Le Taj Mahal

J’avais vu le soleil se coucher dans le sable

D’un désert surchauffé. J’avais vu les chameaux

Du marché de Pushkar, majestueux troupeaux.

J’avais vu Jaisalmer au charme inoubliable !

 

Des temples somptueux j’avais vu la splendeur,

De Jaipur, admiré l’aura de ville rose,

Des maisons de Jodhpur, le bleu, gardant enclose,

Du ciel de l’Orient, la sublime couleur.

 

Venise du Levant, Udaipur la jolie

Hantait mes souvenirs. Ses palais fabuleux,

Comme flottant sur l’eau d’un lac mystérieux,

D’un instant merveilleux, exaltaient la magie.

 

Mais l’émotion fut grande, au matin automnal,

Lorsque je découvris le fameux mausolée,

Superbe évocation célébrant l’apogée

D’un amour infini … Enfin, le Taj Mahal !

 

Je suis resté sans voix, séduit par la merveille.

Ici, le souvenir s’exhale en un soupir

Que vient bercer un vent léger comme zéphyr.

Ne la réveillons pas, une âme ici sommeille.

12 Réponses à “Le Taj Mahal”


  • Que de beaux mots. mélodiques et bien rythmés pour de belles évocations
    J’aime beaucoup

  • En effet, un très beau poème en délicieux alexandrins qui véhiculent beaucoup d’émotion. Le Taj Mahal, que je n’ai jamais vu en vrai, évoque pour moi la beauté, mais aussi la quête d’absolu, un mystère proche du divin. Votre poème, Pierre, réveille en moi le désir de découvrir cette merveille et votre dernier vers, sublime, est le reflet du sentiment quasiment pieux que le visiteur doit ressentir.

  • j’imagine bien volontiers l’émotion quasi divine et incroyable que ce lieu doit procurer
    tant d’amour , tant de beauté
    tu as su parfaitement l’exprimer, car aimer est le verbe que tu conjugues le mieux dans tes poèmes
    aimer la vie, l’amour, les autres, la famille
    voilà
    j’aime ton poème Pierre
    katy

  • Un grand merci à vous trois pour ces jolis commentaires qui me font bien plus plaisir que n’importe quel prix de poésie.
    Il est vrai que le site prête à de belles évocations, il faut y aller Isabelle, ça vaut le « détour ». Ma découverte remonte à déjà presque 6 ans, mais le souvenir en est toujours aussi présent. L’atmosphère du lieu est emprunt d’une sorte de mystère et l’émotion des visiteurs est palpable, le recueillement qui y règne est inversement proportionnel au brouhaha entendu dans nos cathédrales en période touristique et les chaudes couleurs des saris donnent un merveilleux reflet aux prunelles sombres des indiennes …à moins que ce ne soit le contraire …

  • Un poème bien frappé, avec un pouvoir d’évocation certain, et parfois puissant. C’est surtout à cela que je ressens la belle poésie.Ca n’est certes pas un critère universel, mais il est impossible de le contourner.
    Pourtant, un puriste y verrait deux alexandrins de treize vers s’il se met à lire à travers la grille mathématique et impitoyable des fameuses diérèses (et leur liste d’exceptions). Aussi, en revenant un peu sur le thème de la perfection, et de la perfectibilité, je peux me demander avec raison si Pierre, dans la mesure où il aurait pu respecter cette règle (sur laquelle je me suis exprimé plus d’une fois en la confinant à la limite de la désuétude dans tous les cas où l’effet vocal particulier n’est pas recherché par le poète !) nous aurait offert un poème plus harmonieux et plus évocateur pour le ravissement des sens, et aussi de l’esprit si on approfondit un peu ses références ! Personnellement, je ne le pense pas.
    Et ce sera toujours ici, à la limite entre la règle et le « chemin de crête », une continuelle dynamique, et tant mieux. Ainsi peuvent avancer nos « ouvrages ».

  • Je pense, Gérard, qu’il est très difficile voire impossible de présumer du résultat si Pierre avait renoncé aux mots « émotion » et « évocation ». Mais en fait, point n’est besoin d’y renoncer ! Il suffit de supprimer le mot « mais » et de remplacer « superbe » par « belle ». Ou tout autre chose ! Je veux dire que parfois, on pense qu’il serait dommage de casser un beau vers sous prétexte qu’il n’est pas un alexandrin pour finalement, après s’être un peu creusé les méninges, réaliser que le changement opéré pour obéir aux lois dictatoriales de la prosodie rend le vers encore plus beau.
    Je pense qu’on a tendance, quand on a composé un vers qui nous plaît, à ne plus vouloir y toucher ; or souvent c’est dommage.
    Cela dit, en la circonstance, si on fait la synérèse pour les deux mots en question, on obtient un très bon poème néo-classique. Et bien que puriste et parfois intolérante, je suis très admirative de ce poème-là qui véhicule beaucoup d’émotion dans le respect des règles du classique qui n’est sans doute pas étranger à sa musicalité.

  • Et bien voilà. C’est plus simple que cela n’y paraît ! Et ta conclusion le traduit bien !
    Le problème (pour moi, mais plus en tant que philosophe que de poète, n’est pas de savoir si en changeant quelques mot -et je le fais- on parvient ainsi à respecter la règle, mais bien si, quelquefois, comme en matière de lois et d’application des lois dans notre quotidien, combien de « victimes » d’application aveugle de nos lois ont été injustement punies alors que leurs actes se trouvaient placés dans l’esprit de la loi ! Nous avons aussi personnelemement échangé sur le sujet et tu s

  • sais dans quel esprit je me place. La loi est au service de l’homme et non l’Homme au service de la loi. cela ne veut surtout pas dire que l’on peut faire n’importe quoi !
    Alors, perfectibilité oblige !

  • Oui, nous avons effectivement déjà échangé sur le sujet, et tu sais que je n’ai rien contre la transgression d’une loi dans la mesure où le transgresseur en a conscience, ce qui implique donc la connaissance de ladite loi. Et ce n’est d’ailleurs que dans cette conscience que la transgression prend tout son sens.

  • CHIRON Jean-Jacques

    A la première lecture, je n’ai pas relevé le problème soulevé
    par deux vers du dernier quatrain alors que j’étais porté
    par la musique de ton poème, Pierre. Ensuite, à la deuxième,
    bien entendu cela m’a sauté aux yeux. Mais réflexion faite,
    je me suis dit : qu’il le laisse ainsi. L’émotion degagée
    justifie cet oubli. Ainsi, laissons-nous transportés par une
    chose subtilement ineffable à travers une mousson de beautés.

  • Merci, une fois encore pour tous vos commentaires et l’attention que vous portez à mes Alexandrins (j’ose le mot malgré vos remarques). Sois rassuré Jean-Jacques, ce n’est pas un oubli et je ne changerai rien. D’ailleurs, j’ai l’esprit assez provocateur (ou frondeur) pour prétendre que POUR MOI, « émotion » compte pour trois pieds et « évocation » pour quatre et donc, que le compte y est … C’est mon choix de peu pratiquer la diérèse et, en ceci, je n’ignore pas que je risque une mauvaise note face à un jury quelque peu puriste, tant pis ! Je suis le mauvais élève de la classe.
    Lorsque je fais part de mes émotions, et la poésie est souvent là pour m’y aider, je ne suis pas plus ému si je parle d’émoti-ons. Et, concernant le Taj-Mahal, mon émotion a été « globale », je n’ai pas vérifié si toutes les pierres du mausolée ou tous les abacules des mosaïques étaient rigoureusement posés ou ajustés (elles et ils l’étaient certainement) mais c’est l’ensemble qui m’a séduit et ce qui s’en dégageait.
    Ceci dit, il est des poèmes plus rigoureux que les miens (pas difficile) dont j’apprécie la musique et l’équilibre des mots.

  • Je suis bien d’accord avec vous, Pierre, l’é-mo-ti-on n’en fournit pas davantage ! Bien sûr que si vous présentiez votre poème dans la section classique d’un concours, un jury pointilleux pourrait bien le recaler. En revanche, dans la section néo-classique, il aurait toutes les chances d’obtenir un prix. Pour moi, votre poème est d’autant plus parfait que vous savez très bien qu’il ne respecte pas la règle de la diérèse. Comme je le disais plus haut, la conscience de la transgression lui donne tout son mérite.
    Personnellement, j’ai toujours considéré la prosodie comme les règles d’un jeu, un défi à relever, rien de plus.
    Le néo-classique a ce grand avantage, par rapport au classique pur et dur, de s’affranchir de règles qui peuvent paraître un peu illogiques (diérèse/synérèse et singulier/pluriel notamment) sans toucher à celles qui font la musicalité de l’alexandrin comme l’alternance des rimes, le e muet et l’hémistiche.
    Et cela n’enlève rien à la qualité et au pouvoir émotionnel d’un poème en vers libres quand son auteur écrit vraiment en vers libres et non en pseudo alexandrins.

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