Le non-voyage

Si les frimas d’automne enveloppent la terre
Tous les matins d’octobre, à dix heures l’azur
Élimine soudain le flou du ciel impur
Et l’éblouissement soulève le mystère.

Des arbres ont vêtu leur parure carmin,
D’autres préfèrent l’or ou le jaune et le fauve,
Les oiseaux migrateurs désertant leur alcôve
Empruntent chaque année un pénible chemin.

Suivre sans réfléchir l’appel de la nature
Me paraît illusoire et vaine liberté,
Pourtant je les envie et la captivité
Dont je me sens victime aiguise la torture.

Surtout ne pas chercher à comprendre pourquoi !
Survivre à chaque jour, rester dans l’ignorance,
Se refuser le rêve au-delà de l’errance,
Ne pas voir que le monde, à l’abri, reste coi ! 

(Extrait du recueil « Rouge et Noir Eden »)

Merci pour vos avis et conseils.

10 Réponses à “Le non-voyage”


  • Joelle di SANGRO

    Belles images empreintes de nostalgie qui me rapellent la chanson de Michel FUGUAIN: « Fais comme l’oiseau »

    Serait-ce pour cela, Isa, que tu choisis de voyager en octobre?

  • Peut-être… en tout cas, l’idée de partir quand tout le monde est revenu me plaît bien ! Mais contrairement aux oiseaux migrateurs, je serai de retour bien avant le printemps…

  • Joelle di SANGRO

    A propos d’envol:

    Je ne sais si certains éprouvent cela; mais à bord d’un avion, alors que depuis le hublot je vois les nuages, si près, si prés… et dans lesquels on passe parfois, j’ai envie de « plonger » dans cette masse cotonneuse (et ce, bien que sachant que si cela se produisait, je ne ferais que la traverser).

    Ces nuages si proches m’attirent irrésistiblement.

    Il est devenu tellement banal de  » voler »…et pourtant…être au dessus d’un nuage, à côté d’un nuage…Le voir de si près est un fait tout à fait extraordinaire que les hommes de tous les siècles, d’avant cet incroyable progrès, auraient rêvé de vivre…

    Peut-être n’y pensons-nous pas assez.

  • CHIRON Jean-Jacques

    Bonjour Isabelle et amis du blog,

    A la lecture de ton poème, je n’ajouterai rien aux commentaires
    de mes prédécesseurs. Aussi, en toute amitié, je te propose
    quelques modifications minimes pour allèger la musique de certains
    vers en supprimant deux fois la conjonction « et » :
    1er quatrain : au deuxième vers insérer une virgule après
     » à dix heures » ; mettre « : » à fin du 3ème vers ; au début du
    4ème remplacer  » Et l’  » par « Cet ».
    2ème quatrain : au troisième vers insérer une virgule à
    la fin de la 1ère hémistiche et une en fin de vers.
    3ème quatrain : à la fin du 2ème vers remplacer la virgule par
    un « ; » ; au 3ème vers insérer une virgule après  » Pourtant » et
    un « ; » à la fin de la première hémistiche, puis remplacer au début
    de la deuxième hémistiche le « et » par « or, ».
    Je pense que cela apporterait un pu plus de rythme à ton poème.

  • Ah Jean-Jacques ! J’aime en toi le perfectionniste ! Mais je suis d’accord sur tout, notamment sur la répétition « et » dont on abuse parfois pour completer un vers de onze pieds !!! Merci.

  • Joelle di SANGRO

    Et c’est ainsi que l’on peut constater que même l’excellence peut encore s’améliorer!

    L’Art, le « grand art » recèle donc une part d’inachevé, comme tout ce qui nous émerveille ici-bas.

  • La notion d’excellence est assez difficile à définir. Excellent par rapport à quoi ? par rapport à qui ? Personnellement, je pense qu’on peut toujours mieux faire et ce n’est que la nécessité de mettre un terme à une oeuvre, poème, nouvelle ou roman, qui me pousse à arrêter de relire et de corriger. Il faut savoir finir. Mais on peut toujours s’améliorer, bien sûr. Etre Grand Prix des Poètes Lorrains et avoir obtenu plusieurs autres prix dans de nombreuses régions de France mais aussi à l’étranger et avoir connu le grand bonheur d’être par trois fois Alérion d’Or n’est pas une fin en soi et ne met pas à l’abri de la perfectibilité. Et j’ai envie de dire : heureusement ! Qui voudrait être une machine à pondre des poèmes parfaits ? Il m’est même arrivé, dussé-je passer pour prétentieuse, en lisant Victor Hugo, de penser que là, dans tel poème, il aurait pu mieux faire…
    Ma longue et assidue pratique des concours de poésie m’a enseigné que si l’obtention d’un prix procure une grande satisfaction, elle n’est en aucun cas un gage de perfection.

  • On me pardonnera ce coup d’oeil dans le rétroviseur, mais je me souvenais de n’avoir pas été d’accord avec Jean-Jacques sur au moins un point :
    Pourquoi remplacer « et » par « cet » au 4ième vers ? Ecrire : « cet éblouissement … » relèverais à mon sens de l’énumération alors que le « et » donne de la puissance à l’évocation : « et, voilà que ! ! »
    Il n’y a pas à craindre de répéter les mêmes mots s’ils sont évocateurs, sinon, Aragon n’aurait pas fait l’Alexandrin que l’on connaît en répétant trois fois « les yeux d’Elsa, les yeux d’Elsa, les yeux d’Elsa ! »

  • …relèverait, bien sûr, désolé !

  • Vous n’avez pas tort, Pierre, mais je suis quand même d’accord avec Jean-Jacques et je pense qu’il faut tout faire pour éviter les répétitions, surtout quand la conjonction « et » est utilisée abusivement comme dans ce poème.
    Quant au fameux trimètre d’Aragon que vous évoquez, vous avez entièrement raison et il est évident que le poète a sciemment répété par trois fois les quatre mêmes mots pour leur donner un caractère obsessionnel. Là, bien sûr, je m’incline et ne vois dans ces répétitions aucune faute, mais bien au contraire l’expression du talent d’Aragon.

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