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Archive mensuelle de juillet 2010

Thème du mois d’août : au bord de la mer

A la veille du 1er août, j’ai le plaisir d’introduire le nouveau thème avec une toile de Franck Carron, peintre contemporain de renommée notamment en Bretagne et en Provence, et un poème de Charles Baudelaire qu’il n’est pas nécessaire de présenter.

J’espère que ces deux oeuvres seront un moteur pour tous les peintres et poètes de la SPAF Lorraine qui participent à l’animation de ce blog.

L’homme et la mer

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer. 

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur,
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage. 

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets ! 

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié, ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables ! 

(Charles Baudelaire – Les fleurs du mal)

 

La Bretagne de Franck Carron

franckcaron.jpg

(Tableau reproduit avec l’autorisation de l’artiste).

Pour en savoir plus sur le peintre professionnel Franck Carron, cliquer sur :
http://franck-carron.com/index.htm 

Couleurs (de la coiffure à la peinture)

                                      Il a posé le peigne et repris le pinceau. 

                                      Délaissant les cheveux, il a, de l’écheveau 

                                      De ses inspirations, démêlé les nuances, 

                                      Puisant dans sa palette une aura d’élégance. 

 

                                      « Quand je n’ai pas de bleu, préconisait le Maître, 

                                      Je mets du rouge ! » Ici, l’on se plaît à voir naître 

                                      Des jaunes et des verts, un dégradé de bleu, 

                                      De chatoyants reflets, du rouge un camaïeu. 

 

                                      On s’abandonne au rêve, et l’on voit s’envoler 

                                      Le pinceau, butinant au jardin de beauté 

                                      Un rouge de pavot, un mauve de lavande, 

                                      Le blanc de l’edelweiss ou le vert de l’amande. 

 

                                      La mésange lui donne une plume bleutée, 

                                      Le passereau, l’éclat de sa gorge enflammée, 

                                      Du fier chardonneret il choisit le brio 

                                      D’un vif et flamboyant manteau de maestro. 

 

                                      Chaque fois, le pinceau, dans la main de l’artiste, 

                                      Revient, comme l’archet aux doigts du violoniste, 

                                      Et l’on sent émerger un instant d’émotion 

                                      Quand musique et couleurs mêlent leurs séductions. 

 

                                      Puis le pinceau repart et, dans l’aube légère, 

                                      S’en vient se rassasier d’une prime lumière 

                                      Ou, dans la plénitude automnale d’un soir, 

                                      Vient s’offrir un carmin frangé d’ombre et de noir. 

A l’école des oiseaux

porcherotalcoledesoiseaux.jpg

Photo d’oeuvres de Fabrice Perrin exposées actuellement

 au Parc de Graffigny à Villers les Nancy

 

 

A l’école des oiseaux

d’abord bien SE BALANCER

pour pouvoir SE DÉLESTER

puis tout à coup : S’ENVOLER !!!

Au clair matin

                                        Le soleil 

                                               Enchante 

                                               Ton corps 

                                               Eclatant. 

 

                                               Ta chair, 

                                               Fière, 

                                               Chante 

                                               Au clair matin 

                                               Un air de lumière. 

 

                                               Ton parfum, 

                                               Exhale 

                                               Ses effluves 

                                               De jasmin, 

                                               Qui se mêlent 

                                               A l’odeur 

                                               De rose 

                                               De ton sein. 

 

                                               De ma main, 

                                               Je caresse 

                                               Le creux de tes reins, 

                                               Au clair matin. 

 

 

                                               Gérard  Bollon-Maso 

Dies Irae

dalsteinc031diesirae.jpg

Michel Germaneau

Quand l’Homme est terrassé dans sa quête de sens,
Alors que sa vieillesse lui ouvrait le chemin
D’une grande sagesse, c’est donc que son destin
Est, pour l’Humanité, un signe d’espérance !

Il s’est expatrié de sa natale France
Pour aider la noblesse touareg en déclin
Dans un monde où « Vitesse » et « Technique », aux gamins,
Leur retirent d’emblée la joie de l’existence…

La bonté sans défaut était toujours présente,
En Michel Germaneau, avant cette choquante
Mort par des Extrémistes, inversant les Martyrs…

Serait-ce alors l’espoir, pour les Démocraties
Et tous les Humanistes, de voir enfin pâlir
L’aura de ces Pouvoirs prenant de faibles vies ?

Canular

Se distancer mais vers le haut
Emanciper tous ses fardeaux
Placer ses guêtr’ bien en surplomb
De ce qui fait péter les plombs
Et contempler le beau spectacle
Des rangs de fourmis qui foisonnent
Se marchent dessus déraisonnent
Bloquées par de si grands obstacles
Qu’elles persévèrent à ignorer
Coûte que coûte il faut passer
Pour arriver à l’improbable
Qui se cache derrière l’étable
Sans même pouvoir le trouver
Elles n’ont pas pu se reculer
Le vide les a attrapées. 

Sur la page blanche

Sur la page inhabitée comme un angoissant désert, j’erre, le stylo à la main… 

Il n’y a pourtant que le premier mot qui coûte.
Celui qui fait jaillir l’idée et couler goutte-à-goutte des images de sublimité. 

 

Sur la page vierge, à l’étendue inexplorée, je cherche le souffle et l’envol dans un vent où flotte l’inspiration encore muette. 

Avec la fièvre de fébriles désirs. 

 

Ignorant le précipice de la marge, je disperse sur la page, mon alphabet… 

Peu à peu les mots se dessinent un visage, une couleur.
Ils sont musique et je traque les harmonies tandis que la pensée s’ordonne de griffonnages en ratures. 

 

À l’unique fontaine, celle de l’âme, je puise les vérités de l’intime.
Elles sont l’eau apaisante d’un fleuve libérateur et nourricier. 

 

Sur la page tout juste apprivoisée, je commence enfin à semer de petits cailloux sur mes premiers pas et je trace un chemin solitaire. 

Celui qui mène à cette petite étoile qui luit là-haut comme un brillant point final au firmament de la création. 

 

Extrait de « Flammes » 2010 

Par le parc

Au milieu d’une charmille :
un vieux banc un peu vermoulu,
sa peinture décapée par le temps d’être là.

Il est tout nu,
on s’assied sur lui encore
et sa pudeur ne rougit plus.
Il passe l’hiver au nord,
même sous la neige;
au milieu du parc il siège.

Il a supporté tant de poids:
ceux des fessus dames et messieurs.
Il a soupesé ,plus léger parfois,celui d’un oiseau:
poids de plumes,de pattes et de becs
venu picorer les quelques miettes
tombées d’un frugal sandwich.

Au bord de l’allée menant à la mare aux canards,
comme une halte qu’il prépare aux musardant
il garde un point de contemplation.
Immobile et statufié ,il prend la pose de la station assise,
son profil à l’inspiration qui épouse
les quelques mots qui font dire: »On est bien ,ici »

Prêt à accueillir,
il est un rendez-vous à qui on a oublié les yeux
pour taire les baisers des amoureux,
ne rien surprendre, impassible,de leur cour.
Il demeure là toujours,
il demeure ,là, solitaire à l’instant
à l’opposite d’une poubelle,
un papier gras sur lui
pour regretter des infoutus:
le geste auguste inaccompli.

Il a la vieillesse sage qui ne s’aigrira jamais…

Un regard

Un regard généreux
D’hortensia
Souviens-t’en 

Errance

Elle est comme un oisillon
Tombé de son nid
Elle essaye de s’envoler
Mais elle ne fait que retomber.
Elle avance alors à reculons
Sans but, sans raison
Elle est désorientée, apeurée
Perdue dans ce monde 

Inconnu.

Elle cherche son chemin
Mais il lui semble si loin
Tout est sombre, des ombres
Qui se meuvent ici et là
Autour d’elle, c’est l’effroi
Elle pleure sans bruit
Seule dans la nuit.
Elle voudrait de respirer arrêter
Se laisser couler, ne plus lutter.
Il faut que ces voix cessent
Dans sa pauvre tête.

Son errance continue,
Dans ce monde devenu fou
Elle perd la raison,
Elle est à l’abandon
De pensées et de doutes assaillie
Elle est en déroute
Ne trouvant pas sa route.
Elle supplie à genoux,
Soudain, la voilà 

Au fond du trou
Surtout ne pas se laisser 

Engloutir.

Une main tendue est là pour elle,
Une voix lui murmurant tout bas :
Ne t’en va pas, ne t’en va pas !
Dans un dernier sursaut
La tire vers le haut.
Enfin une étincelle de vie !
Une belle lumière jaillit,
Profilant à l’horizon
Le chemin tant recherché
Celui de sa vérité
Qui fin à son errance mettra
Une véritable délivrance.

Un soir nous sortirons

Un soir nous sortirons des labours embourbés. 
Sur les cloisons frileuses d’un hiver vieillissant,
Près d’un simple village, sous peupliers courbés, 
Nous serons le point d’orgue du soleil finissant. 

Thème du mois d’août

Pierre Vincent a brillamment clos la série de poèmes sur le thème de juillet consacré à la musique. Vingt-deux adhérents ont donc participé au thème et j’espère que vous serez aussi nombreux en août car cela donne une réelle diversité d’auteurs et de genres malgré un sujet commun.
A partir de demain et jusqu’au 31 juillet seront publiés des poèmes hors thème. A partir du 1er août, nous passerons au nouveau thème « au bord de la mer ». J’ai déjà reçu huit poèmes et je ne doute pas que vous serez nombreux à participer sur un sujet aussi poétiquement porteur que la mer ou l’océan.
A propos d’eau, un nouveau sondage est en place !

Résultats du sondage du 6 juillet 2010

A la question : « Souhaitez-vous poursuivre l’aventure des poèmes à thème (poèmes du mois) ? », 20 visiteurs ont voté et j’espère qu’il s’agit principalement des adhérents !
18 oui
  2 non
L’aventure des poèmes à thème est donc très largement plébiscitée et nous la poursuivrons donc.

Souhaitez-vous poursuivre l'aventure des poèmes à thème (poèmes du mois) ?

  • oui (90%, 18 Votes)
  • non (10%, 2 Votes)

Nombre de votants: 20

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Les « Oiseaux harpe »

                                      Comme deux papillons, dans le temps automnal, 

                                      A l’esquisse du jour, évanescente image, 

                                      S’en vont, par les coteaux, frôler d’une aile sage 

                                      Les fils blancs cotonneux, ouvrage virginal. 

 

                                      Comme deux roitelets, ou comme deux mésanges, 

                                      Ivres de liberté, fusent dans le matin, 

                                      Pour aller caresser, d’un coup d’aile mutin, 

                                      Graciles et dorés, les longs cheveux des anges. 

 

                                      Comme deux papillons, comme deux passereaux, 

                                      Deux mains de musicienne, élégance infinie, 

                                      Des mains riches d’émoi, de fougue et d’harmonie 

                                      Exécutent céans un ballet des plus beaux. 

 

                                      Harpiste, feu follet, délicat sortilège, 

                                      Dont la légère main, pittoresque tableau, 

                                      S’échappe en imitant l’envolée de l’oiseau 

                                      Et se pose, déjà, pour un subtil arpège. 

 

                                      Chaque main est l’oiseau, chacune est papillon. 

                                      Chaque main vit l’accord, comme un couple fidèle 

                                      Qu’une même harmonie enchante ou ensorcèle, 

                                      Quand l’amour, dans le cœur, plante son aiguillon. 

 

                                      Chaque main est l’oiseau qu’un destin pathétique 

                                      Oblige à voleter loin de son compagnon, 

                                      Et qui vient effleurer, barreaux d’une prison, 

                                      Les cordes d’une harpe obstacle emblématique. 

 

                                      Deux égaux, deux jumeaux, l’hymen est interdit, 

                                      Sur les cordes ces mains sont l’image réelle 

                                      De deux oiseaux chantant la même ritournelle 

                                      Et qui n’iront jamais hanter le même nid. 

 

                                      Pourtant, ce sont bien là deux âmes accouplées, 

                                      Deux mains symbolisant un lyrique duo : 

                                      Euterpe la joyeuse et l’aimable Erato, 

                                      Musique et poésie à jamais accordées. 

Musique Maestro !

Si l’on n’entre pas en poésie sans sonnet, 

On n’entre pas dans la musique sans clé de sol 

Pour ouvrir la portée en armure de bémols 

Aux musiciens comme aux croque-notes les plus sonnés. 

 

Qu’elle vous donne des boutons ou vous fasse frissonner, 

La musique vous emporte, vous décolle du sol ; 

Le temps d’un soupir, l’âme en peine elle console 

Offrant en point d’orgue un plaisir insoupçonné. 

 

Dans le concert des nations, sans hégémonie, 

Les blanches et les noires s’accordent en harmonie 

Au rythme des chansons modernes ou rétro. 

 

On dit que le poème est le chant du cœur, 

Tout comme le chant serait le poème du chœur. 

Allegro, prestissimo, musique maestro ! 

Le clavecin si bleu galant

Un petit air de clavecin, 

Si bleu galant, notes décloses, 

Parfum de rimes en essaim, 

Ouvre un poème, ouvre des roses : 

 

C’est la sonate d’un antan, 

Le coeur y danse et marivaude 

Dans ses dentelles de sultan, 

En révérences, même minaude… 

 

Un petit air de clavecin, 

Si bleu galant, notes marquises, 

N’a pas de plus charmant dessein 

Que, sans serments, bises exquises… 

 

Sous la charmille de l’instant, 

Fleurit, courtoise, la musique, 

Accords plaisants de l’inconstant, 

Thème en ballade bucolique… 

 

Un petit air de clavecin, 

Si bleu galant, ses sérénades : 

Rêve d’un soir près d’un bassin 

Où luit la lune et ses oeillades… 

 

L’amour l’idylle voletant, 

La toccata fuit sous l’arcane 

De la nuit se dépailletant 

Le clavecin s’éteint et… Diane… 

Musicalement vôtre

Ô musique éternelle

Ô musique souveraine, intemporelle !

J’écoute une symphonie,

Je suis en harmonie

Et j’aime la vie…

Avec Mozart,

C’est toujours le grand art !

Avec Bach je monte aux cieux !

Avec Vivaldi,

Je vais même au paradis…

Ô musique !

Dynamique, euphorique…

Tu épouses tous mes sentiments

Et jamais tu ne me mens…

Ô musique !

Le surnaturel

Entre dans mes veines.

Pas de rancune,

Pas d’amertume,

Pas de place pour le chagrin !

Tes chemins

Ne sont jamais importuns ;

Malgré les ronces et les épines,

Tu es ma drogue, mon adrénaline,

Mon amphétamine,

Mon absinthe divine.

Faites de la musique

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Art & Poésie de juillet

artetposiejuilletpetit.jpg

Le n° 211 de notre revue trimestrielle (3e trimestre 2010) vient de paraître.

Allegretta – La pianiste

Tes longs doigts blancs couraient 

Comme un cabri agile 

Gambadant sur les blés, 

Audacieux mais fragile. 

 

On aurait dit la mer 

Moutonnant en sa vague : 

Ondulation calme et claire 

Qui jamais ne divague. 

 

Ton doigt plus que précis 

Commandait à la houle 

Des blancs et noirs glacis 

Massés comme une foule 

Sur le clavier fougueux 

Que tu domptais des yeux. 

  

 

Patiemment tes dix fées 

Soumettaient leur délire 

Avec leur tendre allié : 

Ton délicieux sourire. 

Prague au printemps

La musique dans l’air, au détour des venelles
Découpe les prisons et flotte à l’unisson.
Saute par les fenêtres, enroule tous les ponts,
S’impose. Dans les rues frémit la ritournelle.

Surgie des monuments, elle mène la danse
Aux arches deux violons entament Vivaldi,
Quatre saisons résonnent, au loin Don Giovanni
S’échappe des Etats, vêtu tout d’élégance.

Sous le pont Charles coule un vieux saxo jazzy
On scande «Let it be» en place du Marché
De langueurs étourdie elle plane charmée
«Isn’t she lovely» nous demande Stevie.

Sous le regard surpris des fantômes d’antan
La Nouvelle-Orléans se pose tout là-haut
Et de Saint Nicolas roule la Moldau.
Wolfgang, Bedrich, Anton, elle règne céans.

Praha, at žije Muzika.

Au Conservatoire

Rêveuse assise contre la fenêtre,
Oubliant la symphonie qui éclate
Par toute la salle, je regarde
Le monde tranquille au-dehors,
Et les longs doigts feuillus des arbres,
Pianistes silencieux qui sans fin
Jouent sur les touches de verre
D’un clavier imaginaire.

  

  

Bénédicte Gandois Extrait du recueil Eclats (Editions de la Maison Rose, 2010, isbn: 978-2-940410-07-1) 

En avant, la musique !

L’été s’annonce enfin… 

Il a pris tout son temps 

À peaufiner, serein, 

Son arrivée, céans… 

 

Et le 21 juin, 

C’est le jour du solstice ! 

La fête sera bien 

À l’heure, en artifice ! 

 

Musique et puis flonflons 

Et tout le tralala 

Vont lui donner le ton 

Justement ce jour-là ! 

 

Les Chorales répètent 

En prévision, sereines. 

Musique égale Fête ; 

Et ce sera la Reine ! 

     

Partitions, instruments : 

Retrouvons-nous bientôt 

À la clé, car l’instant 

Deviendra le plus beau… 

 

Chanter

Dans un même chœur, 

Unissons nos voix, 

Rapprochons les cœurs, 

Et ouvrons la voie. 

      Tous, à l’unisson 

Donnons le frisson… 

 

 

   

 

 Au souffle de nos voix, 

           Puisons dans les mots, 

                   Embellis comme par magie, 

                            Signons  notre envie, 

                                     Au souffle de nos voix, 

                                               Ne respire plus, 

                                                        Tente de décoder, 

                                                                  Embellis. 

                                                                           Un chemin d’étoiles, 

                                                                                     Rêvé se dévoile. 

 

 

 

Chanter,  

Dans un même chœur, 

Un lien qui nous unit, 

Comme un chemin de vie, 

Le regard sans erreur, 

Donnons le meilleur ! 

                                     

 

C’est comme un jazz

Quand tu me déshabilles 

Que tu dégrafes mon corsage 

C’est comme un jazz 

Quand tu me souris 

Que tu caresses mon visage 

C’est comme un jazz 

Quand tes mains se font pressantes 

C’est comme un jazz 

Tu te mets à jouer avec mon corps quelques accords 

C’est comme un jazz 

Toi et moi on le joue à quatre mains. 

Cette musique ouvre la nuit 

Sur nos deux ombres éclatées 

Avec une douce lumière, qui les fait vibrer. 

Le regard de l’amour baigne alors nos yeux. 

Un petit air qui colorie mon coeur en bleu. 

Juste un jazz 

Toi seul sait le jouer 

Sur les cordes de mon corps 

Cet air de jazz 

Qui vient de commencer ! 

Où vont les sons

Où s’en vont-ils, les sons, 

Vers quel méandre de quelle onde planétaire, 

Tous les tapages de la ville théâtrale 

Qui ne cessent de s’épandre, 

Les sempiternels concerts 

De complaintes, de soupirs et de râles ?

Où vont les sérénades tragiques, 

Les chants, les voix et les musiques éteintes, 

Vers quels oasis, dans quel désert ; 

Et les flûtes, les violes, les cors, 

Les gazouillis aussi des oiseaux morts, 

Vers quelle nuée, dans quelle Olympe ?

Où finissent les hurlements des loups, 

Les claquements des défilés de fusils 

Et tous les coups de canon, 

Le vacarme des guerres aux confins de la terre, 

Et les cris, les cris des victimes, 

Dans quel repère, dans quel abîme ?

Tous ces bruits seront-ils 

Comme d’inépuisables notes 

Dans d’innombrables accords, 

Des notes dans le désordre qui seront livrées 

Aux lèvres attirantes des vapeurs 

Et se seront organisées 

Pour se faire matières rythmiques et vibrantes 

D’une ultime symphonie de stratosphère 

Un matin de saphir, un jour d’apocalypse ?

Cil la si do

 

De quelle invisible portée 

Cette croche est-elle tombée 

Avant de se perdre, courbée 

Sur ta joue ? 

 

Tu essaies de cueillir la note 

De l’ongle d’un doigt qui tapote 

Tandis que l’autre main pianote 

Et me joue 

 

Sans la virgule musicale 

La mélodie un peu bancale 

Qui boite aux courbes ancestrales 

D’acajou. 

 

Mais diésant une cabriole 

La voilà soudain qui s’envole 

Pour se fondre à la farandole 

Qui s’ébroue 

 

Au rythme d’une tarentelle, 

Comme une gamme d’hirondelles 

Posées sur les fils parallèles 

Des soirs d’aout.

En souvenir de cette jolie pianiste qui, lors d’une ultime répétition avant le concert, tentait de se débarrasser d’un cil gênant tout en continuant de jouer de sa main gauche… 

 

 

 

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