Brouillard givrant

Mon âme est verglacée, j’entends le glas qui sonne
Et mon cœur nu frissonne à la mort d’un Amour.
Egarée dans mon sein étourdi me bourdonne
Jusqu’aux oreilles sourdes un ronron bien trop lourd.

Je vibre de chagrin, fracassée de douleur
Envahie d’un brouillard qui couvre mon émoi
Dans un état second, abasourdie, je pleure
Il m’enroule, rassure et me fige d’effroi.

Je ne peux plus bouger, ne ressens plus ma peine
Cet Amour me dilue depuis l’enterrement
Il me givre stoppée au milieu de l’arène
Où s’est-il envolé me laissant hors du temps ?

Et je tombe en lambeaux sur le sable, engourdie
Par des larmes glacées qui s’arrêtent. Si blême,
Hagarde, je pantèle à tes yeux qui sourient,
Vaincue de désarroi, tarie de froid, je t’aime. 

21 Réponses à “Brouillard givrant”


  • Malgré les maladresses au regard de la prosodie, ce poème est bouleversant et beau.

  • d’accord avec toi, Zaz….

    Dernière publication sur Photos, Reportages, Chansons, Venise : QUAND LE « FOTOGRAF » DEVIENT « MODÈLE »

  • Marie France Genèvre

    Merci

    Maladresses dans les rimes, et ?

    Des frimas à l’intérieur

  • ce texte est magnifique !! très émouvant, je comprends très bien que la douleur intense puisse vous faire dire de si belles choses
     » mon âme verglacée.. »
    « fracassée de douleur »  » je tombe en lambeaux »
    et le dernier mot  » je t’aime  »
    très touchée Marie France par ce beau poème
    katy

  • Marie France Genèvre

    Merci Katy

  • Marie France Genèvre

    Et pourquoi pas procéder à une sorte d’ »autocorrection » aussi, laissée à vos appréciations
    Ca me paraîtraît un bon moyen de progresser.

    Dans mon poème, j’ai vu des rimes pas comme il faut par exemple, « douleur-pleure », féminine, masculine, des pieds en trop (le pluriel « sourdes »)

    Pour votre avis

  • Joelle di SANGRO

    Tout à fait Marie-France,

    Le masculin et le féminin ne riment pas.

    Pour ce qui est de  » sourdes », il faudrait lire la phrase à haute voix en tenant compte de la liaison et ,là, tu pourrais constater d’emblée l’anomalie du vers.

     » Jusqu’aux oreilles sourdes »z »unronron bien trop lourd ( 13 pieds)

    Il t’était possible d’écrire:

    « Jusqu’à l’oreille sourde un ronron bien trop lourd » et tu avais les 12 pieds.

  • Marie France Genèvre

    Et ça sonnait mieux même
    Merci Joëlle

  • Joelle di SANGRO

    De rien, Marie- France,

    Il est vrai que le fait que le poème soit écrit au féminin, ( ce qui est normal puisque tu es une femme), ne t’aide pas:

    Il conviendrait surtout d’éviter les « ée » à la césure, comme:

     » Mon âme est verglacée « e » j’entends le glas qui sonne »(13pieds)
    En écrivant:
    « Mon âme est verglacée au son du glas qui sonne.

    « Cet amour me dilu « e » par cet enterrement »
    Par: « cet amour me dilue en cet enterrement »

    (pas de consonne derrière un « e » muet de manière à ce que le vers coule, glisse)

    « Par des larmes glacé »es » qui s »arrêtent, si blêmes »peut-être changé, (c’est un exemple), par:

    « Par des larmes de givre agonisant, si blême »

    Ceci afin d’éviter, surtout, le « e » muet à la césure.

    Voila,je me suis permis de développer davantage cette explication car j’ai senti que le sujet t’intéressait.

    Bravo, en tout cas pour ce poème qui est trés beau et mérite que tu le reprenne.

  • Marie France Genèvre

    Merci, c’est ce que je vais faire Joëlle
    Sur tes bons conseils et indications (que j’ignorais encore)

    Et je le renverrai à Zaz pour une prochaine « réinsertion » sur le blog par exemple

  • Je ne réinsère pas un poème corrigé. En revanche, tu pourras mettre la version corrigée en commentaire du poème initial. Cela peut effectivement être très intéressant d’avoir les deux versions d’un seul coup d’oeil.

  • Marie France Genèvre

    OK

  • Marie France Genèvre

    Je l’amènerai le 14

  • Un petit retour sur le blog pour me changer les idées….
    Bravo à Marie-France pour ce beau poème qui vaut le coup que l’on s’y arrête….
    Nous ne pouvons qu’être d’accord avec les remarques de Joëlle quant à la césure car l’oreille humaine, ne pouvant assimiler d’une traite un vers de 12 pieds, a besoin à l’écoute d’un repos au bout de six syllabes….
    Mais si l’on suit les règles de la « prosodie classique » à la lettre il n’y a pas qu’à la césure que le « e muet » est interdit…. Il y a théoriquement anomalies également sur les mots suivants qui devraient être suivis par une voyelle : Egarée Envahie abasourdie Vaincue tarie… Certains diront même qu’il provoque un pied supplémentaire et que les vers concernés compteraient donc 13 pieds…. Encore une fois cette règle m’interpelle pour les mêmes raisons que la règle qui interdit les rimes des pluriels avec les singuliers….
    Tant pis si je me répète mais la poésie était autrefois le véhicule oral de la culture et le français d’autrefois se devait de prononcer toutes les voyelles,(et ceertaines consonnes aussi) comme l’italien de nos jours d’ailleurs…. Je reste persuadé, dans les cas qui nous intéresse, que le « e muet» d’aujourd’hui était autrefois un « e sonore »… D’où l’intérêt alors de la règle pour garder le rythme….
    Mais la langue française a évolué… Qui de nos jours prononce encore, même avec la meilleure des dictions, « vain/ cu/ eu » ou « ta/ ri/ eu » ou « é/ga/ré/eu »….
    Le fait est que le poète inspiré, Marie France en l’occurrence, n’étant pas au fait de cette règle, ne s’est même pas posé la question est révélateur….

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  • Marie France Genèvre

    Merci Claudio
    Effectivement j’ignorais cette règle et suis contente de l’avoir apprise grâce à Joëlle
    Oui, les règles peuvent être restrictives des fois, (parcequ’anciennes ?) mais il faut les connaître, les maîtriser pour, déjà, un écrit de qualité puis évoluer…

  • J’ai complètement zappé cet échange autour du « e » muet à partir du texte fort de Marie-France. Je devais être accaparé par d’autres tâches, je vous laisse deviner…
    Claudio a raison de rappeler que le « e » muet se prononçait jadis, et comptait donc pour une voyelle. Il est vrai qu’aujourd’hui on ne le prononce plus… mais c’est à moitié inexact. On ne le prononce plus dans la moitié nord de la France (où l’on parle la langue d’oïl) mais on le prononce souvent dans la moitié sud, où les linguistes localisent la « langue d’oc » (d’où le nom Languedoc).
    Pour preuve, souvenez-vous de l’accent méridional et imaginez Fernandel prononçant Peu-chè-reu ou Galabru s’exclamant « Vous me fai-tes vrai-ment brai-re ».
    Et nous y voilà: le compte est bon…
    Mais c’est une affaire scabreuse, sur laquelle Joelle a raison d’insister : beaucoup d’alexandrins que nous voyons passer comptent 13 voire 14 pieds…
    Affaire à suivre !

  • Et pour le coup, ce ne sont plus des alexandrins ! Cette appellation est d’ailleurs très galvaudée et utilisée à tort et à travers pour tout dodécasyllabe. Or tout vers de douze pieds n’est pas un alexandrin.

  • Et comme l’avait précisé avec justesse (lors de commentaires malheureusement supprimés)notre désormais Alérion d’Or de Jean-Jacques,l’appellation galvaudée qu’Isa évoque plus haut n’est qu’un
     » Alex sans drain »

  • Marie France Genèvre

    Pauvre Alex…

  • Mais non, Marie-France!…

    Aprés tout, tout le monde n’a pas besoin de drain!

    Beaucoup s’auto-régulent d’eux mêmes!

  • Marie France Genèvre

    Oui Joëlle, c’était pour rire

    Et Zaz, tu es entrain de me mélanger avec tes dodécasyllabes…

    Non, j’ai compris mais ouf, faut chercher

    12 syllabes si ça ne remplit pas les conditions (deux hémistiches, et quoi encore ? les rimes…et tout ça) ça ne s’appelle plus un Alexandrin…
    Eh oui…

    A plus tard

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