Au chantre narbonnais

Dans un immense clos, royaume du platane, 

Le matin s’appauvrit des nocturnes parfums ; 

Une chorale ailée, en rythmes peu communs, 

Allègrement distille une aubade occitane. 

  

L’onde abyssale épouse une danse gitane, 

Insensible aux accords des rivages cajuns ; 

L’orbe stellaire irise à peine les embruns 

Que soulève parfois la vive tramontane. 

  

D’une invisible nef, notre ange troubadour, 

D’échos harmonieux, tel un hymne à l’amour, 

Au fil des jours séduit la frange léonine. 

  

Tout son bonheur se fond où sa musique tend 

Pour mieux griser d’un art une tendre ménine : 

La mer ganse d’azur l’âme du Fou chantant ! 

9 Réponses à “Au chantre narbonnais”


  • En lisant ce poème, je comprends que Jean-Jacques ait été élu Grand Prix de Poésie aux concours internationaux de la SPAF ! Car les rimes masculines des deux quatrains, pas faciles, tombent cependant toujours avec justesse et pertinence.
    Le sonnet, art difficile que j’affectionne particulièrement et que peu d’amateurs réussisent, est ici admirablement illustré avec de parfaits alexandrins.
    Bravo Jean-Jacques !

  • Joelle di SANGRO

    Jean- Jacques est un ciseleur de mots, un orfèvre, sertissant sa pensée, son inspiration dans l’or de la prosodie.

    Le sonnet, art majeur de cette prosodie lui est familier, mais beaucoup de poèmes à forme fixe, comme le pantoum sont ses favoris.

    Jean- Jacques a fait de la prosodie son alliée et se joue des difficultés que ses règles impliquent.

    Cela libère son inspiration qui se révèle en ce Poème simple et beau.

  • La crainte d’une polémique m’avait dicté la retenue…
    Je n’aimais pas non plus l’homme, mais le poète m’enchantait dans certains textes. Or il est absolument nécessaire de faire la distinction car un grand artiste n’héberge pas toujours un grand homme, mais on ne peut pas condamner une oeuvre sous prétexte que l’être humain n’est pas à sa hauteur.

  • CHIRON Jean-Jacques

    Chers Amis, je vous remercie pour vos compliments. Moi aussi, je
    n’appréciais pas l’homme, mais j’ai senti l’inspiration pour
    rendre hommage à l’artiste et son oeuvre. Dailleurs, je viens
    de recevoir un diplôme honorant ce poème, relatif au concours
    2009 qui a été organisé par la Société des Auteurs et Poètes
    de la Francophonie, concours Charles LE QUINTREC 2009. Le diplôme
    indique : Mention très bien – Médaille d’or. Je n’ai pas reçu
    l’ensemble du palmarès. La remise des prix a eu lieu les 03 et
    04 Juillet 2010 à Cabourg. Voila une année faste.

  • Aimer l’oeuvre sans aimer l’homme ? soit !
    Je vais donc me limiter, mon cher Jean-Jacques, aux compliments et ils sont de taille …parce que , des rivages cajuns (qui rappellent aussi l’Acadie) à l’équinoxe malouine, des prix nationaux, aux prix internationaux en passant par ceux de la francophonie, on peut dire, qu’à l’instar de Charles-Quint (ou Alexandre le Grand au choix) « le soleil ne se couche pas » sur l’expression de ton talent (j’allais dire ton Empire !)
    Salut l’artiste !

  • Claire Parmentier

    Un trop bel hommage pour un drôle de type…

  • J’avais cinq ans. Je ne connaissais pas Baudelaire ni Hugo, mais j’avais « avalé » Trenet. Nul doute qu’il ait participé activement à ma sensibilité pour l’art poétique, peut-être même en a t-il été le catalysateur car les remugles persistent… »Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu ». Cela peut faire méditer sur les valeurs relatives de la poésie et sur ses fonctions. Il ne s’agit pas d’évaluer les textes, ou pire, les hommes lorsque cela passe les générations, mais de constater avec une certaine humilité qui manque hélas trop souvent aux artistes qu’au delà des règles de prosodie, auxquelles je suis pourtant très attaché et dont j’apprécie amplement les effets, comme c’est ici le cas, et aussi des modes, des cultures, quelque chose nous échappe toujours dans la transmission de nos élans de vie. Et c’est tant mieux pour le parfait ravissement de « l’âme ».

  • Cela nous conduit au mystère de l’enfance.

    A ce qui marque à jamais l’âme de l’homme en devenir, le façonne et, déjà, lui insuffle cette promesse d’accomplissement dont l’adulte se souviendra quand le temps sera dévolu.

  • Thouvenin Maryline

    Y’a de la joie, bonjour, bonjour les hirondelles.Y’a de la joie, dans les ruelles et par au-dessus les toits;Y’a de la joie; etc…
    Jusqu’à l’histoire du facteur qui passait par là!.C’était un grand poête compositeur, à cette époque et trés bien dans sa peau.Il évoquait les beaux souvenirs de sa région natale, il aimait particulièrement Port La Nouvelle et Narbonne.Il trouvait son immense inspiration en regardant ces coins charmants.
    Qu’est-ce que j’ai pu entendre ma mère siffler ses refrains!Et moi, je chantais: La mer, le long des golfs clairs a des reflets changeants, la mer…Merveille d’azur infini.
    C’est tout à votre honneur, monsieur Chiron, d’avoir invoqué ce grand poéte de la chanson, qui a bercé mon enfance par de la joie dans votre beau poême.Le jury a su vous récompensé en reconnaissant votre talent et celui du « Fou chantant ».J’approuve pleinement et je vous félicite.

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