Au nord gronde le vent

Frémissant entre brise et courant
l’océan ondule
berceuse hypnotique
au loin gronde le vent

Au gré des souvenirs
se laisser porter
par la vague qui meurt et renaît

le regard embrassant
toute l’immensité
plonger en soi, se laisser glisser
vers de vertigineuses abysses
jusqu’aux sources des larmes

Tandis que, proche
se dresse la menace
déferlante hurlante
qui se rapproche
emplir une dernière fois
ses poumons
jusqu’à ce que la tête explose
cassant net le film du passé

Jaillissante, l’écume
épouse le fracas des vagues
sur les rochers nus

la chute,
lente d’abord
que semble encourager
l’assourdissant ballet
des mouettes qui tournoient

le corps, devenu pierre,
déjà vide en dedans

L’océan gris sous les cieux
anthracite
la peau blême
comme l’éclair qui déchire
les yeux fixant le néant
disparaître enfin
happé, englouti,
avalé par ce ventre en furie

En habits de sirène,
alors que se referme la mer
sous ses remous et son ressac
la Faucheuse pavoise
et les mouettes rient bruyamment

Au nord, gronde le vent
au nord gronde le vent
que capture à l’infini
l’écho.

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