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Archive mensuelle de octobre 2010

La prière du mort

Arrête ! Ecoute-moi, voyageur. Si tes pas
Te portent vers Cypsèle et les rives de l’Hèbre,
Cherche le vieil Hyllos et dis-lui qu’il célèbre
Un long deuil pour le fils qu’il ne reverra pas.

Ma chair assassinée a servi de repas
Aux loups. Le reste gît en ce hallier funèbre.
Et l’Ombre errante aux bords que l’Érèbe enténèbre
S’indigne et pleure. Nul n’a vengé mon trépas.

Pars donc. Et si jamais, à l’heure où le jour tombe,
Tu rencontres au pied d’un tertre ou d’une tombe
Une femme au front blanc que voile un noir lambeau ;

Approche-toi, ne crains ni la nuit ni les charmes ;
C’est ma mère, Étranger, qui sur un vain tombeau
Embrasse une urne vide et l’emplit de ses larmes.

José-Maria de HEREDIA (1842-1905) 

Bouquet de chrysanthèmes (huile sur toile d’Auguste Renoir)

chrysanthmes.jpg

Thème du mois de novembre : autour d’une tombe

A la veille du 1er novembre, j’ai le plaisir d’introduire le nouveau thème avec une toile d’Auguste Renoir (1841-1919) et un poème de José-Maria de Hérédia (1842-1905).

J’espère que ces deux oeuvres seront un moteur pour tous les peintres et poètes de la SPAF Lorraine qui participent à l’animation de ce blog.

Promenade

La lumière fidèle 

doucement violoncelle 

sur la brume des pâles horizons… 

 

Et s’achève le deuil d’une saison, 

à la dentelle de quelques feuilles en larmes 

dont la plainte discrète 

s’inquiète 

de rompre le charme. 

 

Au beau milieu du ciel 

 qui crachine       

     sur mon échine, 

            crécelle                                

un oiseau sentinelle, 

envoyant à la cantonade 

le message 

de mon discret passage… 

 

Et le vent en colère 

violemment vitupère… 

 

A l’abri de mon nid de rêves 

je me fais tout petit, 

tandis qu’en moi se lèvent les prémisses 

d’une joie qui se glisse 

avec délices 

jusqu’au plus douillet 

de mes jardins secrets… 

Ma philosophie

ma philosophie
est une montgolfière
qui voyage
en sage hauteur
en sage distance
je ne suis que torero
en l’arène de ce monde
mais
ombres de
l’adversité
prenez garde
à mes banderilles
d’autant
que je ne dois
quitter ce monde
que
par mon âme 

Le funiculaire

dalsteinc093lefuniculaire.jpg

Il y a la mer, il y a mon île

Mer bleue et transparente
Imprévisible et sauvage
Folle et déchainée.
Ton eau bouillonne et vient frapper les rochers
Inlassablement sans jamais se fatiguer.
Nul ne peut te retenir.
Froide ou chaude au grés des saisons
Sous le soleil, tu brilles avec des reflets d’argent.
Vague après vague
Tu mouilles le sable le long du rivage.
Et à mes pieds ton écume tu déposes.
Tu te détends et tu te calmes
Commence alors avec ton clapotis
Une douce plainte qui vient bercer mes oreilles
Et réveiller mes envies.
Mer immense et profonde
Tu nourris les familles du village 

Jamais les hommes ne te trahiront. 

Au fond de tes entrailles 

Se cachent de véritables trésors. 

Mer  de toute beauté, un jour prochain
je referai la traversée rien que pour te regarder 

Ile en ton sein je suis née, au pays je rentrerai !

Honfleur (huile sur toile)

mo8honfleur.jpg

Un porte-bonheur…

Nous fêtions ce week-end les soixante ans d’une amie. Au moment crucial d’ouvrir les cadeaux, elle hésitait à s’emparer du très gros paquet superbement emballé et scotché par de multiples bandes brunes adhésives.
Lorsqu’elle s’y attela, elle découvrit, parmi de vrais cadeaux comestibles, une multitude de canulars emballés individuellement : vieilles casseroles, clé à molette géante, entonnoir, etc. Et soudain, une merde, une véritable crotte nauséabonde fit son apparition ! Parce qu’on la surnomme la Tata des toutous depuis qu’elle garde des chiens, chacun crut à une mauvaise blague et regardait autour de soi pour découvrir l’indélicat. Notre amie décida d’en rire, un peu jaune… mais enfin, nous étions tous entre amis et une mauvaise intention était à bannir. 

L’explication ne tarda pas à venir de la part d’un couple de retraités farceurs sur le point de déménager. Il avait eu l’idée du colis truffé de vieux objets, Elle avait acquiescé. Il s’en occupait, Elle le laissa faire. Quelques jours plus tard, après avoir nettoyé la caisse du chat et emballé la crotte dans du papier journal, Elle jeta le tout dans un carton à proximité manifestement destiné à la décharge. Il continua à glaner les vieux objets, les emballa et les déposa dans ledit carton ! 

Et voilà comment une crotte s’est malencontreusement glissée dans le colis cadeau ! Alors que certains doutaient encore de la bonne foi de nos retraités à la fois hilares et confus, notre sexagénaire déclara que cette merde n’était pas la première qu’elle prenait en main depuis qu’elle garde des chiens qui ont parfois le chic de s’oublier sur les trottoirs. Et cela lui avait toujours porté bonheur !

Poète

Il n’a ni le génie, ni même le talent, 

Des géants disparus étudiés à l’école ; 

Indocile sa Muse au lointain caracole 

Et sa plume ébréchée interdit tout allant. 

 

La page vierge attend un somptueux festin 

D’alexandrins rythmés en subtile ordonnance, 

De rimes couronnant une riche assonance, 

De beaux vers envolés vers un heureux destin. 

 

Empli d’amour son cœur dit des mots oubliés ; 

Dans son jardin secret où le sonnet gambade 

S’égayent virelai, épigramme, ballade, 

Poèmes qui jamais ne seront publiés. 

 

Nourri du sang divin de poètes divers, 

Ignoré du Parnasse, incompris par le monde, 

Hors de l’humanité son esprit vagabonde 

Et son âme attendrie embrase l’Univers !

Charles BERTE, Grand Prix des Poètes Lorrains 1998 pour son recueil intitulé : « AUTREMENT DIX » 

 

Cinq tristes tankas pour un automne… 2001

Elle vient de tomber 

         malgré ses deux joues bien rondes… 

La poire était blette. 

         Ainsi, les plus beaux fruits meurent, 

         grignotés de l’intérieur. 

 

 

                            Ainsi sont, sont, sont 

                                      les humains très vaniteux ; 

                            ainsi font, font, font, 

                                      pour gratter le cul du ciel, 

                                      deux grandes tours qui s’écroulent. 

 

 

Dépouilles d’amour, 

         les feuilles anéanties 

crissent sous le pas. 

         Elles épouseront bientôt 

         le silence de l’humus. 

 

 

                            Elle a tant aimé 

                                      amis, rires et champagne ; 

                            elle a tant dansé. 

                                      Elle rusait avec la mort… 

                                      mais la tumeur est maligne. 

 

 

L’oiseau se fait rare 

         au rendez-vous du matin : 

Il craint trop la brume. 

         Seul un vieux corbeau douteux 

         fait le malin sur le fil… 

Locomotives à vapeur

dalsteinc077locomotivesavapeur.jpg

Un parterre

un parterre de
jabots mêlés
oeillets rouges
et oeillets blancs
un couple de ramiers
y
jabotte 

Flânerie

J’ai croisé ce matin un’ femme portant son chien 

Elle avait l’air si triste, que je l’ai embrassée. 

.J’ai croisé un notable qui ne m’a pas saluée, 

J’ai rencontré Andrée, on a parlé de rien… 

 

Au hasard des ruelles que rase l’hirondelle, 

Fleurant bon le pain chaud et le sucré lilas, 

J’ai croisé un trouvère que suivait un grand chat 

Et qui, chemin faisant,jouait du violoncelle… 

 

J’ai  croisé un enfant, les yeux pleins de sommeil, 

Quand j’ai croisé Mokhtar, il était en retard.
De quoi donc ? Je l’ignore, comme l’ignorent la plupart.
J’ai caressé un chat qui dormait au soleil… 

 

J’ai croisé ce matin un’ femme portant son chien 

Sous le soleil  qui darde, tout redevient possible. 

J’ai aimé ces moments de bonheur invisible 

Quand flânant, je rêvais tout au lond du chemin. 

Argentine (huile sur toile)

mo7argentinehuile.jpg

1000 articles

Le poème d’aujourd’hui est le 1000e article publié dans cet espace. Après un recul constant des visiteurs depuis le mois d’avril, notre blog est de nouveau en hausse et comptabilise environ 60.000 visites et plus de 800 commentaires (depuis la suppression des quelques 3000 commentaires en mai). Il occupe toujours le sixième rang de plus de 3600 blogs dédiés à la poésie et la littérature de notre hébergeur.

A maman au Paradis

Maman, j’adresse au Paradis 

Mon cœur fervent dans ce message 

Pour toi j’essaye d’être sage 

Mais ton départ m’a trop surpris. 

 

Tout est changé à la maison : 

Papa supporte une marâtre, 

Je hais cette femme acariâtre 

Qui me maltraite sans raison. 

 

J’ai dérobé son martinet 

(J’en avais coupé les lanières 

M’insurgeant contre ses manières) 

Alors elle a tué Minet ! 

 

Triste, papa va travailler 

Et s’en revient à la nuit noire 

Je sens bien qu’il commence à boire 

Au souffle sur mon oreiller. 

 

Je pleure durant les conflits, 

Je rougis de son verbe obscène 

Et quand elle nous fait la scène 

Je vais me cacher sous les lits. 

 

Elle a cassé mon beau collier 

En me battant avant la classe, 

De colère et de guerre lasse 

Je l’ai poussée dans l’escalier. 

 

Elle s’est tuée en tombant 

Sur une marche très coupante 

J’en ai vomi dans la soupente 

Avant de m’enfuir,  titubant. 

 

A la cantine on m’appela 

Pour m’informer de la nouvelle : 

« Maman » dans sa chute mortelle 

Avait brisé la pergola ! 

 

J’ai prié à l’enterrement, 

…Pour toi seule, maman que j’aime 

Et Dieu pardonnera quand même 

Un bref instant d’égarement. 

 

Papa semble heureux, sans regret, 

Il chante, en auto, sur la route 

Parfois il est saisi d’un doute 

Et cherche à percer mon secret ! 

 

Maman je t’aime et ton petit 

Veut te rejoindre…au Paradis !

Charles BERTE, Grand Prix des Poètes Lorrains 1998 pour son recueil intitulé : « AUTREMENT DIX » 

 

Bribes d’automne

         La brume s’effiloche, 

          en voiles de dentelle, 

                            sur octobre qui tremble 

                            aux pourpres horizons :                    

          lumière sans pareille sur la toile du ciel… 

 

         Le peintre s’émerveille de la rousse saison… 

 

                  Les forêts incendiées, 

                           lentement , 

                                      au grand vent, 

                                              se dépouillent… 

                  Sur le seuil des frileuses clairières, 

                            les chemins embourbés, 

                                     sous l’averse, 

                                               s’enrouillent… 

          

         Oh ! longs sanglots de feuilles endeuillant les lisières ! 

 

                  Le vieil arbre qui craque, 

                            avant la fin du jour, 

         tend ses bras douloureux vers d’obèses nuages… 

                            Quelques fangeuses flaques, 

                                      posées sur les labours, 

                  invitent les corbeaux à d’étranges voyages. 

 

                            Des pas pressés s’enfuient … 

                   loin des gris insipides. 

                            L’inéluctable nuit, 

                                      se glisse, 

                                                pour le pire, 

         dans les moindres recoins des campagnes livides. 

 

                   Octobre, 

                             tout chagrin, 

                                      s’éclipse sans rien dire… 

Les « coquins »

Le temps des vacances a permis à nos petits-enfants de passer une journée dans un Marine land du sud de la France .  Ils ont été émerveillés par le spectacle présenté par des dresseurs d’orques.  A leur retour, comme je gardais LISON, (  deux ans ), elle m’apporta un «  beau livre » dans lequel sont dessinés toutes sortes de poissons. Le jeu consistant à ce qu’elle tourne les pages de carton et que je lui dise le nom de chaque espèce, nous sommes arrivés aux requins. Et ma petite fée, croyant revoir les orques s’écria en pointant du doigt : «  Les coquins, piouf !  les  coquins, piouf ! »  Puis , comme  surprise, je la regardais, elle continua : «  Veux aller ! veux  aller ! 

 

Emerveillée, je constatais que cette petite puce de deux ans était déjà capable de se souvenir d’un fait remontant à trois semaines et à l’expliquer. 

 

Quelques jours plus tard, comme je cherchais dans une boite quelques colifichets appartenant à sa grande sœur de six ans, LISON vit une bague de plastique rose des plus clinquantes. Comme elle la prenait, je lui dis qu’elle était à était à APPOLINE et qu’il faudrait la lui demander. 

 

APPOLINE  revint avec sa maman dans la soirée et je dis à LISON : C’est le moment ma chérie, de demander à APPOLINE si elle veut bien te donner sa bague ! 

 

Alors LISON,  regardant APPOLINE, se jeta à genoux devant-elle ! Et je compris, à la fois étonnée et très émue que notre petite fée, incapable encore de parler suffisamment, savait déjà se faire comprendre de la manière la plus efficace qui puisse exister. 

 

On fait bien sur, pour les siens les rêves les plus fous : et je me prends déjà à penser que LISON pourrait bien avoir l’étoffe d’une grande tragédienne… 

Au coeur de la nature

Six heures trente. La campagne doucement s’éveille, une brume légère enveloppe telle une grande écharpe le paysage qui s’étire à perte de vue. Les herbes, dont les extrémités sont perlées par la rosée matinale, ressemblent à une myriade de diamants.
J’emprunte un sentier que longe une petite rivière, un couple de colverts au plumage chatoyant glisse amoureusement sur l’eau translucide.
La lune blafarde commence à baisser sa garde en jetant un dernier regard sur ce paysage éternel, laissant alors le champ libre aux premiers  rayons pâles du soleil qui percent timidement derrière une rangée de peupliers gigantesques semblant se tenir au garde à vous. Je continue ma marche silencieuse sur un étroit sentier qui serpente la colline. Au loin se font entendre les sept coups de l’angélus.
Sur ma gauche, à peine apparente, recouverte de mousse, une voie de chemin de fer aux traverses de bois rongées par les intempéries, usées par le temps et abandonnées depuis de nombreuses années.
Pourtant, en la regardant, dans mes oreilles résonnent le grondement sourd du train ainsi que son sifflement, c’est une image du passé qui ravive mes souvenirs car la modernité a pris le pas sur l’ancienneté.
Entre de petits îlots verdoyants, des arbres dénudés conjuguent vie et mort à l’image de nos vies.
Un champ labouré me rappelle la présence du paysan vivant pour sa terre au sein même de cette nature généreuse et magnifique.
Habitations en vue, des tas de bois adossés aux maisons annoncent un hiver rude, mais évoquent aussi des veillées joyeuses au coin du feu entre voisins, soirées faites de rencontres, d’échanges et de partage.
Mes pas me conduisent ensuite près d’un enclos où  des vaches ruminent paisiblement.
A l’écart en contre-bas un poulain tête sa mère. Fascinée par ce charmant tableau, je me dis que Dame Nature est bien belle.
Chemin faisant ici et là, des petits monticules de feuilles desséchées, palette de couleurs variées qui vont du rouge vif en passant par le brun et l’ocre, une merveille pour les yeux. Merci à toi le vent qui n’as pas encore accompli ton oeuvre.
Nudité presque indécente des arbres qui ont perdu leurs habits de verdure, qui agitent leurs branches comme des spectres formant des ombres inquiétantes sur le sol.
Une buse vient de faire une halte sur un câble à haute tension avant de reprendre son envol vers une mystérieuse destination.
Je m’assois sur un tronc d’arbre, je respire l’air si vivifiant, je fais le plein de mes poumons.
J’apprécie ce silence qui se dégage de la nature, il me ramène plusieurs années en arrière au temps où je n’étais qu’une petite fille vivant à la campagne.
La beauté de ce paysage m’émeut profondément, elle pénètre mon âme pour me faire oublier le quotidien de ma vie à la ville. 

Un siècle va se taire

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Discothèque

Discothèque
éclairage
ambiance Andy Warhol
à la sortie
nos coeurs mariés
bouquet dans les nuages
de la nuit aux étoiles de Chagall 

Je t’aimais… tu m’aimais

Je t’aimais, tu m’aimais, 

Unis pourtant nos corps ne le seront jamais. 

 

Vingt ans se sont passés, et plus encor, je t’aime, 

Je crois en notre amour défiant la mort même, 

Je crois qu’il peut franchir les mondes éthérés 

Et réunir les cœurs à jamais séparés. 

 

Je crois en l’immuable, en la force invincible 

Des êtres enlacés jusqu’à l’inaccessible. 

 

Je crois au doux colloque entre les âmes sœurs, 

Au secret rendez-vous dans les soirs de ferveur, 

Quand sonne le retour des heures nostalgiques 

Dans la complicité de la nuit idyllique. 

 

Filet arachnéen recouvrant l’univers 

De sa toile ténue, accrochant au revers 

La foule des humains, long ruban solitaire 

Cherchant en l’invisible un double à sa misère. 

 

Je t’aimais…Tu m’aimais, 

Unis ! Pourtant nos corps ne le furent jamais . 

 

C’est ton amour en moi, qui s’infiltre et demeure, 

C’est le mien qui te grise et jamais ne te leurre. 

 

Je le vois de son aile abriter ton cœur las, 

Frémissant dans ta chair quand je ferme les bras. 

 

Je l’appelle en mon âme aux heures de détresse, 

Il descend dans la tienne aux instants de tendresse . 

 

Il est autour de moi, son ombre me poursuit, 

Il est en toi vibrant comme une eau qui s’enfuit. 

 

Que s’épuise ton sang ou que brûle mon âme, 

C’est toujours notre amour que l’un ou l’autre clame ! 

 

(Ce poème a obtenu le 1ier Prix au Tournoi International Féminin de Poésie et fut remis à Hélène VESTIER au Ministère des Affaires Etrangères à Paris en 1967) 

Le bracelet d’argent

      Une de mes amies du village m’avait parlé de trés beaux objets qu’elle avait ramenés d’un voyage en Inde et du somptueux travail d’orfèvrerie des artisans indous. La curiosité féminine aidant, je lui fis une petite visite.

 

Comme j’entrai dans la boutique, je la vis occupée à papoter en compagnie d’une  vieille dame à l’air absent et d’une femme extrêmement bronzée , dont le teint contrastait curieusement avec les cheveux blonds. Très émaciée, elle se tenait nonchalamment accoudée au comptoir de la boutique. 

 

Saluant mon amie, je luifis part de l’objet de ma visite, mais celle-ci, surprise par mon arrivée, se leva vivement pour me dire : «  C’est que j’ai presque tout vendu !… » et de commencer par sortir de sa vitrine, un bracelet d’argent vieilli, somme toute assez banal… 

 

Je regrettai déjà ma visite, quand la femme du comptoir, avant que j’ai pu saisir l’objet pour mieux le regarder, le prit des mains de mon amie et se mit à la tourner en tous sens dans ses doigts, allant jusqu’à déclarer : «  il est un peu petit ! » 

 

Alors, sautant sur l’occasion, je lui dis : «  Je quitte le village dans deux jours, aussi je vous laisse jusqu’à demain ! si, demain , vous ne l’avais pas pris, je l’emporte !  »

 

.De retour de promenade dans la soirée, je vis mon amie venir à ma rencontre et me dire d’un air préoccupé : « Elle l’a pris ! elle  l’a pris ! et pourtant, cela faisait des mois qu’elle le voyait en vitrine ! » 

 

Comme c’est dommage ! ais-je répondu: Dis bien à ta cliente qu’il me plaisait beaucoup ! 

  

( car je pense vraiment qu’il n’en aura que plus de valeur à ses yeux !…) 

Le silence des amoureux

Il trace ,soluble,le trait d’union de deux évidences

et dans leur regard d’yeux à yeux

s’alanguit d’une tendresse immense.

Il est là,n’importe où,pour camper l’alcôve,

il s’arrête,il contemple,au bord d’un lac au friselis doux,

il suspend le temps qui dure au serment des attentions,

il délie le geste de la semeuse

et demain se glaneront des javelles de blés mûrs,

il voyage porté sur l’air

et s’y enlace incarné par deux chevaux ailés,

il berce des étoiles dans le ciel ému d’un rêve éveillé.

Il est une dame et laisse tomber son mouchoir:

un sentiment le ramasse pris pour l’augure de facetter

ce bonbon sucré d’être l’un pour l’autre.

Il est l’apôtre,

ils font leur Dieu,leur amour

dans le silence des amoureux.

La Jeanne

Le ciel est triste, gris et bas
Il pleut, une pluie fine et grasse
Et mouillant le chemin étroit
Scintillant les pierres comme glace

Tout au bout, le cimetière
Un petit cimetière entouré
D’un mur bas tout en pierres
Le portail grinçant mal fermé

Quelques tombes anciennes et nouvelles
Occupant çà et là le terrain
Certaines alignées ou pêle-mêle
Abandonnées dans leur chagrin

Chaque matin, une femme
De noir vêtue et sans âge
Toujours debout prie pour l’âme
De son enfant mort en bas âge

Par tous les temps, toutes saisons
Seule dans sa mélancolie
Elle est là et sur le même ton
Parle d’Amour à son petit

Depuis des temps immémoriaux
Tous les villageois la connaissent
La Jeanne qui parle à son marmot
Fait sourire avec gentillesse

Car on ne sait plus, incertain
Mort naturelle ou provoquée
Qu’importe et on l’aime bien
La vieille Jeanne et son bébé.

Gérard Bollon

La Vallée des espoirs

Comme suite aux demandes qui ont suivi les commentaires sur le texte « feux continus », j’ai pu retrouver les cassettes du téléfilm « La vallée des espoirs » qui conte un pan de l’aventure du fameux « texas lorrain ».  Notre fils a pu les numériser. Les exemplaires sont donc disponibles et je compte en offrir (4 DVD sur 2 jaquettes) lors de la remise des prix aux personnes qui se sont manifestées. Si cela intéresse d’autres personnes, merci de me le dire rapidement pour réaliser copies et jaquettes. Pour les personnes qui ont souhaité en disposer à l’issue d’un libre échange sur le blog, ce sera gratuit, toujours dans l’esprit du bénévolat associatif qui me tient à coeur (services rendus entre membres adhérant aux mêmes statuts). Pour les personens qui se trouveraient intéressées après cet épisode, ce sera le prix coûtant des 4 DVD, des jaquettes et du conditionenment, soit 5 €, car comme pour chacun, notre budget familial n’est pas extensible !.
Enfin, pour les personnes qui ne pourraient pas être présentes à la remise des prix et que cela intéresserait également, je demanderai le prix de revient de 5€ et les frais de port en renvoi équivalent en timbres d’affranchissement dont je fais assez grand usage.La poste a encore des clients !

Je redonne mon adresse courriel : gerard.dalstein@laposte.net

Le trèfle et le pissenlit

Sur le bord d’un chemin,
Poussait, tout à côté
D’un trèfle, ayant au moins
Dix-huit tiges à son pied,
Un pied de pissenlit
Qui avait, lui aussi,
Dix-huit tiges en son nid
Qui avaient très envie
De sortir tout de go,
Pour montrer leurs soleils,
À ce trèfle nigaud,
N’ayant pas son pareil
Pour fleurir tout en boule,
Comme un soleil couchant
Qui attire les foules
Pour rêvasser devant
Ses couleurs violacées
Qui ne vont pas durer !
Le trèfle, avec fierté,
Se mit à dominer,
Par sa fleur s’élevant,
Tous les gros nids de poule
Du chemin serpentant,
Lorsque, sur lui, déboule
Un lapin aux oreilles
Qui montaient bien plus haut
Que son petit soleil
Qu’il mangea aussitôt,
Comme ses feuilles aussi,
Et tout le pissenlit
Qui, du coup, a compris,
Comme le trèfle aussi,
Qu’on est plus exposé
Quand on montre ses biens,
Surtout s’ils sont dorés
Et à portée de main !

Orval par les saisons

Orval comme un joyau, Orval comme une terre, 

Des cristaux de l’hiver aux fastes du printemps, 

Tu chantes l’eau des bois, les gestes de la Mère 

Et tu gardes le feu de tes rêves d’antan. 

 

C’est toujours ton chemin qui m’habite, prospère, 

Et m’appelle; et je vais, docile à son élan 

Qui me dépose et rit dans la pleine lumière 

Des souffles frais d’avril semés aux quatre vents. 

 

Donne moi d’embrasser ce chêne centenaire 

D’où s’élèvent en août des essaims d’oraisons 

Qui célèbrent sans bruit la tendresse du Père. 

 

Qu’advienne octobre enfin, que bouge le mystère 

De ton vibrant message aux hommes de saison 

Dont le regard aimant affranchit des misères. 

 

Les feux d’Eden 

Sans tabou sans anathème

Encore une petite chansonnette parlant d’amour…. La version enregistrée étant antérieure, vous noterez quelques décalages avec la version écrite, un peu plus travaillée….

                refrain
Je voudrais te dire je t’aime

Mais sans tabou sans anathème
Pouvoir  te le dire toujours

Le faire éclater au grand jour

                   I
Mais nos amours sont clandestines
Nos belles amours libertines
Pour vivre heureux vivons caché
Garde un vieux goût de rabaché

Serais-tu la femme d’un autre
Je ne suis pas le bon apôtre

L’amour ça se commande pas
L’amour se suit, mais pas à pas

                    Au refrain

                       II
Ce serait comme une maldonne
Mais dans mes bras tu t’abandonnes
Pas besoin de donner le la
Je sens que l’amour est bien là
Tu viens toujours à la nuit sombre
Tu veux toujours rester dans l’ombre
Belle de nuit, petits séjours
Tu t’enfuis au lever du jour

          Au refrain

                     III
Tu sais j’ai suivi bien des routes
J’ai traversé tant de déroutes
J’étais amant de grands chemins
Sans lois, sans peur des lendemains
C’est dur ce que la vie enseigne
Aujourd’hui j’ai le coeur qui saigne
Je veux t’aimer comme il se doit
Sans que l’on nous montre du doigt

                 Au refrain

Pour écouter SANS TABOU SANS ANATHEME cliquez ci-dessous
http://boaretto.unblog.fr/2010/09/27/sans-tabou-sans-anahteme/

J’accueillerai avec plaisir toutes remarques quant à l’écriture et à la forme de cette chanson en regard des règles de la prosodie…. Merci d’avance….

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