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Maîtrise

Adieu sombre penser, je ne veux plus entendre
Ton détestable chant qui s’insinue et bruit,
Arrogant, fielleux, il attriste la nuit,
Son trait blesse toujours, écorche l’âme tendre. 

Contre toi j’ai trouvé l’armure qui séduit,
Quelques vers enchantés, peignant beau paysage,
Où se plairaient l’enfance et son soleil qui luit. 

Et la peur et l’angoisse et le regret peu sage
Ne sont plus qu’ornements du Vivant fredonné,
Tenus dans l’ombre claire en ce lieu fleuronné,
Ils ajoutent nuance et meilleur éclairage.

L’essentiel est bien là et le vain détrôné !

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS ») 

 

J’ai voulu leur dire

J’ai voulu déjouer la crainte et la rancœur,
Leur dire que l’amour chasse toujours la peur,
Mais les mots m’ont trahie et pensées en déroute,
J’ai cédé face au doute. 

Voulant toujours leur dire, ai teinté gouttes d’eau
Et choisi plume bleue au bord d’un gai ruisseau
Pour décrire la vie et tous ses hauts prodiges…
Ont surgi les litiges! 

Me voici déliant mes désirs surannés,
Le large temps vécu sans prix à lui donner
Sinon celui, qui sait? d’élans, de rêveries,
Mes pâles armoiries.

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS ») 

 

Pèlerinage

Je rêvais vent du large et soleil à foison,
Francs échos de nos pas au sein des vignes torses,
Fraîcheur du vieux platane en l’aimable saison,
Et rires des vingt ans bien fiérots de leurs forces. 

Fort pressés de quitter l’autre champ du miroir,
Ces éclats d’autrefois s’animeraient encore!
Le temps pris à rebours, ils sauraient émouvoir!
Ô! l’oubli du Réel! Du Présent qui dédore! 

J’ai revu le village et les lieux alentours
Où nos cœurs en liesse hâtaient l’heure parfaite.
Il est des souvenirs, si doux en mornes jours,
Qu’il est bon les garder dans leur cache secrète. 

Les cépages perdus et l’Immobilier-roi,
La Vie était ailleurs! Un air planait, morose,
Le bourg se refusait, lépreux, en désarroi,
Et mon rêve en morceaux me parut peu de chose.

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS ») 

 

Fontaines

Bénis ces pays aux mille fontaines
Où sans fin cascade un flot cristallin,
Quand fière saison chante cantilènes
Au bord du chemin pentu, sibyllin. 

Heureux le passant à la soif enclin
Découvrant la source aux ondes sereines,
Bénis ces pays aux mille fontaines
Où sans fin cascade un flot cristallin. 

Besoin qu’on étanche au creuset malin
De nos mains ciboire, ô mains souveraines!
Qui laisse en écho le souvenir plein
De la fraîche offrande en terres lointaines,
Bénis ces pays aux mille fontaines!

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS ») 

 

Automne

C’est déjà le grisé, l’après bal de l’automne,
Qui râtelle en monceaux feuilles et fruits perdus,
Elagueur de stérile et de rameaux indus,
Allumant de bons feux sous le ciel qui s’étonne. 

Brûlis du végétal qu’on surveille et tisonne,
Aussi le souvenir de ces rêves tendus
Vers la feuillée en grâce aux soleils répandus,
Qu’on savoure trop vite en saison qui claironne. 

C’est qu’il faut place nette au prochain festival,
Aux bourgeons traversant l’ultime frac nival,
A la palme promise, au songe de la rose. 

Ô gestes recueillis s’offrant aux mêmes cieux,
Vous soutient la ferveur en la métamorphose
De l’instant qui s’afflige en futurs radieux !

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS ») 

 

Eté finissant

Volage hirondelle un jour reviendra,
Reste en nos jardins mésange jolie !
La brume joueuse étale déjà
De doux écheveaux qu’un rayon délie. 

De flamme écarlate et d’or embellie,
Nature se vêt en grand apparat…
Volage hirondelle un jour reviendra,
Reste en nos jardins mésange jolie. 

Ni mornes regrets, ni mélancolie,
Vois, chaque saison est charme ici-bas !
Sont encore en fleur rose et ancolie,
A tout petits pas l’été va, s’en va … 

Volage hirondelle un jour reviendra ! 

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS »)

Ton regard

Ton regard, mon amour, je l’attends, je l’espère!
Telle au matin clairet, la rose offre satin
Etalant sa corolle au rayon levantin,
Au miroir de ton âme éclôt ma joie entière. 

Pensif ou pétillant, j’aspire à sa lumière.
Ton regard, mon amour, je l’attends, je l’espère
Et pourtant je le fuis, baisse les abat-jour
S’il s’étoile un peu trop, s’il détaille et discourt. 

Déjà l’heure tardive étire une ombre austère,
S’effeuille un calice en décompte imprécis…
Ton regard, mon amour, je l’attends, je l’espère
Mais plus que jamais, tant le redoute aussi! 

Comment pourrais-je croire en la vie éphémère,
Séduite si longtemps au riant de tes yeux?
Il rejette la crainte et en ces jours moins bleus
Ton regard, mon amour, je l’attends, je l’espère. 

Marie REITZ
(Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS »)

Marie Reitz

J’ai fait la connaissance de Marie REITZ en 2005, lorsque j’ai obtenu le Grand Prix des Poètes Lorrains.  Marie a obtenu ce prix l’année suivante et cette conjonction d’évènements a sans doute favorisé notre rencontre. J’ai perçu chez elle les qualités d’une grande dame, d’une « grande âme » serais-je tenté d’écrire. Dans sa personnalité tout d’abord, de douceur et de fragilité apparente ; dans son écriture également.  D’une grande sensibilité poétique, Marie était attentive au beau, au simple, à l’humain.

Enseignante de formation, elle était née à Oran dans une famille d’origine espagnole. Sa jeunesse passée en-dehors de la métropole, sa double culture, expliquent en partie cette attention à l’autre, aux paysages, à la nature, la recherche du mot juste et  la musicalité, inhérents à ses nombreux poèmes écrits en français ou dans sa langue maternelle. Installée dans le charmant village de Lessy, sur les côtes dominant Metz et la vallée de la Moselle, Marie a souhaité y reposer après son décès en 2006. Au long de sa vie, elle fut guidée par trois objectifs : « remercier le donné, louer les merveilles qui nous entourent, dire le besoin des hommes ».

Son mari Jean-Marie est un défenseur passionné du patrimoine local, très impliqué pour faire découvrir les richesses de sa commune et des côtes de Moselle. Il s’est particulièrement réjoui des succès poétiques de Marie, primée lors de nombreux concours. Il a souhaité pérenniser l’œuvre de son épouse en rassemblant ses poèmes dans un recueil « La Plume Bleue ». Qu’il soit ici remercié pour sa complicité et l’aide qu’il nous apporte à faire perdurer le souffle poétique de Marie.

Armand Bémer

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Inspiration

Quel feu les affranchit ? Quel souffle les anime,
Ces maîtres du relief, de la clarté, du jet,
Qui transforment matière en émouvant objet,
Imprimant un essor qu’un doux charme sublime ? 

Une voix familière en eux si fort s’exprime !
D’entrelacs inconnus au singulier trajet,
Des confins du désir, de l’entêtant projet,
L’indicible est élan qui dévoile la cime. 

De même, toi, Poète, au doux verbe inventif,
Epris d’un univers sans cesse créatif,
Tu étreins le Vivant, veux  saisir la merveille, 

Le sait-on ? Déjà fuse un vague écho ténu,
D’un chemin de traverse, un vieux chant mis à nu
Qui dirige le pas de ta Muse qui veille.

Marie REITZ
Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : « PULSATIONS »
 

Au bout du rêve : Sangatte

Son regard brûle un songe enchâssé dans son âme,
Serti sous quelque ciel porteur de sable ocré,
Quand il soufflait ce vent qui vers le puits sacré,
Déplaçait chaque dune, éteignait chaque flamme. 

Quels mots ceints de silence et d’indomptés émois
Et de peine de chair diront dans l’autre verbe,
A l’accueillant forcé, fier de ses prés en herbe,
Le long chemin retors mesuré par les mois ? 

Est-ce par ce rivage ouvert au monde vaste,
Où le large insistant clame le jour, la nuit,
Où la cavale au ciel d’un puissant galop, fuit,
Qu’on suspendra son pas au seuil de l’autre caste ? 

Face aux flots interdits, par l’estran fasciné,
Dans la boue et le froid, rebelle et pathétique,
Le migrant déliant l’horizon chimérique,
Laisse aller par la mer son beau rêve obstiné.

Marie REITZ
Grand Prix des Poètes Lorrains 2005 pour son recueil intitulé : «PULSATIONS » 

Palmarès

GRAND PRIX DES POETES LORRAINS : 

2013 : Jacques MULLER (Angevillers, 57)
2012 : Denise RICHARD-FLIELLER (Epinal, 88)
2
011 : Pascal LEFEVRE (Sarrebourg, 57)
2010 : André MARTIN (Villers-les-Nancy, 54)
2009 : Carine BARTHEL (Freistroff, 57)
2008 : Nicole METIVIER (Nancy, 54)
2007 : Pierre VINCENT (Verny, 57)
2006 : Denis SCHILLINGER (, 57)
2005 : Marie REITZ (Lessy, 57)
2004 : Armand BEMER (Bazoncourt, 57)
2003 : Serge BEYER (Bar-le-Duc, 55)
2002 : Isabelle CHALUMEAU (Heillecourt, 54)
2001 : Marilène MECKLER (Senones, 88)
2000 : Michel BOURBON (Mirecourt, 88)
1999 : Jean-Jacques CHIRON (Longuyon, 54)
1998 : Charles BERTE (Lunéville, 54)
1997 : Christine CAMPANELLA (Luxembourg)
1996 : Serge LAURENT (Marly, 57)
1995 : Roland MARX (Habeaurupt, 88)
1994 : Jean-François DAVAUT (Jarville-la-Malgrange, 54)
1993 : Gilles PREUD’HOMME (Thierville-sur-Meuse, 55)
1992 : Georges DUPONT (Épinal, 88)
1991 : Paul GEIGER (Brin-sur-Seille, 54)
1990 : Jean-Louis VÉLAIN (Bras-sur-Meuse, 55)
1989 : Joëlle DI SANGRO (Lunéville, 54)
1988 : Alfred OLIER (Faulquemont, 57)
1987 : Michel HENRIOT (Épinal, 88)
1986 : Gérard DURUPT (Vandoeuvre, 54)
1985 : Henriette MÉLINE (Charmes, 88)
1984 : Pierre BOUTTIER (Étain, 55)
1983 : Gérard DALSTEIN et André NICOLAS (Nancy, 54)
1982 : Jacques BERTRAND
1981 : Jacqueline FOUSSE
1980 : René-Marie LETENDRE et Marie DÉLIVRÉ
1979 : Jean-Pierre RECOUVREUR et Marie-Rose PRUNIAUX-MINIER
1978 : Élie VINÉ (Neufchâteau, 88) et Jacques FOURCADE
1977 : Gérard CHARUT et Marie-Claude IGIER
1976 : Jacques NOËL et Serge SEDIR
1975 : Marcel CORDIER (Nancy, 54)
1974 : Anne BLANCHOT-PHILIPPI et Élie CORDONNIER
1973 : Roland HILAIRE
1972 : Jean-Marie MARTIN (Épinal, 88)
1971 : Jean-Claude GEORGE (Pagny-sur-Meuse, 55)
1970 : Pierre UNTEREINER (Saint-Dié, 88)
1969 : Jean CALAND (Épinal, 88)
1968 : Abbé Antoine de L’ESCALE (Villers-les-Nancy, 54)
1967 : Richard SCHALLER
1966 : Françoise RIETTE
1965 : Pierre GÉRARDIN (Épinal, 88)
1964 : Marie-Thérèse SCHLIENGER (Rambervillers, 88)
1963 : François MATENET (Fontenoy-le-Château, 88)
1962 : Paule THIÉBAUT (Portieux, 88) et Renée FRANÇOIS
1961 : Mme LEGRAS-BONNIER (Nancy, 54)
1960 : Abbé BARBIER (Metz, 57)
1959 : Louis RHÜL (Belfort, 90)
1958 : Hassan CHABLI (Nancy, 54)
1957 : Albert CABASSE-CORVISIER (Vaucouleurs, 55)

PRIX ARTHUR RIMBAUD (jeunes de moins de 20 ans)

2013 : Non attribué
2012 :
Non attribué
2011 : Arthur SIMSA (Nancy, 54)
2010 : Non attribué
2009 : Non attribué
2008 : Emmanuel SANTER (Vandoeuvre, 54)
2007 : Sydney REMETTER (Moyen, 54)
2006 : Timothée BAUDEQUIN (Heillecourt, 54)
2005 : Timothée BAUDEQUIN (Heillecourt, 54)
2004 : Lorène CHAMPOUGNY (Thann, 68)
2003 : Christian MEYER (Meisenthal, 57)

ALERIONS D’OR 

Ce concours a été créé en 2002 par Joëlle di Sangro, alors déléguée de la région Lorraine, pour couronner le meilleur poète déjà titulaire du Grand Prix des Poètes lorrains. Il a été attribué à :

2013 : Nicole METIVIER (Nancy, 54) et Pierre VINCENT (Verny, 57) ex aequo
2012 :
Pierre VINCENT (Verny, 57)
2011 :
Serge BEYER (Bar-le-Duc, 55)
2010 : Jean-Jacques CHIRON (Longuyon, 54)
2009 : Isabelle CHALUMEAU (Heillecourt, 54)
2008 : Serge LAURENT (Marly, 57)
2007 : Isabelle CHALUMEAU (Heillecourt, 54)
2006 : Serge BEYER (Bar-le-Duc, 55)
2005 : Isabelle CHALUMEAU (Heillecourt, 54)
2004 : Élie VINÉ (Nancy, 54)
2003 : Marilène MECKLER (Senones, 88)
2002 : Gérard DALSTEIN




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