Faux départ

Pourquoi le mot « départ » fait-il autant pleurer
Alors qu’il porte en lui tout ce que l’espérance
Avait su conserver avec tant d’assurance
Sans la moindre raison d’aller s’en séparer ?

Lui qui met en pratique, au lieu d’en délirer,
Le rêve de la vie avant même l’enfance
Lorsque l’éternité bouillonnait d’impatience
En faisant que le temps puisse s’en emparer…

… Et plus tard s’imposer dans le cerveau de l’Homme
Comme un ver qui déconne en sortant de sa pomme
Et se faisant happer d’un coup sec par un bec !

Mais s’il avait compris que ce qui court-circuite
Se voit toujours voué au plus cuisant échec,
Il n’aurait pris la fuite s’il eût connu la suite !

8 Réponses à “Faux départ”


  • CLAUDIO BOARETTO

    Bonjour Pascal….
    3 remarques :
    1°« Se voit toujours voué au plus cuisant échec, »
    Hiatus à la césure « vouE Au » interdit….

    2°Je suis surpris par le « déconne »…. C’est vrai que le mot est dans le dictionnaire français mais je trouve que cela un peu argot dans un texte qui ne l’est pas…. Je n’ai pas le « cul coincé » mais ca m’a pris au dépourvu et je l’ai trouvé déplacé…. Je ne sais pas ce qu’en pensent les autres…. Peut-être l’as-tu fais sciemment pour choquer ?…. Dans ce cas c’est réussi mais à mon sens cela enlève de la beauté au texte…. Cette opinion m’est toute personnelle…. Peut-être d’autres aiment bien…..

    3°« Il n’aurait pris la fuite s’il eût connu la suite ! »
    Retrouvé la rime à l’hémistiche je crois aussi que c’est interdit, je demande confirmation de Zaz, de plus toujours à l’hémistiche il faudrait une voyelle après le E de fuite, de surcroit cela te fait un vers de 13 pieds ….

  • Oui, Claudio, je confirme.

  • d’un coup sec par un bec, personnellement j’aime bien….

    Dernière publication sur Photos, Reportages, Chansons, Peintures, Venise : CHÂTEAU BIRON EN DORDOGNE

  • Bonjour,
    Merci pour ces avis
    En fait, pour les trois remarques, je dois avouer que les trois « erreurs » relevées (déconne, voué au , fuite) ont été sciemment faites pour chercher à associer la forme au fond !
    Autrement dit :
    La profondeur de la réflexion générée dans les deux quatrains, confrontée au « cerveau de l’homme » la fait « dérailler » comme le prouvent beaucoup de réalisations humaines en désaccord avec la Nature et donc l’univers… d’où ce mot « déconne » qui effectivement semble « déconner » dans une poésie classique au plan de la forme.. mais en y regardant de plus près, n’est-il pas à sa place, car aucun ver de pomme sensé ne sortirait ainsi de son repaire dans un milieu naturel sain ? !!!
    Pour ce qui est du hiatus « voué au » et il faut noter qu’il suit le terme « court-circuite » et à partir de ce moment-là, même le poète court-circuite dans la forme des deux derniers vers… et donc dans sa lecture de ceux qui le lisent ! Cette explication vaut aussi pour la « fuite » et son e muet non élidé (ce « e » ayant en quelque sorte aussi pris la fuite) et sa rime à l’hémistiche qui aussi a été voulue pour entrer en résonnance avec l’effet du « sec par un bec ». Vous aurez sans doute également noté que le mot « happer » annonce le hiatus sans en être un !
    En tout cas, merci pour ces très judicieuses remarques.
    Amicalement
    Pascal

  • j’ai oublié d’ajouter que le titre lui-même, « Faux départ » portait en lui ces multiples « erreurs !
    Pascal

  • Oui c’est vrai que le dernier vers est un peu étiré avec treize pieds… mais ce n’est pas étonnant quand on pense à l’effort considérable que ce pauvre ver a dû déployer en se cramponnant à sa pommme quand le bec l’a saisi à l’autre bout !!!

    J’admets que l’exercice de vouloir lier un peu trop la forme au fond fait risquer de déraper des règles… mais c’est quand même assez amusant ! la prochaine fois j’essaierai de ne plus rentrer dans le décor ! C’était peut-être les routes et les trottoirs verglacés de fin décembre qui m’ont empêché de bien garder le contrôle ? Avec le redoux de ce début janvier, ça ne devrait plus se reproduire.

    Bien amicalement
    Pascal

  • le ver(s) étiré, jolie réponse….

    Dernière publication sur Photos, Reportages, Chansons, Peintures, Venise : CHÂTEAU BIRON EN DORDOGNE

  • Thouvenin Maryline

    Bonsoir Pascal,
    L’ erreur est humaine, en attendant les réflexions des autres poêtes m’ont bien fait rire et, comme certains poêtes, je ne connais pas toutes ces règles, qui nous enquiquinent un peu, mais il va peut-être falloir y préter attention à l’avenir. Sinon ton poême est compliqué pour les deux premiers quatrains à comprendre.Cela ressemble à du latin et dans cette langue trèe vieille, tous les mots sont inversés.
    L’image du vers qui reste enfermé dans la pomme est exacte , elles sont véreuses et les vers sont tellement gourmands qu’il ne reste pas grand chose aux oiseaux.,car je mange des pommes souvent de ma campagne,au couteau.Comme tu as mis « et plus tard » au début de ta phrase, je pense que ça va avec le terme « déconne », qui,un jour proche figurera dans le dictionnaire Larousse ».Amitiés

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