Te arii vahine (la femme du roi)

                       

La caresse des courbes, et déjà l’invite au trouble des sens…

Chair de mangue exquise dans les cloisonnements du tendre,

tu ne seras plus le fruit défendu aux lèvres du désir,

là où les palmes filtrent le miel de la lumière,

là où la mer affairée à son offrande d’écume

lisse, inlassable, un lit de sable rose et de succin

aux nudités esclaves des libertés souverainement captives

 

Le temps est insensé où se livre la raison aux Maîtres-du-jouir

où s’évaporent les mots exsangues d’une langue devenue inepte

à dire la transparence de l’heure en son abîme de tempérance

Affranchie des mimétismes, dans l’éblouissement d’un jardin hiératique,

la main naïvement prodigieuse enfante un absolu

sur la scène d’une genèse si calme, si langoureuse, si lénifiante

et les couleurs de l’épure, épanouies en un usage révélé

 

Rêve des rêves certes, mais sous une peau si suave !

La toile des jours immobiles imprégnée des tropiques libidineux

embrase les ombres paresseuses dans la luxuriance des fruitiers

Voici un don qui sied aux dieux que de peindre les natives exaltées

chantant la rumeur de mer qui court dans les veines du plaisir,

à sa plus forte emprise, à son abandon suprême, à son plus grand éclat !

Et peuvent enfin mourir tous les possibles dans un bonheur accompli…

 

 

 

 

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