Les « Oiseaux harpe »

                                      Comme deux papillons, dans le temps automnal, 

                                      A l’esquisse du jour, évanescente image, 

                                      S’en vont, par les coteaux, frôler d’une aile sage 

                                      Les fils blancs cotonneux, ouvrage virginal. 

 

                                      Comme deux roitelets, ou comme deux mésanges, 

                                      Ivres de liberté, fusent dans le matin, 

                                      Pour aller caresser, d’un coup d’aile mutin, 

                                      Graciles et dorés, les longs cheveux des anges. 

 

                                      Comme deux papillons, comme deux passereaux, 

                                      Deux mains de musicienne, élégance infinie, 

                                      Des mains riches d’émoi, de fougue et d’harmonie 

                                      Exécutent céans un ballet des plus beaux. 

 

                                      Harpiste, feu follet, délicat sortilège, 

                                      Dont la légère main, pittoresque tableau, 

                                      S’échappe en imitant l’envolée de l’oiseau 

                                      Et se pose, déjà, pour un subtil arpège. 

 

                                      Chaque main est l’oiseau, chacune est papillon. 

                                      Chaque main vit l’accord, comme un couple fidèle 

                                      Qu’une même harmonie enchante ou ensorcèle, 

                                      Quand l’amour, dans le cœur, plante son aiguillon. 

 

                                      Chaque main est l’oiseau qu’un destin pathétique 

                                      Oblige à voleter loin de son compagnon, 

                                      Et qui vient effleurer, barreaux d’une prison, 

                                      Les cordes d’une harpe obstacle emblématique. 

 

                                      Deux égaux, deux jumeaux, l’hymen est interdit, 

                                      Sur les cordes ces mains sont l’image réelle 

                                      De deux oiseaux chantant la même ritournelle 

                                      Et qui n’iront jamais hanter le même nid. 

 

                                      Pourtant, ce sont bien là deux âmes accouplées, 

                                      Deux mains symbolisant un lyrique duo : 

                                      Euterpe la joyeuse et l’aimable Erato, 

                                      Musique et poésie à jamais accordées. 

16 Réponses à “Les « Oiseaux harpe »”


  • Il est dfficile de trouver poésie plus délicate , le descriptif des mains d’une musicienne harpiste, comme si elle était elle même un ange ou un oiseau-lyre..
    « Ces deux là sont deux âmes accouplées » , en une seule âme …. celle de la musicienne..
    les muses de la musique semblent porter le tout en haut lieu..
    très beau Pierre, vraiment.
    Katy

  • Oiseaux harpe ou oiseaux lyre…

    Bien sûr c’était voulu, Pierre et cette transition est charmante!

    Et sans doute est-ce l’envol pathétique de ces mains qui se cherchent qui génère la poigante beauté des accords s’élevant…mais vers quel infini?

  • Sous le charme ensorceleur de ces mains féériques, l’enchantement lyrique des mots et la beauté subtile des images, le public séduit réclame un « bis » à l’auteur.

    Bravo Pierre.

  • Merci Katy, merci Joëlle, merci Nicole … un bis ? Je préfère lorsqu’on me réclame une bise …
    En attendant, bises à vous et bon week-end !

  • La bise ?

    Il vaut mieux qu’elle claque sur la joue plutôt que de siffler à l’oreille!

    ( mais ce n’est pas la saison!)

  • Deux tendres oiseaux qui laissent pressentir dès aujourd’hui des len-2-mains enchanteurs sous les tendres auspices d’Euterpe et d’Erato !

  • WEYMESKIRCH Georges

    Les « oiseaux-harpe » virevoltent, aussi légers que la plume de l’auteur.
    Bravissimo maestro!

  • Len-2-mains ! ! il fallait y penser et c’est d’un à propos joliment exprimé, merci.

  • Un très beau poème, très suggestif, très sensuel, presque érotique. Bravo à l’auteur et bravo à tous ceux qui ont inscrit des commentaires très subtils et très drôles. J’aime beaucoup.

  • Merci Mimipat ! Comme il est intéressant, valorisant même de découvrir une lecture aussi personnelle ! Que mon poème soit suggestif, certes, j’ai surtout tenté ici d’exprimer la fascination produite par des mains de femme, musicienne de surcroît. Mais sensuel? Je le découvre, quant à dire qu’il est presque érotique, ça c’est une véritable surprise et je le comprends dans le sens premier du terme : « qui traite des choses de l’amour ». Alors, oui, j’assume. Merci encore !

  • il est tard mon ami
    il est tard et pourtant je te laisse une vague d’ amour sur ton blog sur un com ce soir!
    que de beauté
    quel univers enchanté!
    quel force d’ écrits……les oiseaux harpe que je les aime
    et ce jeux de mots avec les mains que l’ on se sent séduire tout a coup par elles!
    merci encore de ton passage hier sur Metz
    merci de ton texte breton que j’ ai déjà lu plusieurs fois
    ton livre recueil a été dévoré! il y a quelques heures
    les anges et moi c’ est une bien longue histoire!

    je rêve en lisant émotions une amie a pleuré en écoutant la lecture des ptits bons enfants trop émue!
    je t’ embrasse bien fort
    battons nous ensemble pierre qu’ en pense tu
    ap les mots qui sont si forts et si puissants pour que nous allions mieux!
    bisous de Larpp
    voici mon nom d’ artiste
    a tout bientôt sur le chemin pour une promenade des ptits bons enfants!
    bravoooooooooooooo a bientôt

  • Merci Laure pour ce témoignage de chaleureuse amitié, je suis bien d’accord avec toi pour ce combat commun sur le chemin de « p’tits bons enfants ».
    r.d.v. sur ton blog, à bientôt !

  • CHIRON Jean-Jacques

    Ton poème, d’une harmonie délicieuse, nous emporte
    dans une spirale qui nous rapproche au fil des mots
    des ces mains de femme caressant les cordes d’une harpe.

  • Thouvenin Maryline

    Bonjour monsieur, J’aime bien l’image d’une prison, au sujet des notes noires et blanches du piano.Il est vrai que le musicien est aussi prisonnier de son instrument pour les nombreuses répétitions, qu’il lui inflige.Mais beaucoup de joie et de plaisir se dégagent de ce tableau et l’explication, à la fin, trés vive donne un contraste à la forme du poème assez surprenant mais délicieux à découvrir.C’est un poème bien construit et qui donne envie d’effleurer un instrument ou, tout simplement d’écouter un petit morceau de piano.
    Je pense que vous êtes très observateur des musiciens pour être si divinement inspiré et trés amateur de belles musiques.Bravo monsieur et merci de nous faire partager cette musique allègre.

  • Merci, Maryline. Suis-je observateur ? Peut-être, mais je suis surtout admirateur des mains de femmes, qu’elles soient ou non musiciennes d’ailleurs. Il ne vous a pas échappé, je pense, qu’il s’agit ici d’une harpiste et non d’une pianiste. Mais j’aime aussi les mains des pianistes, des brodeuses, des poètes et … la liste est trop longue …

  • Thouvenin Maryline

    Bonsoir Pierre, Cela a dû m’échapper un moment et je constate que les barreaux de prison, vont bien à la harpe;Les oiseaux harpes se cognent ou effleurent les cordes de la harpe;Les mains de la musicienne en ombres chinoises doivent ressembler à des colombes. De belles images dans ce poème.Merci Pierre.

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