Archive mensuelle de mai 2009

Terre

Terre
toucher terre
avoir les pieds sur terre
terre et parterres, beautés
terre, terre à terre
et rente des coeurs à l’ouvrage
terre, parcelle que je sais mon pays
terre qui en fait tout un monde
sur la piste de l’évolution humaine
terre des hommes
et des hommes tombés par terre
de passage sur cette même terre
et puis, un jour où finit la terre
sous elle,
redevenir poussière…

Souvenirs de Floralivres à Metz avril 2009

Un grand merci à Simone Gabriel qui m’a envoyé les photos prises lors de la manifestation.

Floralivres Metz avril 2009
Album : Floralivres Metz avril 2009

12 images
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Les cathédrales

S’il est des monuments qui font vibrer nos âmes,
Envoûtant nos esprits sous leurs grandes ogives,
Que renaisse l’espoir, que grande foi revive :
               Voici les Notre-Dame !

Maître d’œuvre inconnu, toi l’antique ingénieur,
Depuis la dédicace en passant par les tables,
Tu vis entre tes mains s’ériger, véritable,
               Le Temple du Seigneur.

Argotique travail élançant dans les cieux
Le plus grand des vaisseaux ! Espace en extension
Tenu en clefs de voûte où règnent les tensions !
               Equilibre audacieux.

Son chœur vers l’orient est une immense proue
Pourfendant sans répit le courants telluriques ;
Voyage en l’infini vers la source cosmique,
               Prions qu’il ne s’échoue !

Ainsi l’homme placé en son centre alchimique,
Inondé de lumière en ces divins espaces,
Lentement s’irradie sous le feu des rosaces
               Qui veillent, magnifiques !

Ces sublimes instants, ces instants merveilleux,
Transforment sa pensée, son âme et puis sa vie,
Et l’emporte soudain, vivante eucharistie,
               Au séjour de son Dieu

Et pendant ce temps là, dehors, sous les portails,
La foule en vague noire étouffante et bruyante
Tourne autour de la nef en carène imposante,
               Cherchant le gouvernail…

O toi l’homme égaré ! Debout ! Et ne défaille.
Catalyseur vivant de ces forces divines,
Cathédrale de chair, tomberas-tu en ruines
               Comme simple muraille ?

Jean Pierre RECOUVREUR  ( 1948 – 1981 )
Grand Prix des Poètes Lorrains 1979 pour son recueil intitulé : « Haut les cœurs » 

 

Le jour où je partirai

A Coluche 

Je laisserai dans mon sillage
Des salades, un peu de fromages,
Le pipeau des belles fadaises
Tombées en rideau à la braise
De tous les attrape-nigauds 

Lutte classée des gens chassés
Tuer à moto le chagrin
Droguer sa déveine aux gaz pleins
Muer ses idées en cavale
De l’impuissance face au mal 

Dommage ! 

Politiquement menacé
Découragé, las je décroche
Bat en retraite et déménage
Abandonne les anicroches
De ce système qui se ronge 

Tout seul ! 

J’ai agi de mon mieux
Pour animer les malheureux
Suis passé à l’action
Des entraves plein les harpions 

Signé LES BIENFAITEURS DE L’HUMANITE 

Annelys

Il rêvait d’une Dame en un songe abîmée
Dérobant la lumière aux couleurs d’un vitrail
Pour orner de carmin sa lèvre de corail
Et velouter de rose un profil de camée. 

Une apparition par l’aurore embaumée
Brillant dans la clarté de ce faisceau d’émail
Et protégeant les plis neigeux de son camail
Des caresses du vent qui l’aurait trop aimée. 

Il a cherché si loin sur son noir palefroi
Tant fait virevolter de sa cape l’orfroi
Alors que tu t’ouvrais lentement  à la vie… 

Il sema sous tes pas une gerbe de lys
Et puis offrant à Dieu son âme inassouvie
Il emporta l’écho de ton nom, Annelys. 

Le murmure de la terre

Le murmure de la terre
A l’aube du printemps
Fait danser le lierre
Au son du violon
Et le jardin s’éveille
Chantant et chuchotant.

Le murmure de la terre
A l’aube de l’été
Fait danser les primevères
Au son de la clarinette
Et le jardin s’éveille
Chantant et chuchotant.

Le murmure de la terre
A l’aube de l’automne
Fait tomber les asters
Au son du hautbois
Et le jardin entre en sommeil
Dormant et reposant.

Le silence de la terre
A l’aube de l’hiver
A endormi les plantes potagères
Au son du tambourin
Et le jardin s’endort
Profondément profondément. 

Que jamais ne s’arrête

Les jeunes années
aux jeunes insouciances
sauvées par leurs rires
qui se prennent au jeu

La montée de sève
au pic printanier
d’un engouement poussé
à reverdir la chair et la fibre

L’éclipse du malheur
apparue aux pleurs
qui nous renvoie au soleil
d’un nouveau feu de joie

Le doux grain de folie
piment des jours trop effacés
qui prend à bras le corps
l’obstacle des lassitudes

Le tendre moment osé
qui s’abandonne enlacé
à dire pour toujours
et faire d’un jour le plus beau

parce qu’à l’amour il ne faut jamais dire jamais.

Polymnie

La pensée poétique est un grand voilier fier
Voguant sur le courant des phrases cadencées ;
Larguant voyelle claire et consonne foncée,
Elle part, vent debout, vers d’autres univers. 

La rime est une vague élancée sur la mer
Portant haut dans l’azur ses couleurs nuancées ;
Comme flux et reflux sans cesse relancée,
Elle s’en va mourir sur la fin de nos vers. 

O Poète marin ! Dans un ultime élan
Tu viens livrer ton âme aux fougueux ouragans,
Sublime sacrifice à ta Muse divine. 

Enrobant de nuées ton fragile vaisseau,
Elle vient jeter l’ancre en ces eaux cristallines,
Achevant ton voyage en sonnet simple et beau.

Jean Pierre RECOUVREUR  ( 1948 – 1981 )
Grand Prix des Poètes Lorrains 1979 pour son recueil intitulé : « Haut les cœurs » 
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Que d’o… que d’o !!

Me vient, ce soir, ex-abrupto,
L’envie de dire tout de go
Ce qui fait mon Eldorado :
Je n’ai pas gagné au loto,
Je n’ai pas, non plus, fait banco
Au casino de Monaco. 

Mais fi de cet imbroglio,
Je ne me fie qu’à mon credo
Qui, rimant avec mon ego,
S’harmonise dans un duo. 

Ma poésie et mon tempo
Je les veux toujours crescendo,
Mais je languis dans mon solo,
Guettant dans la nuit cet écho
Qui me renvoie, avec brio,
Mon chant en un concerto. 

Mes vers sont en méli-mélo
Mais je veux mettre en ex-voto
Le nom de ma Calypso
Et ce sera sans quiproquo ! 

C’est ma princesse, ma Clotho,
Ma Nausicaa, ma Clio,
Ma Juliette, mon Erato,
Ma muse, mon adagio,
Je l’aime fortissimo,
Je le lui dit moderato
Ou lui chante en sol la si do,
Avant que d’aller au dodo
Et de jouer les Roméo. 

Ma Vénus n’est pas de Milo
Quand elle m’enlace illico
Ou quasiment, grosso-modo. 

Et lorsqu’elle dit, in petto :
« Je t’aime », pianissimo,
C’est un chant, un intermezzo,
Refrain plus tendre que largo
Et mon cœur devient brasero ! 

Je sais très bien que mon topo
Me vaudra un double zéro,
Quand vous saurez, c’est rigolo :
Je n’ai d’elle qu’une photo.
J’en ai même le vertigo
Parce que, dans mon mémento,
Il est absent …son numéro ! 

Irréparable outrage

Déçue en son miroir
Si laide de se voir
La reine jura mais un peu tard
De mettre fin à ses jours
Et mit du fard à ses joues 

Elle supplia son tendre époux
De la vouloir mettre en joue
Ce bon mari
Si peu marri
Accéda aux vœux de sa mie 

De sa moitié fut consolé
Par une belle mijaurée
Qui s’empressa de lui faire mettre
Du plat d’amour
Les bouchées doubles 

A ce régime
Moins sain que gym
Le vieil époux
Creusa son trou
Et disparut au chant du coq 

 

Mémoire brisée

Ma mémoire s’estompe,
Mes souvenirs aussi.
Je ne sais plus où je vais
Je ne sais plus qui je suis.
Ma mémoire défaille
Sur les rails de ma vie.
Ma mémoire se perd
Comme une bouteille dans la mer !
Pantin désarticulé, mis de côté,
Mémoire cassée, brisée,
J’ai tout oublié de mon passé !
Amnésie totale ou partielle,
Je lutte contre elle,
Je fouille dans mon enfance,
Mais rien ne se déclenche,
Des visages familiers,
Ma mémoire a tout effacé,
Une famille, des enfants,
Pour moi c’est le néant.
Je n’ai aucun pouvoir,
Sur cette mémoire.
Le désespoir me guette,
Je suis au fond de l’abîme,
Et ça me mine…
Mais où est donc passée ma vie ?
Si ce n’est dans l’oubli. 

Fleurir

Emblème et accomplissement de la beauté des fleurs qui entretiennent une embellie dont on se couvre comme d’un soleil multicolore.




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