Archive mensuelle de août 2010

Le cancre (de Jacques Prévert)

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur. 

Jacques PRÉVERT (1900 – 1977) – “Paroles” 

Aller à l’école (dessin de Jules Bastien Lepage)

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Thème du mois de septembre : la rentrée des classes

A la veille du 1er septembre, j’ai le plaisir d’introduire le nouveau thème avec une toile de Jules Bastien Lepage (1848-1884) intitulée « Aller à l’école », et un poème de Jacques Prévert (1900-1977).

J’espère que ces deux oeuvres seront un moteur pour tous les peintres et poètes de la SPAF Lorraine qui participent à l’animation de ce blog.

A tout choeur

La salle est suspendue… 

Les chuchotements se sont tus… 

Le premier violon donne le « la » ; 

Tandis que vibrent les cordes 

L’orchestre s’accorde. 

 

Un frisson, 

L’écume d’une émotion, 

Et le maestro apparaît… 

 

Sous sa baguette, impeccable, 

Il va réunir, dans le même destin, 

Choristes et musiciens, 

Leur donner le tempo, 

L’audace et le brio, 

Pour servir, avec panache 

Et précision, 

Le récit des six jours de 

« La Création ». 

 

Le chœur commence lento, 

L’orchestre répond allegretto, 

Le geste du maître est précis, 

A son regard on obéit. 

Parfaite adhésion, consentement intime, 

Ascèse vers le sublime. 

Piano, pianissimo, 

Voix à peine données, 

Dans des espaces éthérés, 

Puis crescendo, crescendo, 

Jusqu’au fortissimo 

 

Les solistes modulent les récitatifs 

En d’abondants effets descriptifs. 

Adam et Eve interviennent, 

Nous sommes au jardin d’Eden ; 

Hymne sublime à l’amour, 

Parfait duo de baryton et soprane. 

 

Les musiciens jouent à plein cœur, 

Les voix accompagnent 

Puis se libèrent avec ampleur. 

Le final est une méditation 

Sur la vie éternelle, 

Point d’orgue à « La Création », 

Apothéose solennelle. 

Bravos et ovations retentissent 

Et la foule debout réclame le bis… 

Dans la nature

                            L’aurore timide chassait de ses reflets 

                                   Les secrets de la nuit qui au jour disparaissaient. 

                                   D’orangé, de diapré, ciel et nature renaissaient 

                                   Et le vent se levait le souffle encore frais. 

 

                                   Dans le lointain brumeux s’estompaient violettes 

                                   Les collines boisées des contreforts alpins, 

                                   L’air embaumait d’odeurs d’herbes et de parfums. 

                                   Un rossignol chantait, parut ta silhouette. 

 

                                   Le ciel devenait clair comme ton beau visage. 

                                   Dans cet azur nacré d’étincelles dorées, 

                                   La lumière éclairait tes cheveux dénoués, 

                                   C’était tel le soleil sur un beau paysage. 

 

                                   Un ruisseau sanglotait tout près d’où nous étions, 

                                   Un petit pont de bois l’enjambait d’un seul pas 

                                   Et sur l’autre rive s’éveillait un petit bois 

                                   D’où suintaient quelques bruits de vie que nous aimions. 

 

                                   Près d’un étang dormant nous nous sommes posés, 

                                   Crapauds, libellules s’en donnaient à coeur joie, 

                                   Sur un carré moussu tu m’as tendu les bras 

                                   Et dans la nature nous nous sommes aimés. 

 

 

                                   Gérard  Bollon-Maso     

L’enfant à la fenêtre

Nous avions décidé de faire, sous le soleil, la promenade «  du renouveau » qu’enfant, je faisais avec mes parents, dès la fin de l’hiver. 

Sous le soleil, nous avons pris l’ancienne route de la Mure dont l’ancien pont enjambe l’ISSOLE qui dispense sa fraîcheur, déversant l’eau vive et claire des ALPES  avec générosité. 

Nous marchions sur cette route où peu d’espace est dévolu aux piétons et le passage de chaque voiture soulevait la poussière si bien que c’est avec plaisir que nous avons pu quitter la route pour prendre l’ancien chemin, bordé d’aubépine .La petite chapelle où, derrière une grille la statue de st André veille sur le passant est bien celle que j’ai toujours connue et tout ici me parle du passé…jusqu’au motocycliste qui arrive sur son engin des années 50, nous dépasse, puis revient, pétaradant, pour mieux nous jauger ! 

Nous arrivons au village…si petit, si petit…et je veux, tout près de la place en demi-cercle montrer à Franco le tout petit bosquet où j’aimais aller jouer. 

Toute à cette pensée, je passe près d’une maison sans regarder. Franco dit : Bonjour ! , puis me dit : on  te dit bonjour…) 

Levant les yeux, je vis une petite fille d’environ sept ans, à la fenêtre. D’une voix si douce et claire elle dit : Bonjour ! et me regarde furtivement. 

J’eus à peine le temps de sourire et lui répondre que nous étions passés…Le petit bois a disparu…Ils ont construit la Mairie à sa place !…Redescendant vers la Placette, j’ai levé les yeux vers la fenêtre : mais, seul un rideau frémissait sous la brise. 

Nous sommes repartis. Franco n’a pas vu mes larmes couler, derrière mes lunettes de soleil…car une pensée m’avait étreinte…  Cette enfant à la fenêtre : c’était la petite fille que j’avais été, qui était venue me faire signe dans un rayon de soleil de ce jour de Juillet. 

Rubrique anecdotes

Joëlle nous propose une nouvelle rubrique intitulée « Anecdotes » avec un texte qui paraîtra demain. Chacun aura la possibilité de publier des textes en prose relativement courts (environ 30 lignes) sur les thèmes de votre choix, vécus ou imaginaires, sur le ton anecdotique.

Feux continus

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La révolte des choses

Je n’aime pas les cadres
Ils s’arrangent toujours pour être de travers
Quoi de plus bête qu’un cintre
Qui n’arrête pas d’accrocher les affaires
Et le coussin du canapé, horreur
Qui se retrouve constamment par terre
Décorée la couverture de lit
Ne peut s’empêcher de plisser
C’était pourtant pour faire joli
Et la nappe sur la table à manger
Qui se met de travers et glisse
Devant nos pauvres bras chargés
Et dans la salle de toilette
Cette maudite serviette
Qui retombe de son crochet
A chaque fois qu’on l’y remet.

Mais c’est sans évoquer :

Ce fichu carton plein qui cède au fond
Quand on arrive à la portière
Ces bibelots qui ont bougé 
Par on ne sait quel mystère
Qu’on s’évertue à replacer
Et l’agrafeuse vide à mourir
Juste au moment de s’en servir
Ce minuteur qui a lâché
Devant le rôti calciné
L’ordinateur lui a clashé
Quand l’imprimante a expiré
Et cette panne du copieur
En plein milieu de mon malheur
Le caddie qui se met en crabe
Dans le rayon il veut du rab
C’est énervant ces contretemps
Quand on n’a pas du tout le temps
C’est quand on est le plus pressés
A croire qu’ils le font exprès…

C’est simplement pour nous montrer
Quand nous sommes trop agités
Si impatients et survoltés
Qu’à faire des choses précipitées
On les pousse à se rebeller
Et rien que pour nous énerver !

Bien fait…
On ferait mieux de se calmer
Prendre le temps
Ne pas s’y fier

C’était la leçon des objets 

La rivière

Sur le chemin de la rivière
Poussent genêts et serpolets
Le sable vole devant nos pieds
Les papillons dans la lumière
Ont des ailes enluminées.

Il nous faudra encore marcher
Sur le chemin étroit que bordent
Des lianes épaisses comme des cordes
Nouées aux branches des noisetiers
Où de petits oiseaux s’accordent.

Et puis nous entendons au loin
Chantant d’une voix cristalline
L’eau, ou peut-être l’Ondine.
J’y plongerai mes mains, mes pieds
Dans l’eau aux reflets opaline.

Cherchant des yeux l’ombre des saules
Nous hâtons le pas vers la rive
Le bruit de la rivière m’enivre
Une libellule sur mon épaule
Des ailes, indique de la suivre.

Je découvre enfin la rivière
Claire elle est, sur son lit de galets
Sur son bord, j’aime me poser…
Mon regard va de pierre en pierre
Où poussent des roseaux clairsemés.

Toi et moi, assis sous l’ombrage
En fumant, la regardons couler
Rafraîchissante à nos pieds
Farouche et joliment sauvage
Elle va, rapide et indomptée.

            (extrait de « Ames qui vivent »  2007) 

Parce qu’ici

Parce qu’ici tout à commencé
me faisant pionnier d’une enfance qui courait,
batifolait à la conquête de grandir
parce qu’ici,
je fus semé,arrivé sur ma terre
pour ne jamais la quitter et semer à mon tour
parce qu’ici,
j’ai bâti ma maison
pour que s’encotonne une vie de famille
parce qu’ici,
un ici-dedans sous ma poitrine bat la chamade
et rythme une attache qui nous fait nous appartenir
parce qu’ici,
c’est ici et là une errance,parfois,qui me conduit à m’abstraire
parce qu’ici,
je voyage à reconnaître le chemin sûr de chaque jour
parce qu’ici,
tout se gagne durement,
qu’une main qui travaille essuie la sueur sur le front
parce qu’ici,
les mots ne s’arrêtent pas à un seul bonjour,
que les gens d’ici font la conversation
parce qu’ici,
le temps qui passe à l’horloge
ne fait vieillir que l’horloge
et ceux qui l’occupent,optimistes,font aller leur jeunesse
parce qu’ici,
le vent dans les blés officie en girouette
et l’humeur du ciel fait partie de l’humeur des vivants
parce qu’ici,
l’air bonifie le teint et se respire à pleins poumons
comme un peu de pureté
parce qu’ici,
les couleurs ont l’éclat familier
de ce qu’elles peignent dans les yeux
et la lumière,une force qui nous fait y croire
parce qu’ici,
se garde un album de souvenirs
qui me rappelle les bons moments d’hier
en sachant que demain le complétera
parce qu’ici,
ma porte est ouverte pour échanger l’amitié
et qu’un café chaud y fume toujours…
Ici,c’est chez moi.

La vieille maison

Peut-être avez-vous vu cette vieille maison,
Qui borde le chemin menant à la rivière ?
Ne soyez pas déçu par son air d’abandon,
Ni par ses volets clos, hostiles à la lumière.

Car si elle est fermée, ainsi qu’un vieux coffret,
C’est qu’elle contient tant de ces heures précieuses
De ces morceaux de vie qu’elle garde secrets,
Et qui dorment ici comme des choses pieuses.

Mais cette vieille maison, je l’ai connue joyeuse,
Ses vieux murs résonnants de rires et de chansons,
Elle abritait alors une famille heureuse,
Ce vieux toit voyez-vous était notre maison.

Trois enfants ont grandi dans cet humble logis
Leur enfance, et plus tard leurs rêves de jeunesse
Je sais où les trouver, ils sont restés ici
Si souvent évoqués par moi avec tendresse.

Je suis seule aujourd’hui avec mes souvenirs,
Un à un m’ont quittée mes compagnons d’enfance,
Mais la vieille maison m’a gardé le sourire
Et sait me parler d’eux avec tant d’insistance.

Ne me dites pas que ce passé est mort,
Il est là, si vivant… et sur le seuil encore
Ma mère me sourit et m’attend peut-être. 

Les tulipes

Les tulipes
noires
nimbées
d’un silence
d’or
à cueillir 

Le Styx immonde

Chère Europe, crains-tu de vivre insomniaque ? 

Un symbole de paix gît au fond d’un carnier. 

Refuses-tu de voir, par ton jeu casanier, 

Des bataillons meurtrir la terre bosniaque ? 

  

Une vague féroce, affreuse maniaque, 

Se rit des Droits de l’Homme, hymne du prisonnier ; 

Ce flot profanateur, fossoyeur rancunier, 

Se nourrit d’un limon au goût démoniaque. 

  

Dans ce conflit pénible aux putrides enjeux, 

L’hydre érige la haine en un temple outrageux, 

Fort de piliers humains, – viles caryatides – ! 

  

Souffres-tu cet enfer ? L’effroi que l’on ressent ?
Défais l’impur griffon d’où suppure, incessant,
 

Le fleuve du nazisme aux effluves fétides !                

 

D’où viennent nos visiteurs ?

Suite au regret récemment exprimé par Joëlle de ne pas savoir d’où viennent nos visiteurs, on m’avait conseillé d’installer un « widget » appelé Feedjit.
Après consultation du forum, on m’a répondu dans un premier temps que cela n’était pas possible car Feedjit utilise du JavaScript, non admis par notre hébergeur. En plus, j’ai cru comprendre que Feedjit n’était disponible qu’en version essai gratuit puis payante….
Dans un deuxième temps, l’administrateur du forum m’a conseillé de me rendre sur un autre site http://www.geovisite.com/ qui donne la possibilité d’installer des gadgets gratuits et utilisant une autre technologie que Java, acceptée par notre hébergeur.
J’ai donc installé ce compteur cette nuit et constaté quelques heures plus tard avec surprise que nous avions eu un visiteur d’Italie (probablement notre ami Claudio) mais également un visiteur du Brésil ! En cliquant pour arriver sur le site, j’ai vu que cet internaute était à Rio de Janeiro ! Autochtone ou compatriote exilé, j’ai trouvé très émouvante l’idée que quelqu’un regardait notre blog à l’autre bout de la Terre !…

Une fille passe

                  

                            Une longue fille, 

                                   Silhouette fine, 

                                   Apparaît 

                                   Sortant d’une usine, 

                                   Passe devant moi, 

                                   Belle, 

                                   Beaux appas, 

                                   S’éloigne 

                                   Laissant des traces 

                                   De parfums, 

                                   De bonheur, 

                                   Ses cheveux 

                                   Telle une écharpe d’or 

                                   Flottent 

                                   Dans l’air du soir, 

                                   Disparaît, 

                                   Puis devient une image 

                                   Dans ma mémoire….. 

 

                                   Je rentre chez moi 

                                   Il se fait tard. 

 

 

                                   Gérard  Bollon-Maso 

Le livre rouge (huile sur toile)

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Jaune

Le soleil flavescent pose ses rayons sur un champ

de blé. Un canotier de paille avec un bouton d’or planté

dedans coiffe quelques épis.

Comme les reflets d’une citrine incrustent les yeux

et le jaune partout teint le plein jour.

Un souvenir de Van Gogh apporte les tournesols

qu’il manquait là.

Le chemin de terre ocré longe la campagne et

disparaît d’un camaïeu…

Thème du mois de septembre : la rentrée des classes

Aujourd’hui a été publié le dernier poème sur le thème « au bord de la mer ». 18 adhérents ont participé à ce thème, soit 4 de moins qu’en juillet consacré à la musique.
Dès demain et jusqu’au 31 août, nous aurons des oeuvres hors thème.
Ceux qui ont voté pour la poursuite des thèmes peuvent d’ores et déjà m’envoyer leurs oeuvres pour le thème de septembre consacré à la rentrée des classes.

Le grand-père et l’enfant

« -Dis, grand-père je voudrais retourner à la mer ! 

On referait des châteaux… 

 

Je connais des eaux tièdes, 

Regardant partir les bateaux dans le port 

Elles emportent avec elles, la monotonie. 

 

Je connais des eaux froides 

Entraînant les bateaux vers les rochers 

Qui  transportent ainsi la vilenie. 

 

Je connais de belles eaux 

Offrant aux bateaux un soleil couchant 

Elles partagent avec nous la beauté de la vie. 

 

Je connais des eaux douces 

Prévenant les bateaux de leurs phares lumineux 

Qui reflètent toujours la bonté de la vie. 

 

Je connais des eaux farouches 

Frappant les bateaux de leurs lames rebelles 

Elles hurlent surtout les mots dits 

 

Je connais des eaux profondes 

Ne se lassant jamais d’accueillir les bateaux 

Qui sont un puits de tendresse et d’oubli. 

 

- Ces eaux là n’existent pas, grand-père ! Je n’ai rien compris à ce que tu as dit ! 

  

- Tu sais, petit, tu verras cet été, les eaux ondulent, ricochent sur les obstacles, tombent, montent, se faufilent, filent, elles portent et engloutissent, peut-être plus tard, un jour, quand tu les auras bien regardées, tu diras… Je connais des eaux tièdes… » 

La mer

La vague sur ses rocs a des rumeurs sinistres.
La vague par ses chaos creuse les roches bistres.
J’écoute anxieusement, couchée sur la falaise, monter les hurlements qui
jamais ne s’apaisent.
Sans arrêt dans la nuit, le ressac sonne et gronde et ce sinistre bruit,
c’est la rumeur de l’onde.
Les tristes cormorans que la nuit épouvante ont fui le firmament et sa
lueur manante, seul un vieux braconnier avance dans la crique emportant
ses casiers.
Son ombre famélique se dessine un instant sur la grève où il passe, que
son pas hésitant marque de place en place.

Saint-Georges-de-Didonne

Un petit coquillage 

Que la vague abandonne  

Au sable de la plage 

De Saint-Georges-de-Didonne. 

 

Une brise légère 

Caresse mes cheveux 

Tandis que sur l’eau claire 

Courent des rides bleues. 

 

Solitaire, un vieux phare 

A l’horizon s’amarre 

Tout comme le nénuphar 

Au milieu d’une mare. 

 

Le ciel couleur turquoise 

Sertit un soleil d’or ; 

Deux cerfs-volants s’y croisent 

Planant comme des condors. 

 

Des pelles et des râteaux 

Façonnent le sable 

Et bientôt des châteaux 

En sortent comme d’une fable. 

 

Hop ! je prends mon élan 

Et … plouf ! dans l’océan 

Qu’effleurent les goélands, 

Je me jette céans. 

 

Une sirène encor 

Gémit dans le lointain : 

Un bateau rentre au port ; 

Le jour déjà s’éteint. 

Plus de 50.000 visites

Après le cap des 900 articles publiés, c’est celui des 50.000 visites que nous venons de dépasser.

A la Guadeloupe

Pays où je rêvais d’aller à vos côtés, 

Terre lointaine, île du vent sous le tropique, 

Dont je sentais si fort le charme romantique, 

Antilles adorées aux éternels étés… 

 

Soleil brûlant, peaux colorées… mille beautés 

Que je voyais dans vos prunelles exotiques, 

Patois créole aux chauds accents, danses typiques, 

Paradis où la mer offre ses voluptés… 

 

Plages au sable fin, à la tiédeur du soir, 

Lorsque la lune enfin baigne son doux visage 

Dans l’onde reposée… Heure où sur le rivage 

 

J’aurais aimé la nuit, auprès de vous, m’asseoir… 

Pays du bout du monde où ma douleur est née ; 

Puisque c’est là que vous m’avez abandonnée ! 

 

                                               Simone PONSOT 

Marée basse

                   Tenus en laisse au rivage, 

                            la coque engoncée dans la vase, 

                                      quelques bateaux impotents, 

                            affalés sur le flanc, 

                                      agonisent… 

 

                                               Mais la mer reviendra sur la plage … 

 

                   Elle passera tout doux sa langue 

                            au tendre des ventres vernis 

                                      pour qu’à nouveau 

                            les bateaux 

                                      tanguent… 

Sur la mer et les matelots

La mode à une époque fut de composer des chansons sur la Mer et la Marine…. Comme je suis de lignée Vénitienne, que nombre de mes ancêtres furent marins, que mon père fut marin dix années durant avant d’émigrer en France, que je fis le marin pêcheur pendant plusieurs saisons en Bretagne du Nord, je me sentis l’apostolat pour écrire une chanson sur ce thème….

 Pour cette chanson,  je ne composai pas  la musique…. Non pas que j’en fus incapable, mais je voulais que cette chanson soit une œuvre commune avec le musicien, chanteur et ami qui habituellement m’accompagnait, Jean-Marie Duwicquet, parti depuis en Martinique, vivre sur un bateau, comme par hasard…. Comme je citai son nom dans les paroles de cette chanson, je désirai qu’il fût le compositeur de la musique….

J’ai pris plaisir à écrire cette chanson sur une seule rime en « O », rime masculine (mes préférées) disposée par quatrains de rimes parfaites…. Les vers de douze pieds sont cadencés sept plus cinq pour les besoins de la mélodie….

« Sur la mer et les matelots »
Guitare capodastre 1


Mim                                                                              
Haut hisse et haut sur la mer et les matelots
Do                                                                                         Si7

Nous aussi on peut pousser quelques trémolos
Mim                                                                           
Nous aussi on peut chanter un méli-mélo
Do                                                                                Do   Mim
Haut hisse et haut sur la mer et les matelots

Sol                                                                           
On n’a jamais embarqué sur le Santiano
              Do                                                                          Si7
Avec ses mâts et ses nœuds et tous ses tonneaux
         Mim                                                                                 
On s’appell’ pas Hugues Auffray ni même Renaud
                 Do                                                            Mim
On n’a jamais embarqué sur le Santiano
                             Sol                                                                
Ton nom toi c’est Jean-Marie le mien c’est Claudio
                            Do                                                           Si7           
Nous aussi on peut chanter ce vieux scénario
Mim                                                                                
Donnez-nous des musiciens un super studio
                            Do                                                                  Mim Do Mim Do
Ton nom
toi c’est Jean-Marie le mien c’est Claudio

Haut hisse et haut sur la mer et les matelots
Nous aussi on peut pousser quelques trémolos
Nous aussi on peut chanter un méli-mélo
Haut hisse et haut sur la mer et les matelots

Dans notre univers y-avait pas de grands vaisseaux
On avait plutôt les deux pieds dans le ruisseau
C’est p’têt’ la faute à Voltaire la faute à Rousseau
Dans notre univers y-avait pas de grands vaisseaux
Nous on n’a jamais vu les horizons nouveaux
On a plutôt navigué dans les caniveaux
Que voulez-vous dans la vie chacun son niveau
Nous on n’a jamais vu les horizons nouveaux

Haut hisse et haut sur la mer et les matelots
Nous aussi on peut pousser quelques trémolos
Nous aussi on peut chanter un méli-mélo
Haut hisse et haut sur la mer et les matelots

Mais lorsqu’on voit partir ces grands bateaux sur l’eau
Prendre le vent du large fendre les rouleaux
On a le cœur qui fout l’camp le cœur à vaux l’eau
Lorsqu’on voit partir tous ces grands bateaux sur l’eau
J’aime à chanter avec vous quand j’ai le cœur gros
Mes frères de la côte les maigres les gros
Pour retrouver mon tempo qu’il soit allegro
J’aime à chanter avec vous quand j’ai le cœur gros

Haut hisse et haut sur la mer et les matelots
Nous aussi on a poussé quelques trémolos
Nous aussi on a chanté un méli-mélo
Haut hisse et haut sur la mer et les matelots

Pour écouter sur la mer et les matelots, cliquez ci-dessous
http://boaretto.unblog.fr/2010/02/02/sur-la-mer-et-les-matelots/ 

 

Les épousailles de l’océan

De rubis, de perles et de diamants, 

Sont les épousailles de l’océan ; 

Du levant au couchant 

Il gronde doucement. 

Paré de ses plus beaux atours, 

C’est comme un chant d’amour 

Qui étincelle 

Et regarde le ciel. 

Ô doux réveil où je m’émerveille !… 

L’immensité prête à rêver… 

Il change de couleurs 

Au gré de ses humeurs : 

Reflets ardents 

Ruisselants d’or et d’argent, 

Bleu turquoise, vert émeraude, 

Jusqu’à l’aube, 

Lagon transparent, 

Si troublant, si tentant… 

 

Au loin s’élève le chant des vahinés : 

Femmes fleurs, fleurs parfumées, 

Elles dansent le tamouré 

Au son du ukulélé. 

Mouvements de hanches chaloupés, 

Merveilleusement rythmés. 

Envoûtantes et charmeuses, 

Grandes amoureuses de l’océan 

Pour des épousailles 

De rubis, de perles et de diamants… 

 

Le merveilleux lagon de Bora-Bora !… 

Regarder les bambins barboter 

Sur les plages de Hahiné. 

Hahiné, la sauvage, Raïatea la sacrée. 

Merveilleuses îles de l’archipel de la Société 

Où les filles et les fleurs se ressemblent ! 

Mon cœur en tremble… 

 

J’aimerais, de ces îles enchantées, 

Faire ma demeure dernière 

Sans regarder en arrière 

Et comme Gauguin, 

Enfin, 

Terminer mes jours sur l’un de ces archipels, 

Connaître l’ultime destination, 

Oui, larguer tout, 

Vivre dans les Tuamotu… 

Et, comme Jacques Brel, 

Chanter jusqu’au bout : 

« Par manque de brise 

Le temps s’immobilise 

Aux Marquises ». 

900 articles

Le poème d’aujourd’hui est le 900e article publié dans cet espace. Contre vents et marées, le blog de la SPAF Lorraine se maintient. Malgré un recul constant des visiteurs depuis le mois d’avril, il comptabilise à ce jour 49111 visites et 424 commentaires (depuis la suppression des quelques 3000 commentaires en mai) et occupe le sixième rang dans les 3462 blogs dédiés à la poésie et la littérature de l’hébergeur unblog.
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Partance

Dans un port, les fesses au bord du fleuve, à son embouchure, le regard vers le large, le cœur naviguant déjà sous spinnaker…. 

 

 

L’été le long du fleuve a dénoué ses ris. 

Aux brumes du matin les chalands sont partis. 

Chimérique suaire écrit sur le musoir, 

Mon visage se tord aux rides du miroir. 

 

Les oiseaux ont suivi les grandes barques blanches. 

Déjà le ciel effrange ses haillons aux branches. 

Il ne reste, étonnée, qu’une grue qui s’inquiète 

De voir sur le pavé trainer sa silhouette. 

 

Matelots éclatants vous m’avez oublié. 

J’entends jaillir vos rires sous les mangliers. 

Et moi, j’ai posé là mes rêves de marin, 

Sur l’ancre abandonnée aux rouilles du chagrin. 

 

Mais je sais que demain reviendront pour l’escale 

Les coques parfumées de senteurs tropicales. 

Alors je cinglerai vers un nouveau rivage, 

Eclaboussé de vent, debout seul sur l’étrave. 

La crique

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