Archive mensuelle de août 2010

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Le galet

Je serai roulé par la mer 

son jouet jusqu’à l’infini 

et poli luisant de lumière 

j’étincellerai dans la nuit. 

 

Un enfant jouant sur la plage 

m’emportera comme un joujou. 

Presse-papiers d’écolier sage 

je serai pour lui « le caillou » 

 

Mais je reviendrai dans ses rêves 

le hanter de sonorités : 

chevaux d’écume sur les grèves 

des manades hallucinées 

 

Alors je le verrai sourire 

dans la lumière du matin 

comme sourit un avenir 

dans les songes fous d’un gamin. 

 

                                    Élie Viné 

Un bord de mer

La fin d’une terre.

La fin des pas.

Pour qu’aller …vogue

Pour qu’un horizon sur le miroir de l’onde touche le ciel

Pour qu’un gréement gonfle sa voile

Pour que loin du phare un voyage n’en finisse pas

Pour que les larmes du départ soient en osmose

Pour les gouffres amers

Pour qu’un albatros…

Pour que l’homme et la mer…

Odyssée

La vague a déferlé comme une gerbe d’or 

Et la perle irisée au creux du coquillage 

Quitta l’écrin de nacre et suivit son sillage 

Mais le sable vermeil la voit frémir encor. 

 

Un regard a trouvé son miroir dans tes yeux 

Et ton âme rêveuse en quête de partance 

Prit un nouvel essor à cet appel intense 

Et puis s’en fut cueillir l’amour au fond des cieux. 

 

La muse a soulevé son voile diapré 

Le songe doucement s’est posé sur sa lèvre 

Afin que d’un baiser elle apaise ta fièvre 

Et que s’éveille en toi l’Autre enfin révélé. 

L’échapée belle

Du livre noyé 

s’échappent les personnages 

au fil de la vague.

mer6porcherothistoire.jpg

Amer premier congé payé

Ma joie de voir la mer pour la première fois
Fut incommensurable, à l’instar de mes rêves
De marcher sur le sable de ses immenses grèves
Roulant comm’ le tonnerr’ de cent tôles qui choient…

Le laminoir d’enfer où j’avais mon emploi,
Souvent plus redoutable qu’une mauvaise grève
Brisant de faux coupables désignés pour leur brèves
Tempétueuses colères, avait déjà sa voix…

… En effet, arrivant sur la côte normande,
Entre Dieppe et Fécamp, au moment de la grande
Foi du Front populaire, elle me fit bizarre…

… Par son surprenant bruit sous ces galets rouleurs
Concédant, sans mystère, un petit peu plus tard,
A mes pieds, plus d’ennuis encor’ qu’à mon labeur !

Sur Omaha Beach

Un cheval luisant léger trottait,
Traînant un sulky de long en large.
Un chien noir, comme un lévrier,
S’était lancé derrière des sternes affolées.
Quelques chars à voile de l’École du vent
Progressaient à grand peine si lentement.

Et puis, là-bas, soudain, dans les dunes,
Telle une vierge apparue,
Une belle mariée en robe d’ivoire
Posait, irréelle et docile,
Pour un photographe virevoltant.

À deux pas de l’épave d’un blockhaus,
Un vétéran texan au parler malsonnant
Refaisait pour six touristes
Le débarquement de juin quarante quatre,
Dessinant la bataille en pointillé,
Du bout de sa canne, sur le sable mouillé.

Je marchais presque seul sur Omaha Beach
Dans la lumière vibrante et les miroirs
D’un ciel incessamment en mouvement.

Sur le sommet du talus d’intense verdure
Flottait la bannière américaine
Par-dessus le cimetière militaire
Où s’alignent impeccablement et à jamais
Des milliers de croix blanches.

Les ombres de ces lieux hantent encore la plage :
Des fantômes kaki d’à peine vingt ans
Qui étaient venus, pourtant, mourir ici.

Marées noires

Les catastrophes sont chiffrées en dollars.

A quand le chiffrage en hectares
Pollués, détruits, salis
Pour des décennies ?

Sans vergogne on détruit le vivant
En puisant ce que la terre
Avait enseveli pour longtemps.

Non contents des fléaux naturels
Que nous précipitons
Par ce que nous dérangeons,

Nous éloignons la vie
De notre futur.
En oubliant la nature,

Nous perdons l’harmonie
De nous-mêmes y compris.
Et nos sociétés meurent

D’aisance.

La vague (huile sur toile)

mer2mo.jpg

L’océan

mer1isa.jpg

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