Archive pour la Catégorie '*10 – l’émerveillement'

Raisonnable émerveillement

(La contribution de Pascal au thème d’avril, envoyée le 6 mars dernier, avait dû se perdre dans les mailles de la toile…)

Le regard du bambin, ébahi de plus belle
Par celui de son père osant s’y refléter
Bien plus que nécessaire afin de l’exhorter
A grandir, en devient, dès ce temps-là, rebelle.

En effet, sans savoir qu’il jette à la poubelle
Ce que l’enfant voulait attraper et goûter,
Il génère un frustré prêt à se révolter
Lorsqu’il aura cloué son âme en ribambelle…

Le pauvre ayant troqué son émerveillement
Avec le paternel et froid raisonnement,
Connaîtra le divorce avant le mariage !

Nul ne doit oublier d’ouvrir donc grands ses yeux
Pour surtout éviter d’y tresser un grillage
Semblable à la Burqa fermant tout jusqu’aux Cieux !

C’est le printemps

Filent, filent les hirondelles 

Dans le ciel, couleur océan 

C’est le printemps, il fait soleil 

Qu’il est doux ce petit vin blanc ! 

 

Corolles vives et jupes s’ouvrent 

Fleurs et filles en beauté 

Dans la lumière l’on retrouve 

De l’allégresse enfin la clé 

 

Forsythias et prunus explosent 

De couleurs, au fond des jardins 

Dans l’herbe reverdie se pose 

Un blanc papillon de satin 

 

Je te regarde sculpter ton bois 

A l’ombre d’un arbre chantant 

Puis à la même cruche on boit 

En riant, le petit vin blanc 

 

Tiens, voici que quatre heures sonnent 

L’on entend au loin des enfants 

Près de nous, un bourdon bourdonne 

Les mésanges pépient gaiement 

 

C’est le printemps, il fait soleil 

Il flotte des nuages blancs 

C’est le printemps qui émerveille 

Et nous prend amoureusement. 

C’est clair

Ellipse de lumière à l’horizon faiblit
Mille feux tout de roses incendient le bleu nuit
Et l’éclair de la lune égratigne haut la voûte
Rutilants les éclats du couchant d’or m’envoûtent.
Validés par la buse immobile en son champ
Elle fixe aux anges le soleil qui descend
Ilot de lumière qui s’attarde et se pose
Les arbres ruisselants d’étoiles s’interposent.
Le géant hypnotique au loin fait doux visage
Et persiste le bleu profond tel un présage
Mes yeux sont attirés comme par un aimant
Et contemplent le beau de si riches moments.
Nature nul autre n’offre scène si belle
Touchée à chaque jour d’une perfection telle.

En compagnie

Je suis perdue dans mes soucis 

Alors la Poésie 

dont les cheveux sont dénoués sur les épaules 

comme un grand châle 

 

me dit 

Viens Je t’emmène 

Sa paume contre la mienne 

nous traversons la Ville 

 

Et quand nous avons dépassé 

la boulangerie la mairie 

les jardins clos 

des dernières maisons 

 

un rayon d’or bleu 

s’allume 

au bord 

de mes yeux 

 

Ce grain de terre 

cette goutte de nuage 

cette aile balbutiante 

dans le feuillage 

 

l’eau constellée 

de cailloux 

les bracelets 

de la brise 

 

Je m’étonne 

de Rien-et-de-Tout 

Je te l’avais bien dit 

chantonne mon amie 

 

Nous nous promenons tard 

Soudain sonne 

l’heure brune 

du carillon 

 

Il faut rentrer à la Ville 

par temps de lune 

La Poésie se hâte et disparaît 

au bout de mon souffle 

 

Mais son pied sautille encore 

dans mon coeur 

et je réchauffe dans ma main 

l’étoile de sa paume 

 

Quand j’ouvre la porte du couloir 

je n’éprouve point le désir 

d’être accueillie   

par la lampe principale 

 

car une ombre claire 

enveloppe 

mes épaules 

comme un grand châle 

Le thème du mois : l’émerveillement

A la veille du 1er avril, j’ai le plaisir d’introduire le nouveau thème : l’émerveillement.




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