Archive pour la Catégorie '*16 – le temps (des horloges)'

L’horloge de mon enfance

Dans notre maison,  dans la salle à manger

Trônait une grande horloge, façonnée finement dans du bois d’olivier.

J’adorais petite, écouter mourir les heures que donnait le tempo du balancier en cuivre.

Ding, ding, dong , elle carillonnait

L’heure des jeux, du goûter

Ding, ding, dong

Le moment du coucher, le marchand de sable va passer.

Ding, ding, dong

L’heure du réveil

Pour la maisonnée qui  sommeille.

Ma mère en âge avançait, et je regardais la grande horloge

Qui elle aussi vieillissait.

Elle devint une femme fragile et frêle

Et bizarrement, l’horloge carillonnait, carillonnait

D’un son de plus en plus grêle.

Le jour ou ma mère a rendu son dernier soupir

J’ai entendu clairement l’horloge gémir

Et le vieux balancier en cuivre

S’arrêta brutalement d’aller et venir.

J’ai conservé cette horloge en bois d’olivier

Même si elle a fini de carillonner

Elle me transporte souvent vers les souvenirs du passé.

Ma mère est montée au paradis avec  allégresse

L’horloge elle aussi est morte de vieillesse !

Le sablier du temps

Le temps qui passe

Est un sablier tenace

Qui s’écoule jour à jour,

Sans aucun espoir de retour,

Sur les folles espérances

De nos beaux chemins d’enfance.

 

Jamais rien ne le retient.

On aimerait arrêter son cours

Mais il nous file entre les mains

Et toujours il court, il court

Sans se retourner,

Comme un dératé…

 

Jour et nuit

Il s’enfuit

Et nous enfouit

Dans les ombres de l’oubli…

Il estompe nos meilleurs souvenirs

Et nous laisse avec tous ces désirs,

Suspendus, inachevés,

Qui ne donnent que regrets.

 

Mais s’il est vrai, hélas !

Que le temps fugace

Emporte notre jeunesse

A toute vitesse,

Pourquoi succomber à la tristesse ?

Bientôt viendra l’heure de la sagesse,

De la patience, de la tendresse,

De l’aptitude à profiter

De chaque instant donné

Et de tout vivre avec intensité

Pour ne rien jamais regretter..

Je crois que je t’ai aimée

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Le temps du passé simple

Le temps du passé simple
n’est pas simple pour notre mémoire
car il porte le Passé à un degré suprême
et donne au Souvenir une parole absolue
qui abolit le Temps lui-même 

La vérité du temps

Le temps n’est qu’un éclair dont la fugacité
Varie en apparence, alors qu’il est le même,
Comme le sait le vent, lui qui toujours essaime
La frondaison jaunie à la fin de l’été.

Il est inexorable et dit la vérité,
Autant vers le futur que le passé qu’il aime
Pour son enseignement si riche qu’il en sème
Parfois sur le présent, lieu de l’éternité !

Le peintre et le poète en connaissent l’offrande
Lorsqu’ils sont inspirés sans la moindre commande
En voyant naître une œuvre à l’aune de leur main…

Car ils ont découvert que c’est l’instant qui compte
Plus que le souvenir ou que le lendemain
Ne servant qu’à puiser au bonheur un acompte…

Le cri du temps

Dans le cri du temps 

il y a à la seconde près : 

la douleur du grain de sable 

dans la mécanique de la vieille horloge, 

il y  a en ses entrailles la mort qui dit non, 

la trotteuse muette, 

le temps qui passe sans plus aucune mesure, 

se désincarne et devient l’âme de l’air du temps. 

Dans le cri du temps, 

il y a le silence de l’objet inerte : 

sentinelle appendue au mur 

de ceux qui n’ont plus d’heure. 

Oracles

Et qui peut me prédire maintenant ?
Savoir ce que déroulent les instants ?
Ce temps, chaque seconde qui défile ?
Sans retour, à jamais s’enfuit et file,

On ne sait où… ce réel impalpable,
Ailleurs ou nulle part, ferme la boucle
De départ ou bien s’en va pour toujours
S’évapore, disparaît sans détours.

Il nous passe à côté sans regarder
A chaque instant, inéluctable idée
Nous ignore, se succède à lui-même
Pour « ensouvenirer » nos vies blêmes.

Juste sentir sa main nous effleurer.
Tant de soupirs qu’on ne peut arrêter
Il est loin déjà au moment présent
Qui dégage et diffère constamment.

Pas de suspension, juste un mouvement
Qui monte ou bien descend au gré du temps
Lui se taille, le destin nous attend
Et nous laisse immobiles, c’est troublant.

Nous agissons, bougeons puis arrêtons,
Evoluons, créons, lisons, dormons,
Baillons, mangeons, respirons et pensons
Chantons, câlinons, aimons, détestons.

Entre-temps…

Tic-Tac, Tic-Tac, Tic-Tac….ad lib ! 

Tourments

Machine à mesurer le temps, 

Dévoile comment il sera. 

Aujourd’hui, demain, tendrement 

Contre les tourments s’en ira. 

 

Les secondes y font la ronde, 

Dans un monde et soudainement, 

Naufrages dans un grondement, 

Elles s’éclairent dans une onde. 

 

Une heure un été puis un an 

Ce mystère couleur lilas, 

L’esprit fuyant n’a qu’un élan, 

L’apaisement ou le trépas. 

 

Aucune montre en notre monde 

N’effacera les sentiments, 

Dommage de passer ce temps 

Qui s’écoule en pâles secondes. 

 

Le mirage à venir sera 

Les mots bleus de ce vert torrent, 

D’espoir enfui dissimulant 

Le secret qui ne vieillira 

 

Mots en songes évanescents  

Ces tempêtes qu’on ne dit pas, 

De la vie innocents serments.   

Quatre saisons

Quatre saisons 

Divisant le temps de nos existences 

Régulier comme un damier magique 

Solstice équinoxe solstice équinoxe 

 

Quatre Saisons 

Aux rythmes différents 

Nuit Aurore Zénith Crépuscule 

Comme la roue sans fin 

 

Qui tourne nos destins 

Quatre Saisons 

Conjuguant nos devenirs 

A tous les temps de l’être 

 

Quatre Saisons Quatre équilibres 

Ajustés en un carré parfait 

Sertis dans un cercle éternel 

Aimer Souffrir Vouloir Subir 

 

Quatre Saisons 

Aux couleurs de l’arc-en-ciel 

Tapissant nos émotions 

Sur le cadran du désir 

 

Quatre Saisons 

Blanc Vert Bleu Cuivre 

Et leurs désirs complémentaires 

Sur la palette de nos vies 

 

Quatre Saisons 

Comme autant de points cardinaux 

Naître Vivre Vieillir Mourir 

Balises sans repères  boussoles impitoyables 

 

Les montres molles

Pour illustrer le thème du mois d’octobre consacré au temps qui passe, voici une toile de Salvador Dali intitulée « Persistance de la mémoire », plus connue sous l’appellation « Les montres molles ».
Cette huile sur toile de 24×33 cm a été conçue en 1931.
rellotgestousdalipersistenciadelamemorialaclau.jpg




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