Gueule d’ange

Quand j’ai vu ta beauté
Sur le pas de ma porte,
Ma raison était morte,
Mon angoisse, oubliée.

Ton visage raffiné
Avait une présence forte,
L’homme te faisant escorte
S’en trouvait effacé.

Tel qu’on me l’avait dit
Tu avais la gueule d’ange
De ces mannequins étranges
Des vitrines de Paris.

Comme un chat dans la nuit
Tu avais l’œil qui change,
L’iris fait d’un mélange
De ciel bleu et de suie.

Elégant, l’air hautain,
Tu entrais comme l’enfant,
Un peu tendu, distant,
Mais lent comme le félin.

Sans geste, regard en coin,
Tu t’assis calmement,
Tu parlais rapidement,
Voix claire et l’air serein.

Noyant tes arguments
D’un discours incertain,
Tu devenais soudain
Friable et attachant.

De ton sourire, surgit
Comme un tir lumineux
Qui me découpe en deux,
Ton mystère me détruit.

Mais déjà tu t’enfuis,
Héroïque et gracieux,
Mince, aux muscles nerveux,
Rassasié, hors du lit.

Et c’est comme du poison
Qui m’atteint et je pleure
Au souvenir d’un bonheur
Qui s’envole au plafond.

Seul le silence répond
À ton parfum qui meurt
Sur l’oreiller à fleurs
Qu’avait creusé ton front.

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