C’est triste la pluie,c’est beau la tristesse
beauté sans rigueur,beauté troublée
à travers la vitre
où perlent les larmes de chagrin du jour alangui.
Jour où l’ondée s’annonce comme la rivière tombant
du ciel à son dessin au fusain qui met en scène la
nébuleuse en niveaux de gris,
où partout, des traits de cristal pénétrés de lumière
hachurent l’alentour à portée de regard, alimentent
les flaques d’eau et à leur surface papillotent de
mille éclats moirés opposés à la matitude,
où les façades devenues pisseuses endurent le mal
comme des sœurs de misère, délayent leur teint et
se font art du lavis,
où les enfants jouent à s’éclabousser et savent saisir
la moindre occasion de chahuter la vie et dissiper
leurs nuages intérieurs,
où les visages défaits des gens ne rayonnent plus
sous leur meilleur jour mais dans l’émotion transie
qui n’a plus de fard: chien mouillé à la truffe humide,
au poil rincé, trempé dans le sentiment qui brave
l’intempérie,
où comme un lieu en nous et partout une mélancolie
joue un fado qui nous mélange au même attache-
ment.
C’est triste la pluie,c’est beau la tristesse
comme être ému d’une peine avec l’envie de consoler.














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