un regard s’illumine.
 

Nubiles exploités, ils sombrent tour à tour
Dans un gouffre terrible où la mort les caresse.
Nous leur devons la paix ! Nous leur devons l’amour !
L’amertume en leurs coeurs inhume la tendresse.
 

Faisons de la planète un suprême séjour !
Plus d’enfance chétive, esclave ou meurtrière !
Seule, une action pure exauce la prière !
Nous leur devons la paix ! Nous leur devons l’amour !
 




alfalsafa |
NIDISH EDITIONS : Contes - ... |
La Moire d'Ohrid |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Elle-Emoi
| Poèmes, Amour et Société
| Ned La Desosseuse