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Archive mensuelle de septembre 2013

Le Congrès national de la SPAF

Les Lorrains furent dignement représentés. En effet, Jean-Jacques CHIRON fut récompensé et Claudine GEORGE et moi-même avons été reconduites à l’unanimité à nos charges de membres du Conseil d’Administration.

Le Congrès national de la SPAF dans Congrès p1100174

Pour ce qui concerne la remise des prix, Madame RAFFARIN Adjointe au Maire, a remis la plupart des prix et Jean-Pierre RAFFARIN est venu remettre les plus importants.

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La remise des prix eut lieu salle de la Quintaine et le repas officiel au retaurant :  » Le Château de la Ribaudière ».

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Le Conseil d’Administration a élu Michel LEON (au centre ci-dessous) nouveau président de la SPAF. Il prendra ses fonctions lors du Congrès 2014 à St MALO.
A l’issue de la remise des prix, quelques membres du Conseil l’ont pris à part et il lui fut remis (petit compliment en sus) un superbe collier constitué d’un camenbert  » PRESIDENT  » comportant duement le fromage (bien fait un peu coulant même) pour bien lui signifier ce que nous attendions de lui à l’avenir…C’est ce qui explique les mines réjouies qui l’entourent ! Le bâteau, sur le sac qu’il tient à la main, contenait le cadeau et était un clin d’œil à sa vocation de marin.

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(commentaires transmis par Joëlle di Sangro)

Pour voir toutes les photos, cliquer sur l’album ci-dessous :

Congrès de la SPAF 2013 (Poitou)
Album : Congrès de la SPAF 2013 (Poitou)

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Article paru dans le Républicain Lorrain

Article paru dans le Républicain Lorrain dans Coupures de presse rl-cultura1

Etoiles filantes

Et dans le silence bleu là-haut du firmament,
Comme une couleur plus haute, comme une gorge de ciel,
M’apparaissait un gouffre où mon œil, l’attendant,
Je vis soudain briller un filament de miel.

Pétillant, étincelant, comme un collier cassé,
Etiré, en suspens et qui se désagrège
Dont on aurait ôté les perlettes’ dorées
En un clin d’œil pressé, un vif tour de manège.

Là entre les étoiles accrochant mon délire,
Il avait emporté dans son fil de dentelles
En plus de ma part d’ombre, un élan d’avenir
Et tiré de mon être un arbre de Noël.

Je sentais son étoile que je n’avais pas vue
En retard au miroir de mon iris briller
Car une gosse pluie de fleurs au cœur jaune, apparue,
Pulsa dans le pollen qu’elle laissait rayonner.

Et ce morceau infime de lumière a tout mis
-De ce qui n’a de prix, de ce qui vit plus fort,
De ce qui nous déborde dans un rai si petit-
Dans la boîte trop réduite que je suis pour son corps.

C’est le fil d’un réseau immense et infini
Où je voulu me pendre une seconde, une fraction
Mais l’histoire a eu lieu à tant d’années d’ici,
Dix mille Moi n’étaient nés, il est cassé le pont.

Reste la persistance de ces feux d’artifice
Dans le tableau vivant comme un rêve à la craie,
Une caresse allumée sur notre précipice,
Ou une larme élastique sur une heure qui se tait.

Douces aréoles

Douces aréoles
Le velouté d’une pêche
Désir frugivore

L’angelus

Au clocher de Sainte-Gudule
Chante l’angélus du matin.
Un moine entonne son latin,
Alors sourit un incrédule.

Les airs que le sonneur module
Réveillent le jour incertain.
Au clocher de Sainte-Gudule
Chante l’angélus du matin.

Comme un solennel hiérodule
S’avance le vieux sacristain.
Son regard luit, presque enfantin,
Quand l’airain vibre, puis ondule,
Au clocher de Sainte-Gudule.

Désir

La flèche du désir, dans un monde étriqué,
S’affole et pique au sol. Icare dégringole,
Ses ailes battant l’air, tout son corps disloqué,
Ne traçant dans le ciel qu’instable parabole.

Tel est notre délire : Atteindre le soleil,
Un midi pour la vie ou l’arrêt sur image !
Conflagration subite et plaisir sans pareil !
Où mène l’inconscience ? A l’ultime naufrage.

Mais qu’importe ! Le sel de la vie est voyage,
Inauguré dès l’aube, en le simple appareil
D’un sentiment d’exil. S’extirper de la cage,
Fuir de la nuit des temps l’immémorial sommeil.

Rien ne sert d’entraver un oiseau qui s’envole !
Peut-il imaginer sa descente en piqué ?
Passe le mur du son ! Trouve enfin la parole !
Toi, flèche du désir, qui n’a pas abdiqué.

Nostalgie

Visage toujours jeune au long cours du silence,
Tu surgis dans l’album exhumé d’un tiroir.
Je scrute alors, maussade, un perfide miroir
Reflétant mon image avec grande insolence.

Entre mille raisons je cherche et je balance.
Pourquoi n’avoir voulu jamais nous décevoir,
Rester insoucieux, même d’un au revoir,
Mais laisser le destin nous faire violence ?

La pénombre câline étouffe mes sanglots.
Le cœur appesanti sur des rêves bien clos,
Je sais que nos projets sont maintenant chimère.

Ni l’automne et ses ors, ni le tendre printemps
Ne pourront adoucir l’expérience amère
D’un amour qui se meurt aux ravines du temps.

Folle tarentelle (haïku)

Folle tarentelle
La valse de nos regards
Lèvres en goguette

Suture

Perles de rubis sur peau d’ivoire
Surgissent dans les barbelés noirs.

Signature fourbe et laborieuse
Sur une barbarie caverneuse

Fichée là en une vile boudine,
Échelle en lacets de bottine

Qui mangent la chair et l’abrutissent
Au pied de ces deux lèvres lisses,

Berges épousées sur la colline
Sournoise, aux reflets de ravine.

Quel bazar sous-jacent se cache,
Que m’a-t-on fait sous cette attache ?

Je suis intoxiquée de voir
La vérité de mes manoirs

Compliqués de leurs antichambres
Que leur réveil lentement cambre.

Ce chemin grossier en surface
Barré de ses rameaux rapaces

Est la bouche muette où travaille
Un secret pour faire d’une entaille

Bientôt plus qu’un liseré nacré
Un fil de soie, pâle et léger

Sur un monde retrouvant sa forme
Après les douleurs qui s’endorment.

Magie sublime de la nature
Dévouée au plus fines déchirures

Et fiable jusqu’au plus friable,
De ta gloire je suis incapable !

In memoriam André Martin

In memoriam André Martin dans * MARTIN André martin-andre Notre ami André MARTIN, de Villers-les-Nancy, nous a quittés brutalement le 7 septembre dernier, après une
courte hospitalisation.

André avait obtenu le Grand Prix des Poètes Lorrains en 2010 et nous avions pu goûter sa poésie à travers ses textes consacrés à sa chère Lorraine et à ses « Symboles Vivants » : son histoire, ses valeurs, sa terre, son terroir, ses hommes et ses femmes, ses mirabelliers et son fruit d’or.

 « Les nuits de mai, la voie lactée goutte du ciel / Dans les coupes des fleurs, en poussière de miel / Les racines qui fouillent leurs entrailles charnelles / Vont transmettre la vie en féconde litière / Vie d’un témoin fidèle, en glèbe
maternelle / D’un vieil arbre aux fruits d’or, orfèvre en la matière. »

Une pensée pour André, en le remerciant pour les beaux textes qu’il nous laisse et pour son doux sourire. Toutes nos condoléances à son épouse Suzanne et à sa famille.

Armand BEMER,
délégué régional de Lorraine.

Mauve inflorescence (haïku)

Mauve inflorescence
Un souffle chaud caressant
Nos languides corps

Article paru dans le Républicain Lorrain

 

vendredi 6 septembre 2013 17:57:02

Publiée le 05/09/2013

culture prix des poètes lorrains 2013 Des souvenirs éblouis aux Industrieuses amours

De son second ouvrage, Jacques Muller, Grand Prix des poètes lorrains2013, avoulu faire un instrument de partage d’impressions et d’émotions.Notez cet article :

 Article paru dans le Républicain Lorrain dans * MULLER Jacques muller-jacques-100x150

Jacques Muller, Grand Prix des poètes lorrains 2013. Photo DR

Le Grand Prix attribué à Industrieuses amours ( Éditions Baudelaire ) est « très satisfaisant », de l’aveu de l’auteur. Mais il ne fait que rendre plus belle l’expérience d’écriture à laquelle il s’est livré. Un élégant accessoire en somme, désormais associé à une œuvre que Jacques Muller porte depuis 40 ans.

Fils de sidérurgiste, né face aux hauts fourneaux d’Hagondange, il évoque dans ce livre les « souvenirs éblouissants » d’une jeunesse traversant les Trente glorieuses et dorée à la chaleur du métal incandescent.

« Très jeune, j’ai vu ces hommes, fiers de leur métier. Puis j’ai été au contact… », explique-t-il. En effet, étudiant en lettres classiques, le jeune homme se mêlera cinq années de suite, chaque été, aux autres postés, comme pontonnier : « L’automatisation était déjà en route ; l’expérience a néanmoins été très forte. Ce n’est rien de le dire. Un choc, pour moi qui étais pétri de culture classique. Un choc humain et esthétique. Il y avait quelque chose d’épique dans tout cela ! » Presque immédiatement, il forme le projet de « parler de cela un jour ».

Quatre décennies durant, cette ambition maturera. Le temps d’une carrière, au sein de différentes rédactions du Républicain Lorrain , qui, curieusement, lui permettra de vivre par procuration l’épilogue de la geste sidérurgique : « J’ai commencé en 1975, à Esch-sur-Alzette. Là même où les difficultés commençaient avec la fermeture de l’usine de Rodange et ses 1 800 suppressions d’emplois ! » Après Esch, le reporter rejoint Longwy dans les années 80 puis Thionville, au moment où ferment les hauts fourneaux d’Uckange. Durant toute cette période, il témoigne de la lente déliquescence du « peuple du fer » en professionnel de l’information. C’est-à-dire en pesant au trébuchet la part d’analyse économique, sociale et la dimension humaine qui mèneront au ton juste pour dire dans les colonnes d’un quotidien ce drame aux dimensions héroïques.

Lyrisme

Rangé des claviers en 2008, Jacques Muller a tôt fait de renouer avec la plume. Mais se jugeant incapable de commettre le roman, il opte pour la poésie.

Après un premier recueil salué pour sa force et son exigence en 2012, il s’est tout entier abandonné aux influences de ses « maîtres » – Saint-John Perse, Valéry, Apollinaire – pour restituer au fil des pages d’ Industrieuses amours le souffle de l’épopée. Celle qui hante sa mémoire depuis toujours. La matière, le travail, la cité, les maîtres de forge, le démantèlement : quatre chants et un épilogue pour narrer une de ces histoires d’amour dont on sait malheureusement trop bien comment elles finissent.

H. B.

Amours

La douce nuit s’anime en cette mi-novembre.
La lune languissante explore le jardin.
Au bouleau dégarni, d’ultimes feuilles d’ambre
Aimeraient conjurer leur funeste destin.

Des chats, tenant salon comme dans une chambre,
Miaulent, pleins d’ardeur, pour forcer le dédain
D’une belle perverse : un corps lascif se cambre,
Se tord, s’étire, griffe, esquive ou mord soudain.

Déjà l’élu s’avance et goûte sa fortune ;
La chatte lui décoche une tape opportune,
Feule, crache puis cède au plaisir attendu.

Tout près d’un lampadaire une dame vénale
Propose, verbe haut, sa triste bacchanale
A l’homme qui, narquois, risque un sous-entendu.

Frise harmonieuse

Frise harmonieuse
Tendre écrin pour mes baisers
Labiale emprise

Le mort

Contre la cire lamentée
Sont là, mille froufrous dorés
Qu’on a tendus dans les coins
En triste château de soin,

Farandoles contre le froid
Du jaune terne urique des doigts
Ligaturés des perles noires
En un raide collier du soir.

Il vit le lit à jabots,
Aboyant au petit trot
Pour faire gonfler l’occupant
Qui aspire tout ce brillant,

Rigide et mat : une grume
Serrée dans son long costume.
Une impeccable poupée
Dans les coulisses, apprêtée.

Dans la pénombre de cette chambre
Entre les deux cierges d’ambre,
Mon regard est aimanté
Par ces deux paupières soudées.

Seul indice d’une ancienne vie,
Cette fermeture où l’on prie
Car les autres pièces du corps
Ne sont plus rien que des bords.
On ne sent rien au-delà
De cette barrière des deux bras
Qui repousse l’œil intrusif
Contre les soyeux récifs.

Là-dessus la pensée sage
Glisse et tombe sur le carrelage
Pour s’y fondre et s’écraser
Et ce mirage, y noyer.

Mais le chemin sans arrêt
À cet étage est refait.
De cette étagère de soie
À cette mine de gravats,

À ces bras bien en équerre
Pour asseoir l’heure dernière,
Dans les lignes de ce chapelet,
Perles de myrtille dans du lait.

Dans mon âme elles font des trous
Par leur lustre d’acajou,
Derniers scintillements mouillés,
Un silence en pointillés.

Et coule de là dans l’esprit
La paix de tous les partis
Comme le rappel obséquieux
De ce départ contagieux

Calme frondaison (haïku)

Calme frondaison
Matinale crinoline
Germe d’une aubade

Princesse océan

Quand l’horizon s’effile au ras de l’eau,
Que le soleil s’endort au bout du firmament,
La fille des flots, corps rêve sur son îlot
Souffle dans les grands voiles des galions.

Elle naquit un jour dans l’abysse d’un océan,
Fille du Dieu Neptune et d’une Déesse reine,
Sur une algue cristal dans les grands fonds,
Elle ouvrit les yeux et fut couronnée sirène.

Cheveux d’écume scintillants de lumière,
Beauté des eaux au regard bleu des lagons,
Gracieuse elle plonge silhouette si légère,
Et disparaît dans les loin abîmes sans fond.

Entre vagues et ciel elle nage sans rivage,
Princesse océan fille aux écailles poisson.
Quand l’astre blanc surgit dans la nuit sage,
Sur son îlot elle se pose et envoute les galions.

Un chant sublime piège les grands vaisseaux,
Dans les ténèbres voiles gonflées ils naviguent.
Ouragan de tonnerre dans le sillage des bateaux,
Sur les rochers noirs ils se brisent et sombrent.

Marin au gré des océans prends garde au refrain,
Éloigne-toi du grand large et retourne vers la terre.
Car la sirène sur son ilot à l’écume des embruns,
Pourrait souffler des vents cyclones mortifères.

Elle naquit dans les profondeurs d’un océan,
Sur une algue cristal étincelante dans les fonds.
Fille du Dieu Neptune et d’une déesse reine,
Elle ouvrit les yeux et fut proclamée sirène.

Liseuse et regardeur

Elle lit
tout amour et sans rien maudire.
Elle pose sa voix sur l’oiseau lire,
il vole à mes oreilles,
il porte sur lui une femme
qui chérit nonpareil
l’exercice qui déclame.
Elle lit
et d’un présent des mots rien n’est instant,
tourne les pages
au rythme de la lecture d’un voyage.
Elle lit,
les mots s’écrivent
et de proche en proche, accentuée :
l’histoire déroulée, à ma rive,
rend tout ouï et captivé.
Elle lit…
et les yeux écoutent…

Le rendez-vous de Samarcande*

Savants qui proposez votre riche arsenal
Pour offrir, comme à Faust, l’inusable jeunesse,
Le plus bel âge d’or que jamais on connaisse,
La mort se rit de vous, elle a le mot final.

De l’enfant qui bondit, tel un fol animal,
Jusqu’au vieillard perclus qu’un véhicule agresse,
La route nous détruit, c’est la moderne ogresse
Dont chacun peut nourrir l’appétit infernal.

La guerre, autre faucheuse, a calmé ses ravages.
Mais nous payons toujours le même impôt du sang
Sur les anciens chemins des batailles sauvages.

Allègre conducteur, tu te crois tout puissant ;
Ecoute donc la voix lancinante qui scande :
« Moins vite, malheureux, tu cours vers Samarcande ! »

* conte oriental : Un matin, lors d’une promenade, un prince rencontra la Mort. « J’ai rendez-vous ce soir avec toi. », lui dit-elle. Epouvanté, le prince éperonna son cheval et s’enfuit. Il galopa toute la journée et le soir, il arriva aux portes de Samarcande. La Mort était là, qui l’attendait. « Tu es parti si vite ce matin, lui dit-elle, que je n’ai pas eu le temps de t’expliquer : j’avais rendez-vous avec toi ce soir, à Samarcande ! »

Nous avons tous

Nous avons tous
Comme rubis
Graines d’amour
Perlées de pluie
Cachées dedans
Dedans son nid
Mille diamants
Pour elle ou lui

Nous avons tous
Poches de billes
Graines d’enfant
Grain de folie
Caché deux dents
Au fond du lit
Ces quelques francs
Et puis souris

Nous avons tous
L’œil appétit
Graines d’amour
Plaisant abri
Caché dedans
L’antre endormi
Graines d’enfant
Filon de vie




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