Archive pour la Catégorie '* VINCENT Pierre'

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L’indicible !

Petite fleur on t’a flétrie,
L’homme a osé !
Petite fille on t’a souillée,
Blessée à vie. 

Tu n’étais que bouton de rose,
Une promesse,
Il a piétiné ta jeunesse
A peine éclose. 

Tu étais une enfant, riante d’insouciance,
Tu avais du soleil, l’éclat et l’insolence,
Tu étais joie, et jeux, tu étais l’innocence
Qui donne la beauté aux années de l’enfance. 

Il a trahi ton insouciance,
Changeant ton rire en pleurs et peur.
Il a fait de ton innocence
Un jouet de vice et d’horreur. 

L’homme était là pour te chérir,
Et ses bras, pour te protéger.
Comment feras-tu pour guérir ?
Pourrais-tu un jour oublier ? 

Oublier
La blessure
Qui torture,
La souillure,
Forfaiture ! 

Oublier ? 

Petite fleur, petite fille
La vie sourira de nouveau.
Pour que la joie, en tes yeux, brille,
Un jour, un jour il fera beau ! 

Un autre homme, une autre caresse
Te feront oublier la peur.
Alors, l’obsédante détresse,
Enfin, fera place au bonheur ! 

« ORÉADE » singulière princesse (ou le bonheur d’être un papi)

Le ciel était bien bas, de gros nuages noirs,
Couleur de cafard et d’ennui,
Encombraient la vallée et, tel un déversoir,
Allaient me noyer sous leur pluie. 

Las, reverrai-je un jour les sommets enneigés
Tout éclaboussés de lumière ?
A mon insu, leur souvenir s’en est allé.
Dieu ! Que mémoire est éphémère ! 

Dans un songe, un matin, mais rêvais-je ? Qui sait ?
Le sourire, comme un cadeau,
D’Oréade, princesse ou nymphe des sommets,
M’était offert tel un joyau. 

Il est mainte lumière au ciel de mes matins,
Jalonnant une longue route.
Parfois, l’étoile luit malgré que soit éteint,
Depuis longtemps, son feu, sans doute. 

Moi, j’aime voir briller, dans le ciel de mes nuits,
Les étoiles de mes bonheurs,
Dès lors, l’ombre s’éclaire et, quand l’aurore luit,
L’espérance entre en ma demeure. 

Et, lorsqu’une princesse, une nymphe, une étoile
S’attarde sur mon chemin
Et requiert mon appui pour parfaire sa toile,
Je sais qu’il fera beau demain ! 

Main douce et… verte !

J’ai crié à tous les échos,
Combien était douce sa main,
Je l’ai chanté en crescendo,
Je recommencerai demain !

Douce, vivante et caressante,
Comme un baume, elle sait guérir
Cet ennui qui parfois me hante,
Sa main se fait tendre à ravir.

Mais, dès lors que l’hiver s’enfuit,
Que le soleil enfin revient,
Dame nature la séduit
Et bien malin qui la retient.

Il faut la voir en son jardin,
Le geste sûr, la main experte,
Ardente rose et gai lupin
Lui sourient, elle a la main verte.

Ses doigts sont un autre printemps,
Ils sont le soleil et la pluie.
Entre ses mains, en peu de temps,
Un caillou germerait. Mais oui !

Les soins qu’elle porte à ses fleurs
Rendraient jaloux plus d’un amant.
Si elle y trouve son bonheur,
C’est comme la rose : important ! 

Et lorsque la saison finit,
Ses mains, pour moi, se font poème.
Son regard, comme soleil, luit
Et sur sa lèvre, on lit : je t’aime ! 

Chemin d’espoir – 4. Lendemains qui chantent

Il y eut un avant. Puis, cette main crispée,
D’où un sable léger s’échappait, grain à grain.
L’avenir se troublait, aurai-je un lendemain ?
De la vie, poursuivrai-je, avec toi, l’épopée ? 

Il y eut un avant … il y a un après !
Une page est tournée, chaque jour est surprise
Et chaque aube nouvelle est une gourmandise
Reçue comme un cadeau, le cadeau de l’après. 

Dehors, le rouge-queue transporte les brindilles
Dont il fera son nid et le chardonneret
Lance son chant d’amour, tout en haut du cyprès,
Un serin, dans le bois, lui répond de ses trilles. 

Le ciel devient plus bleu et plus blonds sont les blés.
La pluie ? C’est l’arc en ciel. La grisaille est promesse
D’un soleil à venir. Et tes yeux sont caresse
Pour embellir ces jours qui nous sont accordés. 

Ma prière est « merci », juste action de grâce,
Pour ce nouveau soleil montant à l’horizon,
Pour ces enfants rieurs jouant sur le gazon,
Pour l’espoir retrouvé. Pour ton bras qui m’enlace. 

Et peut-être verrai-je, un jour, Dieu me l’octroie !
De mes petits-enfants le premier enfançon,
Lors, j’irai butiner, dans ses yeux, sans façon,
L’amour et le bonheur, l’innocence et la joie !     

L’avenir nous attend,
Retrouvons l’agora
Et vivons notre temps,
La faucheuse attendra. 

Chemin d’espoir – 3. La Faux et le Bistouri

Elle était embusquée, présence délétère,
Dans quelque ombre discrète, au détour du chemin,
La Camarde attendait de célébrer enfin
Son pacte avec Hadès, alliance mortifère.

Son voile noir masquait l’horizon de mes jours,
La lame de sa faux, implacable accessoire,
Brillait de mille feux, tableau prémonitoire,
Sinistre et oppressant, comme un vol de vautours.

La Faucheuse arborait une arme redoutable.
L’homme, de blanc vêtu, releva le défi.
N’ayant pour l’affronter qu’un humble bistouri,
Il lui ravit sa proie. Morale indubitable :

« On devrait se méfier de plus petit que soi ! »

Chemin d’espoir – 2. Le moral et la muse

C’est tout au fond de mes chaussettes,
Triste soir de doute abyssal,
Que j’ai aperçu mon moral
Bien à l’abri dans sa cachette.

« Que fais-tu dans cette oubliette ? »
Lui demandai-je, — « A
ssurément,
Tu devrais remonter céans
Et t’installer dans ma casquette ! » 

C’était plus qu’un conseil d’ami,
Je voulais ouvrir une brèche,
Décocher un trait, une flèche,
En fait, relever un défi.

Alors, j’exhortais mon moral :
« Fais fi de la mélancolie,
chasse la peur, je t’en supplie,
Et retrouve ton idéal » 

« Renais alors à l’espérance.
Pour aller puiser dans ses yeux
La poésie, le merveilleux
Et  vivre à nouveau la romance. » 

« Il est dans les yeux de ma muse
L’éclat que le soleil laissa
Lorsqu’un matin il s’y mira,
Tu n’as donc plus aucune excuse … ! » 

Adonc, je l’entendis me dire :
« Arrête de moral…iser !
J’ai compris, je vais muse…arder … ! »
Musarder ? Quel pince-sans-rire !

Lors, j’ai repris plume et papier,
Pour écrire.

Chemin d’espoir – 1. Vers demain

Quand trop sombre est ma nuit, l’espoir devient chimère
Et le doute m’étreint. Faiblesse passagère ?
Il me faut être fort pour atteindre demain,
J’ai toujours peur du noir … viens me tenir la main ! 

Mais, quand l’aube paraît, et que revient le jour,
Un flamboiement jaillit, je renais troubadour. 

Je voudrais être oiseau pour tutoyer le ciel,
Iriser mes journées, en faire un « arc-en-ciel ».
De la rose apprécier la subtile fragrance
Et d’un rire d’enfant habiller l’espérance. 

Mais, je voudrais surtout me battre sans relâche.
Au cœur de tout combat, la guerre, que je sache
N’est gagnée, ni perdue. Sa fin aléatoire
Me permet d’espérer une juste victoire. 

Lors, je m’en vais traquer l’abominable bête,
Jusqu’au dernier recoin de son antre secrète
Et lorsque arrivera son heure d’agonie,
Je verrai se lever une heureuse embellie !

Et, au creux de ma main,
Je garderai la tienne
Pour aller vers demain,
Tous deux, quoique il advienne !

Les bruits du temps

Tic tac… Un vieux réveil rythme le temps heureux
Des années d’insouciance.
Gais souvenirs d’enfance,
Quand chaque jour n’était qu’un peu de temps, si peu !

Mais trop vite viendra la cloche autoritaire,
C’est le temps des leçons,
Les années de pension.
Quand l’âme adolescente est en mal de repère. 

Cloches sonnez ! Un jour viendra,
Où, de la règle mesquine,
Au lieu de sonner matines,
Vous sonnerez le glas. 

Qu’il est loin le tic tac paisible de l’enfance,
Des années sans soleil la cloche est au placard.
Un carillon chante en mon cœur, nouveau départ,  
C’est le temps des amours, la vie est en partance. 

Et déjà, les enfants emplissent la maison,
Voici le temps de la marmaille,
Dont les ris et les jeux tintent comme sonnailles
Tout paraît bien, tout est si bon,
On en oublie le temps qui passe,
Que le bonheur est éphémère,
Et un beau jour, quoique l’on fasse,
On trouve la vie bien amère ! 

*********

Mais d’un nouveau printemps naquit cette saison
Qui vit s’épanouir les fleurs d’un autre amour.
’’Ô temps suspens ton vol…’’ Que soit béni ce jour
Qui vit deux cœurs à l’unisson
Chanter la même chanson.

Et dans le sablier, inexorablement,
Grain après grain, tic, tac !
Le sable fait tic, tac !
Comme sur les rochers, la mer en son ressac
Use le temps,
La vie s’écoule avec le temps…
Tic ! Tac ! ! ! 

Eloge aux vingt ans de ma petite fille

Chaque nouvelle année, comme une aube naissante,
A l’esquisse du jour, révèle une lumière.
Rejetant dans la nuit, les doutes, les chimères …
L’Etoile, à l’horizon, surgit, éblouissante ! 

« On n’a pas tous les jours vingt ans… » dit la chanson,
Vingt ans, nouveau matin, qu’en bouquet de promesses,
La vie t’offre en cadeau. Vingt ans, fleur de jeunesse,
Quand fragrance et beauté riment à l’unisson. 

Vingt ans, aux lendemains riches de poésie,
Quand le bonheur s’invite au détour du chemin
Se moquant bien des aléas et des chagrins !
Vingt ans ! ! Joyeux anniversaire ! Ma chérie ! 

Douce souvenance

Un lointain souvenir me parle d’une enfant
Au tendre et gai minois, visage d’angelot,
Dont la voix se faisait si caressante, quand
Elle écorchait mon nom en m’appelant :  » Pégot. »

Comment s’appelait-elle, Hélène ou Marguerite ?
J’ai oublié son nom, coupable indifférence !

Mais, mon cœur se souvient quand, sous la clématite
Ou le lilas, je déposais, belle innocence,
De bien chastes baisers sur la peau de satin
De ses joues qui fleuraient le savon de Marseille,
L’eau de Cologne et la tartine du matin.

On l’appelait … Sophie, ou peut-être … Mireille ?

Je la quittais parfois, pour suivre sans vergogne
Le maréchal ferrant, chevalier sans armure,
Dont le lourd « destrier », toujours à la besogne,
Tirait un char à bancs. Lors, j’avais fière allure,
Je le croyais, et, sourd aux pleurs et aux sanglots
De la petite fée, là-bas, sous le lilas,
Je rêvais d’horizons, je rêvais de galops,
Tandis que lourdement, nous avancions « au pas ».

Ainsi, sous le lilas, on câline, on chuchote.

Mais nos baisers furtifs et nos tendres émois
Bientôt seront troublés par d’affreux bruits de bottes,
Et la peur bannira nos rires et nos joies.

 *****

Qu’est-elle devenue ? Grand-mère ou bisaïeule,
Raconte-t-elle aussi cette histoire aux enfants ?
Un vent venu du froid me parle de linceul.
Est-elle au beau pays de l’éternel printemps ?

Quand son nom reviendra réveiller ma mémoire,
Quand je marcherai seul vers le pays des dieux,
Je revivrai ces jours inscrits dans mon histoire,
Comme c’est loin, déjà ! Suis-je devenu vieux ?

Peut-être, mais mon cœur me dit : c’était hier !
C’était hier, c’était si loin, c’était là-bas …
Nous étions deux enfants, ballottés par la guerre,
Mais nous avions trouvé la paix sous le lilas.

C’était hier ? Enfin, c’était en l’an quarante !
Il y a de cela bien plus de soixante ans,
Une petite fée, son souvenir me hante,
On l’appelait … Claudine ! Et moi, j’avais cinq ans !

Pierre Vincent

vincentpierre.jpg

Malgré d’authentiques racines lorraines (dans le Lunévillois), je suis né champenois, à Epernay, le 17 janvier 1935 – n°3 d’une famille modeste de 8 enfants, j’ai fait des études classiques (7 ans de séminaire) – entré dans la vie active en 1954 je me suis marié en 1956 (4 enfants et 17 petits enfants) – puis, en 1992, la vie bascule (divorce) – la retraite arrive en 1995 et aussi … Nelly … ma Muse !
41 ans de vie professionnelle, dont 39 chez Total (les 20 dernières à un poste d’Ingénieur en produits de graissage – promotion Maison – un défi chimico-mécanique à ma formation littéraire) Par ailleurs, nombreuses activités extra professionnelles : syndicales, paroissiales, municipales entre autres.
J’ai quitté Reims et ma Champagne natale en 1974 (mutation professionnelle) et après 27 ans dans le 54, je suis venu poursuivre ma retraite à Verny (57).
J’ai toujours aimé écrire, prenant la plume pour accompagner évènements professionnels ou familiaux, dans une expression parfois très éloignée de la prosodie. Les naissances de mes petits enfants furent des temps forts dans ce domaine et, comme en écho, mon petit-fils Emmanuel vient d’obtenir le prix « Arthur Rimbaud 2008″. Mais c’est la présence de Nelly ces 15 dernières années, qui m’a libéré de mes inhibitions et permis à ma poésie une expression plus libre, plus vraie. J’ai écrit aussi des contes pour enfants, mais je n’ai jamais rien publié.
Grand Prix des Poètes lorrains en 2007 (merci la SPAF), j’ai obtenu quelques autres récompenses par ailleurs (en particulier au Prix de Graffigny).
Véritable exutoire, ma poésie est aussi ma musique et mon chant, une ouverture à la lumière, à l’espérance, à la vie … Quant aux concours, et à la SPAF en particulier, j’ai trouvé, dans ces participations et ces rencontres, beaucoup de satisfactions, une certaine assurance pour ma poésie et de belles amitiés !

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