Nuit solitaire

La solitude en fond, le sommeil en cavale,
Glu collant à la peau, l’obscurité fait mal
D’abord, comme un étau, la griffe d’un chacal
Accrochée à mon corps. Froide nuit cannibale.

Reculez, reculez, ténèbres vénéneuses !
La lumière intérieure, en geyser, de mes yeux
Fuse, l’imaginaire étreint l’abîme ombreux,
Le féconde , le peint de couleurs prodigieuses.

Alors, la nuit se double d’un effet de moire.
C’était hier. Avant. Mes deux mains dans le noir
Epousent des tracés, réinventent l’espoir
De séquences d’amours telles qu’on n’ose y croire.

La caresse éveillant des boutons solitaires,
D’une flaque de larmes, l’instant d’un éclair,
Explose une corolle, un nénuphar de chair
Frissonnant de plaisir en des spasmes solaires.

2 Réponses à “Nuit solitaire”


  • Joli poème, joli thème, belle écriture….
    Ce poème interpelle à plusieurs niveaux…. Il est généralement déconseillé dans une même strophe de faire rimer concomitamment les mêmes rimes féminines et masculines, car, si à l’écriture cela ne pose aucun problème, à l’écoute, confusion, on ne sait plus quel vers rime avec quel autre….
    Mais apparemment, c’est un effet volontaire recherché par l’auteur, Sylvaine, et l’on sait bien qu’un auteur a tous les droits sur son texte…. Ce sera alors un challenge pour celui qui récitera ce poème de bien faire sentir la différence entre la rime masculine et la rime féminine en s’appuyant particulièrement sur le e muet de fin, il faudra alors un comédien talentueux pour ne pas que cela paraisse trop pesant…. En musique ce serait plus facile car on ajouterait une note, un temps supplémentaire pour exprimer la rime féminine….
    Sinon, mis à part deux césures un peu faibles, au 1er vers de la 3ème strophe et au 2nd vers de la 4ème strophe, le reste est parfait au regard des règles de l’art….
    Bravo Sylvaine….

    Dernière publication sur Venise, vue par le Coyote : LES ARTISTES SHOOTÉS À LA MOSTRA DE VENISE

  • Je partage entièrement ton analyse, Claudio, que j’avais transmise quasiment en ces termes par mail privé à Sylvaine dès réception de son poème pour publication sur le blog. Les deux « césures un peu faibles » (quel diplomate tu fais ! :-) ) m’avaient également heurtée mais j’avais trouvé l’ensemble tellement harmonieux et le fond m’avait tellement touchée que finalement, elles n’ont pas altéré mon avis. Chacun sait que même les plus grands poètes ont pris des libertés avec la prosodie et Sylvaine a suffisamment de talent et de maîtrise de l’alexandrin pour se le permettre.
    Vraiment un très beau poème, à la fois sur le fond et la forme. Je ne suis donc pas étonnée de la voir très bien placée dans le palmarès du Prix des Poètes Lorrains 2013 !

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