La vieille mine

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14 Réponses à “La vieille mine”


  • Votre mine court joliment et se pose savamment sur la mémoire en révélant une mine de beaux sentiments sur un fond d’histoire.

  • J’aime beaucoup l’évocation au premier tercet de la trés vieille peur envahissant les bois et des quelques mots malins s’échappant triomphants d’un sinistre grimoire.

    Tout le mystère des antiques légendes réside en ces quelques mots.

  • Heureusement qu’il y a encore quelques humains dont vous Gérard pour faire revivre la mine et le travail des humains au fond de la mine..

    « la mine a englouti la trace de humains « ….

    l’humain s’est englouti au fond de ces mines au profit de certains
    l’humain s’est noirci de ce dur labeur..
    mais l’humain s’est donné la main , même noire.
    Leurs yeux charbonneux se regardaient avec respect ..
    La mine n’a pas englouti leur fierté.
    katy

  • Il a fallu que je me reprenne à deux fois pour lire, car j’étais bloqué au premier ver avec le « SOHO » à la césure…. à moins que ce ne soit fait exprès ?….
    Ce texte est super !
    J’ai connu pas mal de copains ritals, comme moi, et polaks dont les pères ont usé leur vie dans les mines….

    Dernière publication sur Photos, Reportages, Chansons, Peintures, Venise : CHÂTEAU BIRON EN DORDOGNE

  • Merci gérard, en te lisant c’est mon père que je revois ! Je suis allée la semaine dernière revoir l’église Sainte Barbe à Crusnes, mémoire vivante de ces mineurs.

  • Merci pour ces commentaires, et il en est un qui amène une de ces réflexions de fond qui m’intéressent particulièrement. A savoir comment parfois, lorsqu’on écrit en forme classique, le sujet peut amener à exploiter des effets que le respect absolu des règles n’admet pas.

    Je réponds donc à Claudio mais avec une ouverture pour tous. Le hiatus que tu relèves, Claudio, n’a pas été savamment calculé. Il est donc au départ involontaire, du moins consciemment. Mais je l’ai laissé volontairement dans un mouvement de lecture particulier.
    En effet, l’image du sceau que l’on frappe sur la cire pour le graver aussi profondément que possible marque un temps d’arrêt avec le bruit caractéristique de cette frappe. Et bien que grammaticalement aucune virgule ne puisse se justifier entre sceau et au, lorsque je lis ce poème, j’appuie le mot sceau, et je reprends sur le même son, mais avec un accent phonétique différent, ce qui permet de transformer le hiatus en effet particulier.
    Mais il est vrai que le lecteur, qui ne connaît pas la sensation de l’auteur, se trouve arrêté, et obligé de dépasser cet arrêt.
    Au delà, le problème général de l’exploitation des hiatus, effets de heurts des sons (mais quels sont ces serpents qui sifflent…), des élisions(le fameux « encor » en constitue l’exemple le plus connu au point qu’il a été intégré dans la règle) , et autres entorses aux règles « académiques » pour enrichir la poésie mérite que l’on s’y arrête en prenant toutefois bien garde, et j’insiste toujours là-dessus, de savoir respecter absolument les règles avant de se permettre des adaptations marginales.
    L’un des exemples les plus frappants à ce niveau se situe au second vers de la célèbre poésie de Gérard de Nerval « fantaisie », écrite en alternance d’alexandrins et de décasyllabes, mais avec une entorse en même temps à la rime et au rythme, qui est un rythme de valse :

    « Il est un air pour qui je donnerais
    Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
    Un air très vieux, languissant et funèbre
    Qui pour moi seul a des charmes secrets »

    Si on lit le poème sans être averti, on se retrouve avec une fin de vers qui ne rime pas et un vers de 13 pieds qui casse le tempo en prononçant Weber. En fait, il faut prononcer « Webre », à l’allemande.
    Et c’est le fond qui justifie l’adaptation de la forme.

    A consommer avec modération !
    Merci Claudio de cette occasion de rebondir sur un sujet que j’ai souvent envie d’évoquer, de cette bande « marginale » ce « no man’s land » où de la vie cherche toujours à naître.

  • Je ne peux être que 100% d’accord avec ce propos de Gérard : « savoir respecter absolument les règles avant de se permettre des adaptations marginales ».
    Mais à une époque où la prosodie est de plus en plus méprisée souvent par simple ignorance et les poètes classiques parfois si mal récompensés de leurs efforts pour écrire grand et beau, je me demande si tout cela vaut la peine… Sauf, bien sûr, à se faire plaisir !

  • Merci Gérard pour cette intéressante réflexion sur l’expression «Prosodisiaque»….
    Voici vraiment le genre de commentaire judicieux qu’il serait indiqué de voir aussi souvent que possible sur ce blog dédié aux «Poètes et Artistes de France, délégation Lorraine»….
    Je vais bientôt, si vous me le permettez, formaliser ce souhait….

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  • Isabelle, ça vaut toujours la peine ! Sans cela, il n’y aurait jamais eu de résistants aux régimes les plus sauvages, alors que tout le monde semblait avoir sombré dans un abandon fataliste. Qui aurait pu croire en 1940 que résister allait permettre peut-être de renverser un jour la vapeur ? Et les exemples sont nombreux. L’avenir, nous ne pouvons l’appréhender
    et l’avenir est son royaume »

    . Notre « mission » en prenant ce terme dans la réalité très terre à terre, c’est de semer, et de semer encore

  • Isabelle, ça vaut toujours la peine, toujours. Autrement, qui aurait pu être assez fou en 1940 pour résister, et croire qu’une poignée de maquisards face au rouleau compresseur nazi pouvait faire un jour basculer le rapport de forces ?
    L’avenir ne nous est pas accessible. Mais je crois fort que notre « mission », en remettant ce verbe un peu marqué, au présent de notre réalité, c’est de semer, et de semer encore. Le reste ne nous appartient pas.
    Pour ma part, et j’aurai l’occasion de le dire et redire, la poésie classique, avec ses règles est une ECOLE de maîtrise de la langue. Tout comme on ne peut pas se permettre de définir un littéraire comme une personne mauvaise en maths, je dirais que ça n’est pas parce que l’on ne sait ni ne veut écrire en forme classique que l’on est un poète moderne.
    Dans son fameux « art poétique » Verlaine ne se moquait-il pas, du moins apparemment, de la rime
    « Qui dira les torts de la Rime!
    Quel enfant sourd ou quel nègre fou
    Nous a forgé ce bijou d’un sou
    Qui sonne creux et faux sous la lime ? »
    Et je laisse justement apprécier la qualité de ses rimes pour le dire !…et peut être en deviner aussi les raisons !

  • Bien sûr, Gérard. Je sais aussi, comme disait Chénier, que la poésie n’est pas technique prosodique car seul le coeur est poète. Et je préfère aussi de beaux vers libres que de creux alexandrins. Mais je préfère encore de beaux alexandrins. Ce que je veux dire, mais c’est un signe de notre société, c’est que la poésie est tirée vers le bas. Quiconque aligne deux assonances est proclamé poète et qu’un vers compte treize, quatorze ou quinze pieds ne choque plus personne. Tout le monde a la bouche pleine du mot alexandrin qui, tu le sais comme moi, ne se contente pas de compter douze syllabes pour mériter cette appellation. Ce que je veux dire est qu’il y a aujourd’hui pléthore d’associations poétiques qui accueillent en leur sein quiconque rimaille un peu, pourvu qu’il paie sa cotisation. Et nous savons tous que certains concours de poésie récompensent à tort et à travers des participants qui ne peuvent ensuite que se rengorger. Ainsi encourage-t-on l’à peu près et ce n’est pas servir la poésie que ne pas exiger une certaine qualité.

  • Isabelle, pour clore (peut-être) cette rubrique, tu sais que je partage complètement ce point de vue, et c’est la substance même de mes messages. Mais ce que je crois très fort, c’est que la poésie classique ou assimilée, que j’appelle « musicale », est loin d’avoir dit son dernier mot. On pourrait tenir le même type de discours en ce qui concerne dessin, peinture et musique ! car il ne suffit pas de gribouiller trois traits ou d’aligner trois notes pour entrer dans les voies de l’art où les dons ne s’expriment pas sans travail.
    On se lasse vite je crois de la médiocrité ou/et des « tendances ». Donc, à tous poètes de « bonne volonté » travaillons à l’avenir pour laisser un patrimoine qui ait « un peu de gueule » à nos successeurs, car nous aimons nous-mêmes aller puiser dans les expressions de la beauté que nous ont laissées nos devanciers.

  • Je suis tout à fait d’accord avec toi, nos propos peuvent s’étendre à toutes les formes artistiques. J’ai toujours pensé que pour être un bon artiste dans la durée, il fallait un peu de talent et beaucoup de travail. En revanche, je suis beaucoup plus sceptique sur la lassitude de la médiocrité ; je pense au contraire qu’elle devient pérenne dans de nombreux domaines même si quelques uns se battent toujours pour tirer le peuple vers le haut…

  • Marie France Genèvre

    Et ils ont de plus en plus de mal vu que la volonté générale va dans l’autre sens.
    Et l’homme a toujours recherché la facilité, c’est dans l’ordre des choses

    J’ai l’impression aussi que c’est le travail qui donne la confiance (par la maîtrise) et qui permet au talent de se manifester après.

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