Couleurs (de la coiffure à la peinture)

                                      Il a posé le peigne et repris le pinceau. 

                                      Délaissant les cheveux, il a, de l’écheveau 

                                      De ses inspirations, démêlé les nuances, 

                                      Puisant dans sa palette une aura d’élégance. 

 

                                      « Quand je n’ai pas de bleu, préconisait le Maître, 

                                      Je mets du rouge ! » Ici, l’on se plaît à voir naître 

                                      Des jaunes et des verts, un dégradé de bleu, 

                                      De chatoyants reflets, du rouge un camaïeu. 

 

                                      On s’abandonne au rêve, et l’on voit s’envoler 

                                      Le pinceau, butinant au jardin de beauté 

                                      Un rouge de pavot, un mauve de lavande, 

                                      Le blanc de l’edelweiss ou le vert de l’amande. 

 

                                      La mésange lui donne une plume bleutée, 

                                      Le passereau, l’éclat de sa gorge enflammée, 

                                      Du fier chardonneret il choisit le brio 

                                      D’un vif et flamboyant manteau de maestro. 

 

                                      Chaque fois, le pinceau, dans la main de l’artiste, 

                                      Revient, comme l’archet aux doigts du violoniste, 

                                      Et l’on sent émerger un instant d’émotion 

                                      Quand musique et couleurs mêlent leurs séductions. 

 

                                      Puis le pinceau repart et, dans l’aube légère, 

                                      S’en vient se rassasier d’une prime lumière 

                                      Ou, dans la plénitude automnale d’un soir, 

                                      Vient s’offrir un carmin frangé d’ombre et de noir. 

5 Réponses à “Couleurs (de la coiffure à la peinture)”


  • Il était certain que ce genre de poème évoquant la peinture et les couleurs ne pouvait pas me laisser insensible…
    - »de ses inspirations démélé les nuances  » jolie formule en effet lorsqu’il faut faire le tri entre l’idée dans la tête et le moment où l’on va poser les couleurs …
    - »et l’on voit s’envoler le pinceau »…eh oui ceux qui regardent sont fascinés par le mouvement, ils voient petit à petit une image naitre, ils attendent la suite et lorsqu’ils croient que le peintre va faire ceci, il part ailleurs ajouter du vert ou du bleu, et il revient sur quelque chose que celui qui regarde croyait terminé, le pinceau valse et joue avec les couleurs…
    - »le pinceau comme l’archet aux mains du violoniste « c’est franchement cela , le peintre entre en musique avec son « oeuvre » il s’incorpore à elle ( pour celui qui créé)
    - »quand musique et couleurs mêlent leur séduction » voilà!
    la dernière strophe à elle seule contient toute l’émotion du peintre
    l’ultime instant de vérité, où pense t-il sa toile est finie, alors il lui reste à ajouter quelques glacis pour mettre la lumière, ou appronfondir une ombre…
    alors Pierre ce poème m’a touché car il représente ce que je fais , tu as du bien observer des peintres à l’oeuvre et rester un sacré bout de temps à voir évoluer le tableau.
    amitiés
    Katy

  • Eh non, Katy, Je n’ai jamais eu l’occasion (ou le bonheur) de voir oeuvrer un peintre (sauf peut-être pendant quelques minutes, à Montmartre, sur la place du Tertre). Tout ceci n’est qu’imagination (peut-être peut-on l’appeler inspiration). Mais, le peintre, lui-même, existe bien ! C’est un ami, coiffeur de sa profession (1er ouvrier de France en son temps) qui, à la retraite s’est adonné à cette autre passion, la peinture. Il a exposé ses oeuvres à Metz il y a quelques mois et, plutôt que de mettre un commentaire sur son livre d’or, j’ai préféré lui écrire ceci.
    Mais, que ceci suscite autant d’intèrêt de la part de quelqu’un qui « sait » me comble de satisfaction. Merci pour ce chaleureux commentaire!

  • Pour la peinture cela s’explique car les couleurs sont sur toutes les têtes au parfum du jour, du blanc au gris, du noir au chocolat, du rouge vif à l’orangé, du blond clair au platine….même du bleu et du vert j’ai vu récemment violet et rose assez « bonbon » !!
    quelle palette!!
    Et pourquoi pas un coiffeur chantant au salon, les gondoliers chantent , les acteurs chantent….
    le maquillage est aussi une gamme de « peinture » subtile mais cela peut arranger les choses parfois lorsqu’on est un peu fatiguée…ou pâle …
    Alors déclamons en nous coiffant! chantons en peingnant ! la vie est belle !
    katy

  • en peignant !!
    bon je ne suis pas réveillée et ma coiffure même recherchée ce matin ne m’a pas aidée à voir cette erreur de frappe…
    je vais peindre la girafe …

  • Après tout cela, j’entends comme un air de « Figaro-ci, Figaro-là ! »
    Mais, « en peignant » … ça peut se faire aussi bien avec un peigne qu’avec un pinceau …

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