11 novembre 1999 en Tchetchénie

 

Ce garçon de douze ans, sur un lit d’hôpital,

N’exprime ni dégoût, ni haine ni colère.

Parmi d’autres blessés dans la même galère,

Seul le retient encore un frêle instinct vital.

 

Une étrangère approche et sa voix de cristal

Le caresse bientôt comme un baiser solaire.

Alors il parle enfin, mais son coeur s’accélère,

A peine évoque-t-il l’après-midi fatal.

 

Un éclair, un bruit sec au milieu du village…

Des enfants près de lui n’avaient plus de visage;

Aussitôt l’emportait un soldat valeureux.

 

Il regarde blêmir les reporters ingambes.

Jamais il ne fera leur métier dangereux :

Un homme en blanc n’a pu que lui couper les jambes.

 

Prix Voltaire au concours du Cercle Littéraire de Graffigny de Lunéville, en 2000.

5 Réponses à “11 novembre 1999 en Tchetchénie”


  • Chiron Jean-Jacques

    Voici un poème atroce et sublime, Denise, où vous dépeignez
    la barbarie des adultes qui se moque de l’innocence.
    Vous avez bien mérité le Trophée Voltaire.

  • Denise RICHARD - FLIELLER

    Et quand une guerre semble se terminer quelque part, une autre éclate ou se prolonge ailleurs; ce sont toujours les enfants qui trinquent en premier. C’est insupportable.
    Merci Jean-Jacques.

  • Je m’associe au commentaire de JJC….

    Dernière publication sur Photos, Reportages, Chansons, Venise : LA CHAPELLE NOTRE DAME DU BOUT DU PONT

  • particulièrement émouvant, déchirant même.
    je partage aussi avec les autres commentaires
    amicalement
    katyL

  • Denise RICHARD - FLIELLER

    Mon message semble s’être évaporé, alors je le recommence :

    Je ne veux pas me répéter, alors simplement, merci à vous, Claudio et Katy.

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