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Zone maudite

Modernité à ton épopée d’un nouveau siècle

je ne chanterai pas tes charmes et tes hérauts

car je te hais, société du paraître en clinquance !

Sonnant et trébuchant la monnaie de singe

de tes agitations dans le cours des temps à reculons

Chair dépenaillée des jours fileyeurs charriant

leurs flots d’ombres momifiées dans des fleuves de bitume

dans les boyaux fétides des mégalopoles

à la vitesse intenable des diarrhées incurables

Légions de spectres mutilés étudiant leur errance

dans les soigneuses allées de hangars rutilants

où s’apprivoise la hâte à nourrir l’inanité de l’être

de la richesse de son néant.

O frères de misère absolue !

 

L’œil est dans le salon et regarde Zombie

 

Dans le carrousel aux fraîches images

des sourds jacassants font la leçon des choses

à des muets hébétés prenant la mesure

d’un monde à l’aune de leur duplication

« - A l’étranger, rien ne va plus en terre africaine :

le roi Moult-Fêlé qui règne en maître absolu

a répudié sa huitième épouse accusée

de fomenter un coup d’Etat au bénéfice

de son amant qui a été passé par les armes ! »

De notre correspondant permanent Nestor Voitou

« -En France, le président de la République

a brisé un miroir en voulant raser de près

le flot de vérités qui envahissait son esprit »

De bonne source, mais non rendue publique.

 

L’œil est dans la vitrine et regarde Zombie

 

Qui a coupé les têtes du dieu Chronos ?

Sans passé et sans avenir le présent agonise,

vidé du sang des lumineuses signifiances

Voici l’instant impérial consacré

sur l’autel de toutes les jouissances ;

Sodome et Gomorrhe perpétuelles licencieuses

gavées de l’objet tangible de tous les désirs

Homme et femme androgynes d’une même solitude

partagée dos à dos dans le sursis de la méfiance

Homme et femme au regard louchon

s’enivrant  à l’abreuvoir du Veau d’or

se nourrissant des chairs de leur image même

et livrant à la fulgurance des messageries

l’indispensable bégaiement de leur pauvre histoire

 

Zombie n’a pas fermé l’œil de toute la nuit

 

O Guillaume ! Je chanterai la chanson du bien-aimé

sur le pont de mes rêves prolifiques, de mes songes bâtisseurs,

sans tour Eiffel, sans automobile et sans aviateur

pour peupler le paysage des beautés fanées

qui subjuguent les âmes simples depuis l’aube des temps ;

sans calligrammes en échafaudage pour blanchir

les horreurs urbaines enfantées par un indomptable Moloch.

Je me laisserai bercer de mots en notes fredonneuses,

en strophes liées comme les épis moissonnés

sur le flanc des jours familiers et si clairs ;

si clairs qu’ils suffisent à éteindre l’orchestration

convenue de toutes les médiocrités rabâchées

par la congrégation des nouveaux prêtres

chargés de divertir les cathodiques âmes abandonnées.

Princesse océan

Quand l’horizon s’effile au ras de l’eau,
Que le soleil s’endort au bout du firmament,
La fille des flots, corps rêve sur son îlot
Souffle dans les grands voiles des galions.

Elle naquit un jour dans l’abysse d’un océan,
Fille du Dieu Neptune et d’une Déesse reine,
Sur une algue cristal dans les grands fonds,
Elle ouvrit les yeux et fut couronnée sirène.

Cheveux d’écume scintillants de lumière,
Beauté des eaux au regard bleu des lagons,
Gracieuse elle plonge silhouette si légère,
Et disparaît dans les loin abîmes sans fond.

Entre vagues et ciel elle nage sans rivage,
Princesse océan fille aux écailles poisson.
Quand l’astre blanc surgit dans la nuit sage,
Sur son îlot elle se pose et envoute les galions.

Un chant sublime piège les grands vaisseaux,
Dans les ténèbres voiles gonflées ils naviguent.
Ouragan de tonnerre dans le sillage des bateaux,
Sur les rochers noirs ils se brisent et sombrent.

Marin au gré des océans prends garde au refrain,
Éloigne-toi du grand large et retourne vers la terre.
Car la sirène sur son ilot à l’écume des embruns,
Pourrait souffler des vents cyclones mortifères.

Elle naquit dans les profondeurs d’un océan,
Sur une algue cristal étincelante dans les fonds.
Fille du Dieu Neptune et d’une déesse reine,
Elle ouvrit les yeux et fut proclamée sirène.

Plic ! Ploc !

Les nuages se disloquent
Et jettent leurs habits noirs
Tels des curés qui se défroquent
Libérés, gonflés d’espoir

Solitaire, tu soliloques
En te demandant bien pourquoi
Cette année, le printemps évoque
L’ennui davantage que la joie

Dieu Soleil que l’on invoque
Quand la peau se plisse de froid
L’on voudrait changer d’époque
Changer le temps, garder la foi

L’hiver dans son lit, suffoque
Au mois d’avril l’on voudrait croire
Fragile comme une pendeloque
Le soleil luit sur son perchoir

Dernières gouttes de pluie : plic ! Ploc !
Le gris du ciel s’encre de bleu
De cette averse tu te moques
À la tristesse tu dis adieu.

Extrait de «Odes et Colères » (2008)

Regardez !

Regardez ! Dans sa robe, aux pétales de soie,
La rose resplendit, elle est reine et le sait.
Sa fragrance ensorcelle un jardin qui flamboie,
C’est l’été, la nature est riante à souhait.

Regardez ! Sur le sable, exquise allégorie,
La femme est séduction, elle est reine et le sait.
Fasciné, le soleil, instant de poésie,
L’embrasse en son aura dans un accord parfait.

Regardez les amants, image intemporelle,
Quand l’amour va quérir dans un ciel triomphant,
Pour habiller d’azur les beaux yeux de la belle,
Le bleu de la romance et de l’enchantement.

Regardez ! Dans le soir, la dernière hirondelle
S’en va, pour un adieu, tutoyer l’infini.
Et, dans le champ de blé où repose, éternelle,
L’étoile du poète, un bleuet refleurit.

Palmarès Centre d’Art Lorrain

Prix Louise LABE

 

Le Centre d’Art Lorrain où excellent les artistes peintres, patronne chaque année un Concours International de Littérature dont le dernier fut consacré à Louise LABE.

 

Le succès du concours grandissant d’année en année, de nombreux participants originaires de France, mais aussi de Belgique et du Luxembourg ont concouru pour l’attribution des Prix. Chacun d’entre eux y a apporté sa contribution. Qu’ils en soient remerciés, même si tous n’ont pas été récompensés.

Le Comité de lecture, sous la haute Présidence de M. Antoine DOUDOUX, s’est réuni récemment pour en établir le palmarès.

 

                30ème Concours International de Littérature du Centre d’Art Lorrain

                                                      

Palmarès 2012

 

Prix Louise LABE

 

Mr Serge SANTERRE (73-JACOB BELLECOMBETTE) pour son conte et poème : Monseigneur monte à cru, Aux joyaux des landes vendéennes

 

Prix du Centre d’Art Lorrain

 

Mr Pierre VINCENT (57-VERNY) pour sa nouvelle : Ita est

 

Prix d’honneur du Jury

 

Mr Bernard APPEL (54-DIEULOUARD pour ses poèmes : Tant que tu auras besoin de

mes bras, Un peu de buée mauve, Ne plus rien dire

 

Prix de l’Académie de Lutèce

 

Mme Nicole METIVIER (54-NANCY) pour ses poèmes :

La prune et le gourmand, Le trou de mémoire, Exit

 

Prix de la ville de Longwy

 

Mr Georges WEYMESKIRCH (54-MALLEROY)  pour ses poèmes :

La couleur des mots, Provence, Noël

 

Prix du Crédit Mutuel

 

Mr Jean HAVEL (57-DIFFENBACH-LES-HELLIMER) pour ses poèmes :

Ces larmes que l’on cache, Les vers à tort à travers, Tout en faisant mine de rien

                30ème Concours International de Littérature du Centre d’Art Lorrain

 

Palmarès (suite…)

 

 

 

Prix spécial du Jury

 

      Mme Monique LACROIX-TERRIER (92-NEUILLY-SUR-SEINE)

      pour son recueil : Je vous écris encore

 

 

 

Diplômes d’Honneur du Centre d’Art Lorrain

 

Mme  Rose-Andrée ARBER (88-EPINAL) pour son conte : Tourments j’endure

 

Mr Alain BONTEMPS (54-CONFLANS-EN-JARNISY) pour ses poèmes :

Un petit coin d’eau, A regarder, Soleil

 

Mme Noëlle LAURENT  (88-EPINAL) pour ses poèmes : Louise, La belle cordière

 

Mme Nicole LAPORTE (54-VILLERS-LES-NANCY) pour ses poèmes : Minouche,

Le banc, Jour de Toussaint

 

Mme Viviane MONTAGNON (54-NANCY) pour ses poèmes : En tête-à-tête, Corps à corps, Etre hérisson à plein temps

 

Mr Serge RADOCHEVITCH (54-TRIEUX) pour sa nouvelle : Safari banlieue    

L’étoile, le vieil homme et l’enfant !

En un camaïeu d’ors, automnale parure,
La forêt flamboyait et, fiers de cette aura,
Les sapins arboraient leur pérenne verdure.

Main dans la main, ils cheminaient, de-ci, de-là ;
Le vieil homme et l’enfant, heureuse connivence.
« Il leur manque une étoile, à tous ces grands sapins ! »
Dit l’enfant, facétieux, ajoutant : « moi, je pense,
Que ce serait Noël aussi pour les lapins ».

Tendrement, le vieil homme, étreignit dans la sienne,
La main du garçonnet. Ah ! L’Etoile et Noël !
Il voulait expliquer, mais qu’à cela ne tienne,
Il ne pourrait tout dire, alors, les yeux au ciel,
Il dit :  » Vois-tu, petit, chaque étoile est lumière,
Et, je crois, nous invite à regarder plus haut,
Plus haut que les sapins, et leur allure fière.
Sais-tu que bien souvent elle orne les drapeaux ?
L’étoile des marins est guide et messagère,
Celle de Bethléem annonçait l’Enfant Dieu
Et, dans le ciel du soir, l’étincelle première
Annonce, de la nuit, le chant mystérieux ! ».

Le soir, déjà, couvrait la forêt de son voile.
Serrant alors très fort la main de son aïeul,
L’enfant lui dit : « Papi, seras-tu mon étoile,
Pour que, sur mon chemin, je ne sois jamais seul ? »

Une larme, soudain, s’attarda sur la joue
Du vieil homme … : « Eh ! voilà qu’arrive la fraîcheur,
Rentrons, car il fera bientôt nuit et j’avoue … »
Mais …les mots sont bien vains pour dire le bonheur.

En écho lumineux aux couleurs du couchant,
Mille étoiles brillaient dans les yeux de l’enfant !

Cataracte

Le ciel vide des trombes d’eau 

L’été tangue à l’amarrage 

Les orages arrivent au galop 

Noyant de larmes le paysage 

 

Sur la tôle, les gouttes crépitent 

Dans un assourdissant vacarme 

Le jardin noyé se délite 

Perdant ses couleurs et son charme 

 

Le ciel d’été fait le gros dos 

Gonflé de ses nuages noirs 

Comme s’il chialait de désespoir 

En seul artisan du chaos 

 

De la fenêtre je regarde 

En pleurant, tomber le déluge 

Telle une rescapée, hagarde 

Des yeux, j’étreins tout mon refuge 

 

Dans les rues changées en torrents 

La vie s’en va à la dérive 

Sous la pluie qui bat et le vent 

A l’abri, je me sens captive 

 

Les orages arrivent au galop 

Sur des montures électriques 

Le ciel vide des trombes d’eau 

C’est un jour apocalyptique 

 

Ô cieux qui naguère fûtes radieux 

Aujourd’hui, en flots de sanglots 

Vous êtes bas, vous êtes hideux 

Et l’enfant nage dans son berceau. 

Etoile filante

(Refrain)
Par trop véloce étincelante
Une amour étoile filante
Est venu’ traverser les cieux
De mes horizons silencieux.

Belle ténébreuse insolente
Pendant quelques heures troublantes
Pendant quelques instants précieux
Je me suis perdu dans ses yeux
De ses tendres lèvres brulantes
De ses caresses affolantes
Et de son joli corps gracieux
J’ai gardé le goût délicieux.

(Au refrain)

Mais à l’aurore scintillante
Elle est reparti’ nonchalante
Vers d’autres rêves d’autres cieux
D’autre amours d’autres messieurs.
Elle m’a quitté la galante
Me laissant l’âme chancelante
Après un sourire un adieu
Viennent les regrets insidieux.

(Au refrain)

Je l’aurais voulu’ tressaillante
Souvent près de moi chatoyante
Moi qui serais déjà trop vieux
Je reste triste et bien envieux
Envieux de ses lèvres brûlantes
De ses caresses affolantes
Et de son joli corps gracieux
Dont je garde un goût délicieux.

(Au refrain)

pour écouter Etoile Filante cliquez ci-dessous

http://boaretto.unblog.fr/2010/11/13/etoile-filante/

Paroles  du coyote solitaire
Claudio Boaretto
Musique de Fred Garcia

(Merci pour vos avis, critiques ou conseils)

3/ L’alternance des rimes féminines et masculines

Règle élémentaire mais d’une importance capitale pour l’harmonie d’un texte rimé….
Qu’elles soient suivies, croisées, embrassées ou sous une forme fixe, Il faut toujours alterner les rimes masculines avec les rimes féminines….

Rappelons ce que sont les rimes féminines ou masculines :
rien à voir avec le genre féminin ou masculin du mot rimé,
une rime féminine est une rime qui termine par un e muet,
exemple : « rôle » « drôle » « incendie » « caddie »
une rime masculine est une rime qui ne termine pas par un e muet,
exemple : « virginité » « virilité » « rumeur » « humeur » 

Donc  en rimes croisées, une rime masculine doit toujours être suivie par une rime féminine et vice versa….

En rimes plates ou suivies c’est idem mais par paire de rimes, deux rimes féminines seront suivies de deux rimes masculines et vice et versa.

En rimes embrassées c’est presque pareil et voici un exemple d’alternance sur des rimes embrassées :

Horloge! Dieu sinistre, effrayant, impassible,                                   féminine
Dont le doigt nous menace et nous dit: « Souviens-toi!                     masculine
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi                        masculine
Se planteront bientôt comme dans une cible;                                  féminine

Le Plaisir vaporeux fuira vers l’horizon                                            masculine
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse;                                   féminine
Chaque instant te dévore un morceau du délice                  féminine
A chaque homme accordé pour toute sa saison                  masculine
(
Charles Baudelaire)

Quand un ordre d’alternance est défini, cet ordre doit être gardé du début à la fin du poème ou/et  à chaque strophe….

En revanche, dans la versification classique, il est généralement interdit de faire rimer une rime masculine avec une rime féminine,
« clerc » ne rime pas avec « claire »
« chair » ne rime pas avec « chère »

                                                                       (Claudio Boaretto)

Rencontre du troisième type

Je rentrai hier soir à 19 heures, à la barre de mon fidèle 4×4, vers mon humble demeure campagnarde…. Ayant quitté le bitume à Dieue-sur-Meuse, je traversai la plaine surplombant cette grosse bourgade, chef-lieu de canton, avant d’entrer dans le bois, raccourci par la côte de la « Voie des Loups », 370 mètres d’altitude, me faisant économiser pas moins de 5 kilomètres de macadam pour rejoindre Rupt-en-Woëvre, ce village où je réside, sis au cœur de la forêt  au pied des Côtes de Meuse….

Je m’arrêtai à l’orée du bois, profitant des derniers mètres de jouissance du réseau de téléphonie mobile, pour appeler, comme à l’habitude, ma Pénélope de compagne restée à Verdun, avant de m’enfoncer au cœur de la Sibérie Meusienne où toute communication par cellulaire s’avère impossible….

Tandis que je conversai, mes phares éclairant le chemin rural s’enfonçant dans le bois, je distinguai tout au loin, tout au loin, dans le faible halo résiduel de lumière, comme une ombre grise mouvante….

Comme une ombre grise mouvante se dirigeant lentement vers moi et se déplaçant sur le chemin blanc, allant de gauche à droite, de droite à gauche…. L’ombre se rapproche, se rapproche…. Je distingue enfin  « l’Être » qui s’avance….

Mais non, ce n’est pas un extra terrestre !….C’est bien plus rare et bien plus beau…. Un gros cochon !…. Un énorme bête noire !…. Un sanglier solitaire, à la démarche tranquille, le groin fouillant le sol venant droit sur moi….

Il s’approche encore…. toujours le groin au sol, il ne regarde pas devant lui…. J’ai le vent debout, il ne peut pas me sentir mais il pourrait au moins entendre le moteur de ma voiture….Bon, ils sont tellement habitués au bruit des tracteurs…. Il est à 50 mètres…. 40 mètres…. il dandine de la tête… 30 mètres…. 20 mètres…. Bon dieu, mais il va rentrer dans l’auto !…. 10 mètres !!!….

Enfin, il lève la tête et s’arrête net !…. Étonné, surpris, il vient de découvrir la voiture, il a les pleins phares en pleine gueule….

Il me regarde, il a les écoutes bien dressées dirigées ver moi…. j’entr’aperçois l’éclat de l’ivoire blanc de ses impressionnantes défenses…. Il est en pleine lumière…. Il est magnifique !….

Je suis toujours au téléphone et je relate la rencontre en temps réel à Évelyne, mon amie, qui n’en croit pas ses oreilles….

Cela dure au moins trente secondes…. Je suis hilare…. Il se demande ce que je fiche là…. Et moi non plus….

Soudain, crochet à 45 ° sur la gauche, sans se presser, il disparaît dans le bois pour suivre la lisière à couvert….

Adieu Solitaire….

Le fleuve

Je me suis allongée sur les bords où parmi l’herbe roussie fleurissent
les mauves, le trèfle et le sainfoin. Bercée par la chanson de l’onde
qui se sauve vers le pont de granit, j’entends plus loin le murmure de
ton eau.
Je goûte ta douceur, ton calme reposant, fleuve fécond aux ondes
translucides.
J’écoute la voix au son caressant qui sort de son courant par ta course
rapide.
Tu es majestueux, fier de ta force sûre : insensible, tu vas, emportant
les chalands qui descendent ton cours dont ils souillent l’eau pure,
semblables aux joujoux que ferait un enfant.
Les siècles s’écoulant comme les destinées n’ont pas d’effet sur toi,
qui te moques du temps, immuable flot arrose les cités qu’il traversait
déjà il y a si longtemps.
Tu restes toujours, ô fleuve symbolique, chaque saison qui vient ranime
son essor, apportant avec elle un charme poétique, l’hiver son manteau
blanc et en été sa toison d’or.
Qu’il est doux au printemps, quand se lève l’aurore, quand l’astre du
matin déjà resplendissant efface les brouillards que tu traînes encore,
souvenirs de la nuit qui vont en s’estompant, d’assister au réveil de
tes rives perlées par la rosée en cette première heure. Vision encore
endormie que seul anime le passage rapide d’un martin-pêcheur.
Par les soirs d’été, quelle mélancolie dégagent tes abords baignés par
le couchant qui fuit vers l’horizon de la terre assoupie, plongeant dans
l’eau diaprée son disque rougeoyant.
Des myriades d’insectes aux élytres dorés, papillons de la nuit,
lucioles minuscules qui vivent de ta vie, par les beaux soirs d’été
entonnent leur concert quand vient le crépuscule.
Je reste éblouie devant tant de beauté, de mon coeur la foi monte vers
Dieu et la poétesse solitaire que je suis regarde les cieux argentés où
la première étoile brille au dessus de ma tête.
J’écoute monter, haut vers le firmament leur chant d’adoration dans le
jour qui s’achève et la nuit ouatée qui descend lentement, me retrouve
encore là, qui t’écoute et qui rêve. 

Si près de la nuit

Dans le parc les arbres frissonnent,
Le pin courbé pleure des stalactites
Sur la lune rousse qui s’abandonne…

Dans la cheminée, les flammes crépitent…

En prélude à une harmonieuse soirée,
Mezzo voce,
Un concerto de piano,
Egrène, lento,
Ses notes mélodieuses.
Les sonorités chaudes et caressantes
Rendent l’atmosphère troublante.

L’immense miroir reflète
La danse endiablée du feu…

Autre pas de deux :
Tendrement enlacés,
L’un contre l’autre serrés,
Deux corps vibrent comme corde d’archet.
Une petite voix implore :
« Berce-moi, berce-moi encore
Longuement dans tes bras,
Comme si c’était la dernière fois.
Je veux garder l’empreinte de tes doigts
Et m’endormir au creux de toi,
Ne plus avoir ni peur ni froid ! »

Les bras tendus vers le ciel
En une plainte éternelle,
Les vieux charmes
Rendent les armes
Et lancent une ultime prière…

Les yeux des amants
Se font suppliants
Et, tandis que la nuit s’effiloche,
Deux cœurs s’accrochent…
S’accrochent…

( ce poème a obtenu le premier prix en poésie libre au Grand Prix 2010 de la société ARTS-SCIENCES-LETTRES     de PARIS) 

Adieu

Un voile de tristesse habille mes paupières,
Pare de mol ennui les choses familières…
Je suis là, toute seule, avec ton souvenir,
Tandis que le destin te regarde partir.
C’est bien fini ! Pour la dernière fois ton charme
A fait battre mon cœur et couler une larme !
Ton adieu était froid, mon amour était mort,
Mais pour sourire un peu j’ai dû faire un effort.
Tout l’autrefois, vois-tu, revit dans mes pensées
Et me revient le goût de nos folies passées.
Nous nous aimions, je crois… en sommes-nous certains ?
Adieu, toi qui t’en vas ! Adieu ! Mon doux mirage !
Du désespoir, ne laissons pas venir l’orage…
Du bout des doigts, veux-tu, envoyons un baiser
A l’espace infini qui doit nous séparer. 

Simone Ponsot (alias Claude Roland), la belle-maman de Pierre Vincent 

Que Dieu la garde ! (poème quiz)

Ô Dieu, garde-la donc de tout ce qui abîme,
            puisqu’il paraît que tu protèges notre ville…
et mets la honte au front de ceux qui pantomiment
            attisant sans cesse les haines imbéciles. 

                        Ô Dieu, garde-la donc de ces slogans débiles
                                   que rabâchent hardiment quelques tristes fripouilles…
                        de ce poison sournois qui lentement s’instille,
                                   ma ville il est grand temps que l’on te débarbouille ! 

Ô Dieu, garde-la donc des folles arrogances
            de ceux qui ne pensent jamais qu’à s’étriper…
à ces fauteurs de guerre je hurle ma défiance
            car trop souvent ma ville, jadis, fut rescapée. 

                        Ô Dieu, garde-la donc de toute intolérance ;
                                   notre ville, pour grandir, a besoin de respect…
                        que le jour vienne où, riches de nos différences
                                   et loin des anathèmes, nous saurons vivre en paix ! 

(De quelle localité s’agit-il ? Le nom du poète ne sera dévoilé qu’une fois la réponse exacte donnée afin de ne pas favoriser ceux qui le connaissent)

« Clochette », Fleur de Muguet

Petite fleur, je suis. Arborant mes clochettes,
Je renais chaque mai, présage de bonheur,
Blanche comme le lys noble et royale fleur,
Je ne suis que Muguet, c’est elle la vedette ! 

On m’appelle parfois, pourtant, « lys des vallées« ,
Mais le sous-bois me plaît, j’y trouve le secret
Qui sied à la blancheur, insigne qualité,
Qui, par dame nature, un jour, me fut donnée. 

L’humus de la futaie m’est agapes secrètes,
Et l’automne me vêt d’un riche camaïeu
De feuilles pourpre et or, tel un cadeau des dieux
Protégeant de l’hiver ma retraite quiète. 

 J’entends comme en un songe, alors, le bruissement
Du vent, le chant des fées, le cri de la hulotte.
Mais quand vient le printemps, c’est l’amour qui chuchote,
Au détour d’un bosquet, quelque discret serment. 

Lors, phénix des sous-bois, je redeviens clochette,
On me cueille, on m’assemble en sylvestres bouquets,
Je redis le bonheur, agréable souhait,
Mais ne fais que passer, comme prompte comète.

Si, trop tôt, ma fraîcheur vous apparaît fanée,
N’en soyez affectés, regardez vers les cieux,
Vous m’y verrez briller, petit point lumineux,
Au céleste jardin que l’on dit : Voie lactée !

De Senelle à La Chiers

Dirais-je ma douleur en ce printemps d’hiver ?
Battez tocsins ! Hurlez sirènes !
Tes feux sont morts, pauvre Lorraine !
Dirais-je ma douleur, de Senelle à
La Chiers ? 

Ainsi l’âme du fer qui bouillait dans tes veines
Pleure chez-nous ses serviteurs ;
Et c’est sans haine en son malheur
Qu’elle s’en va, bannie, aux rives souterraines. 

Adieu Longwy, adieu chaudes vierges d’Ebène,
Gardiennes des derniers labeurs
Où le geste a les mots du cœur !
L’avenir en ton nom garde
la Souveraine ! 

Dirais-je mes espoirs au milieu du désert ?
Tout est vivant, verte Lorraine !
L’homme debout fondra les chaînes
En reparlant d’Amour, de Senelle à
La Chiers ! 

« Les feux d’Eden » 

Texte écrit lors des grandes grèves qui ont suivi l’annonce du plan acier 

Les anges

Les anges ne lèvent jamais les yeux au ciel,
ils posent un regard bienveillant sur les vivants
et sages voudraient nous voir assagis,
sages comme des images.
Ils ont la candeur attendrie pour attendrir,
rendre la vie plus amour.
Quand ils nous laissent c’est aux anges,
quand ils nous gardent c’est pour le plus sûr destin.
Les anges ne lèvent jamais les yeux au ciel,
ils ont trop à demander au bon Dieu,
droit dans les yeux.

Conversation

Vous ne conceviez pas un Dieu qui nous gouverne
Une entité sublime au Vouloir tout puissant.
Au seuil de l’univers il n’est rien qu’un Absent
Disiez-vous ! inspiré par le penser moderne. 

Et puis ! s’ il existait ( et cela me consterne )
Croyez-vous qu’envers l’homme un si pauvre passant
Il garde un sentiment qui soit compatissant ?
C’est pour l’Indifférent qu’alors on se prosterne ! 

Vous me parliez d’un monde érigé par hasard
Où ne règne jamais qu’un temporel César
Que son orgueil oppose à l’humaine détresse. 

Mais je vis s’allumer dans un éclat très doux
Votre regard si clair tout baigné de tendresse
Quand je vous dis : «  l’Amour, quel nom lui donnez-vous ? »
    

                                  ( extrait de «  le rire des masques ») 

J’aime !

J’aime regarder la nuit qui tombe, quand l’obscurité argentée a déchiré
les voiles, sous un ciel lourd étoilé.
Au petit matin sortant des limbes, surgit la rosée qui a déposé sur les
fleurs des perles de diamants qui brillent de leurs éclats au soleil
naissant.
J’aime voir les grands tournesols, ployant leurs grands corps frêles
sous une brise légère et semblant dire bonjour sur mon passage.
J’aime la forêt dense qui s’endort doucement au rythme du soir qui tombe
en assombrissant ses clairières.
J’aime entendre le chant mélodieux du petit rossignol furtif.
J’aime rêver la nuit sous le grand peuplier majestueux enlacé
amoureusement par une immense tige de lierre.
J’aime revenir seule jusqu’au vieux banc de pierre ou autrefois, souvent
nos pas nous y conduisaient.
Je te vois assis à mes côtés, mais ce ne sont que deux ombres, car je
suis seule aujourd’hui. Tu es parti pour toujours mon cher amour et la
nuit est là près de moi berçant mes souvenirs.

(Extrait du recueil  » vent de folie, vent de poésie » à paraitre en 2009)

Le flocon d’argent

La nuit tombait sur Décembre et les vitrines répandaient leur halo lumineux sur le trottoir où les passants se hâtaient.
Elle n’attendait plus rien, assise sur le bord des marches devant une boutique,un grand sac posé auprès d’elle.
Ses cheveux d’un gris sale, son vieux manteau élimé, et jusqu’à cette manière de se tenir voûtée, comme totalement immergée en elle même, recentrée sur sa misère… (on dit :  « précarité »…) les passants se faisaient plus rares, c’était l’heure qu’elle redoutait le plus , l’heure  où l’on ressent plus profondément la différence…chacun se presse , pour retrouver l’intimité d’un foyer , le confort , même minimal d’un chez-soi …et la chaleur ! la chaleur qui ; elle le sait , va dans  un trop court moment  , lui faire cruellement , insidieusement défaut…
Sa vie s’est figée sur cette séquence pitoyable, et plus aucun recourt ne lui est possible pour « repasser le film à l’envers » et comme elle le voudrait tant, prendre un chemin de traverse.
Elle en est là de ses pensées lorsque la porte d’un restaurant voisin s’ouvre pour laisser passer ,dans le brouhaha des conversations un groupe de personnes ne lui prêtant pas la moindre attention ….ce qui , d’ailleurs , lui apporte un étrange sentiment de soulagement et la voit s’enfoncer un peu plus dans l’ombre ; lorsque le dernier des convives s’arrête devant elle, lui tendant une pièce de monnaie.
Interdite elle lève les yeux et, stupéfaite, a beaucoup de peine à contenir son émotion…Dans son esprit le temps défile et sa mémoire la ramène aux jours de sa jeunesse, quelques trente années plus tôt…
Alors, les jours étaient pleins de soleil ! Sa jeunesse, sa beauté lui étaient éternels tout comme l’insouciance dans laquelle baignaient ses jours. Tellement heureuse, si vive, si sure d’elle que tout lui souriait !
C’était le temps doré où elle l’admirait tant, lui, si plein de vie et de talent, débordant de joie de vivre et pressentant obscurément que le cours de sa destinée s’inscrirait en lettres d’or !
Elle suivait avec passion chaque étape de la légende qu’elle voyait s’écrire avec émerveillement,mais répugnait à se comporter en « groupie », quémandant des autographes et des photos .
Pourtant, un jour,elle s’était enhardie jusqu’à faire un geste qu’il avait aimé puisqu’un bref sourire s’était inscrit dans ses yeux à son départ…
Voila ce qu’étaient ses pensées, à la vitesse où l’on voit,  lorsque l’on joue sa vie, celle-ci défiler devant soi.
Alors, prenant la main que l’on venait de lui tendre,elle dit :
___Merci ! Vous savez, je suis un peu sorcière…laissez-moi regarder les lignes de votre main.
Amusé, il lui abandonna sa main qu’elle prit en tremblant…et sans lever des yeux pleins de larmes,elle dit d’une voix qu’elle sut rendre anodine :
___Il y a trente ans, une jeune femme vous donna un flocon d’argent. Un flocon  monté en breloque.
et elle entendit, bouleversée,cette réponse :
___Je l’ai toujours !
Perplexe,il regarda cette femme voûtée,qui n’osait croiser son regard…le temps pressait,ses amis s’étaient éloignés : il hâta le pas et disparut dans la nuit.
Elle,lentement, leva les yeux : le ciel était plein d’étoiles…et il ne ferait pas si froid cette nuit !
Voyant quelques passants arriver à quelques pas d’elle, elle prit dans son sac son portefeuille vide et, l’appliquant à son oreille , s’engagea dans une conversation animée, laissant croire qu’elle attendait avec impatience que l’on vienne la chercher.

Joëlle di SANGRO




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