Reviens, silencieux tel un vol de phalène,
M’effleurer le visage aux franges du sommeil.
Je sentirai sur moi passer ta douce haleine
Et je m’endormirai dans un bain de soleil.
Reviens, que je te chante, au-delà de ma peine,
L’amour fidèle et tendre, à du lierre pareil,
Indestructible, fort, dense comme l’ébène,
Flamme brûlante, ardent foyer, tison vermeil.
Mais j’entends la réponse : au vrai tu me suggères,
Pour rendre à l’avenir l’épreuve plus légère,
Qu’à d’autres horizons j’attache mon regard.
Le cœur qui s’élargit redécouvre une source ;
Il y puise la force au milieu de sa course :
Dans ce monde qui tangue il va prendre son quart.