Archive pour la Catégorie '*15 – la prière'

Eternelle renaissance

O sublime nature ! O divine immanence ! 

Tu es temple et déesse en l’esprit converti, 

Par toi j’aspire à Dieu, je touche l’infini, 

Du véritable amour je bois la quintessence. 

 

Atteignant le sommet des grandeurs oubliées, 

De l’humaine mesure il ne reste plus rien ; 

Le ciel est dans la mer et mes yeux dans les tiens, 

Aux confins éternels de nos âmes scellées. 

 

Combien de temps encor durera cette étreinte 

Avant que de nos chairs il ne reste un lambeau ? 

Aimons-nous jours et nuit jusqu’au bord de tombeau 

Car de l’homme en folie j’entends le glas qui teinte ! 

 

Ainsi Dieu a voulu ce suprême holocauste : 

De tous les beaux amants que la terre ait portés, 

Mon bel amour ! Nous sommes les plus déchirés 

Et dans un dernier cri, nous expirons leurs fautes. 

 

Par le sang, par la mort, par la douleur encor, 

La sagesse et l’amour sont des fleurs de souffrances : 

Le grain de blé pourrit avant qu’il ne s’élance, 

Promettant le retour des fruits de Thermidor. 

Jean-Pierre RECOUVREUR (Grand Prix des Poètes Lorrains 1979) 

Lettre au Père Noël

L’enfant s’agenouilla dans le noir de sa chambre
Pour prier en secret sans lumière et sans bruit,
Rabaissant sur ses pieds la chemise de nuit
Propre de ce matin, premier jour de décembre.

« Petit Père Noël, je ne veux en cadeau
Ni robe ni jouet, pas même une poupée ;
Je n’ai qu’un seul désir : ne plus être frappée.  »
Se levant, la petite écarta le rideau…

La neige étincelait sous un rayon de lune,
Le givre sur les fils, dentelle de cristal,
Eloignait la douleur du souvenir brutal ;
La fillette coiffa sa chevelure brune.

Au son d’un grincement sa bouche se crispa ;
Quand la porte s’ouvrit, sa figure sereine
Ne laissait rien paraître. « Ô Marie ! Ô ma reine ! »
Dit-il. Elle, en un lourd soupir : « Bonsoir papa. »

Clameurs universelles

Car on me disait nègre, au siècle des Lumières 

Je vivais enchaîné ; mais en Lunévillois 

Un héraut de justice osa dresser sa voix 

Qui précédait Hugo et prolongeait Voltaire. 

 

 

Puis, pour mon ami juif, ce révolutionnaire 

En soutane avança qu’ en raison de sa foi 

Il ne saurait admettre ou tolérer de loi 

Qui créait un sous-homme et fondait la misère. 

 

 

Quand rugit près de nous la chaîne des clameurs 

Forgée par le mépris, les tyrans dans l’ horreur 

Tuent, dénigrant ma peau, raillant ta religion. 

 

 

Sans fin il nous faudra, pour racheter l’ Histoire, 

Des esprits clairvoyants qui sont, avec passion, 

A votre image universelle, Abbé Grégoire. 

Prière gastronomique

La prière est un œuf pondu par le cerveau
Dont le jaune est un rêve en fœtus qui babille
De joie à son idée alors que sa coquille
Epaisse de l’ego la cloître en son caveau.

Mais si celle-ci casse en changeant de niveau,
Par exemple où l’esprit d’un Chef étoilé brille,
Il se peut que s’engendre auprès de la papille
Une belle palette autrement que de veau…

Et surtout si plusieurs en ont fait la collecte
En restant éloignés de l’ombre d’une secte,
Il devient très courant que s’exaucent leurs vœux !

Car le Ciel a toujours une écoute attentive,
Tel un grand cuisinier cassant toujours ses œufs
Pour faire en sa cuisine une omelette hâtive…

Chère Else

aucune heure  

ne s’allumera  

après la lueur  

de ma bougie… 

 

Mais toi, mon amie,  

touche ma main  

dans la nuit  

et continue d’écrire. 

 

Ainsi soit l’heure 

du petit matin: 

qu’un nom respire  

pour chaque bougie… 

 

Ce poème a été écrit en mémoire de Selma Meerbaum-Eisinger, décédée le 16.12.1942 à Michaïlkovka dans un camp de travail de Transnistrie (Ukraine), à l’âge de 18 ans

Notre Terre

Notre terre, qui es si bleue
Que ton air soit purifié
Que ton éclat revienne
Que ta splendeur se respecte
Sur le sol comme au ciel
Donne-nous aujourd’hui la lumière du jour,
Pardonne-nous nos pillages
Comme nous regrettons aussi de t’avoir autant dévastée
Et ne nous soumets pas à la destruction
Mais reste notre maison
Amène.

Pour une terre fraternelle

(En hommage à l’Abbé Grégoire) 

  

  

Offrons-nous, aux enfants, la paix des nations ? 

A quelle vie ainsi nous les initions 

    Dans ce monde en alarme ? 

Au cœur de tous les temps l’Homme parfois se perd, 

Nourri d’un culte extrême, épris du feu qui l’arme 

    Pour tuer en expert. 

  

Qu’une race envers l’autre impose l’esclavage, 

Son acte vil nous montre une horde sauvage 

    Acquise au lucre obscur. 

La misère endémique exige qu’on offense 

Par un labeur cruel, gage d’un noir futur, 

    Les jeunes sans défense. 

  

La haine encor détruit nos rêves salvateurs, 

Transformant des humains en horribles vecteurs, 

    Vêtus d’ignominie. 

Le combat pour l’Amour se construit constamment. 

Vivre en toute amitié dans la joie infinie 

    Reste mon seul serment. 

  

Approuvant tes écrits, ton esprit nous éclaire 

Sur les valeurs à suivre en un pacte exemplaire,  

    Parchemin granité. 

Aussi, portons bien haut, tels bénis du Saint Chrême, 

Au fronton de nos cœurs le mot – FRATERNITE -, 

    Comme enseigne suprême !   

 




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