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Archive journalière du 17 fév 2009

Souviens-toi

Tu n’avais invité, le jour de tes vingt ans,
En plus de la famille et des amis d’enfance,
Que deux ou trois garçons, sortis de l’innocence
Mais soumis au respect de mes trente printemps. 

À l’écart, j’admirais ta beauté juvénile,
Incitant ton regard à se poser sur moi
Et suivant sur ton cou le rouge de l’émoi
Que pouvait expliquer ton discours volubile. 

Tes parents endormis sous l’ombre d’un figuier,
Des couples ont quitté la table et la terrasse ;
Alors j’ai vu l’azur de tes yeux pleins d’audace
Me montrer le chemin de ta chambre à coucher. 

Ton corps à pivoté dans un bruit de dentelles
Et dans ce mouvement, plus vif qu’un tourbillon,
Ta robe s’est ouverte, aile de papillon,
Sur le galbe d’un sein… J’ai défait mes bretelles. 

J’ai cueilli sur ta bouche un râle de plaisir
Quand mes doigts ont touché le velours de ton ventre
Tendu vers la caresse, et de cet épicentre
Une onde évolutive a failli m’engloutir. 

Ta chevelure éparse autour de ton visage
Éclairait ton amour d’un rayon de soleil
Tandis que dans ta gorge en forme d’o vermeil
Naissait la volupté comme un heureux présage. 

Puis tes reins ont creusé la vague du bonheur,
Poussant ma résistance au bord de l’agonie
Jusqu’à ce que l’étreinte, étroite symphonie,
Me libère d’un cri de joie et de douleur. 

Nos souffles emmêlés dans un tendre murmure
Formulaient des serments ponctués de baisers
Pour aviver le feu de désirs apaisés,
Sur nos lèvres sentir le goût de la luxure. 

Ta langue récoltait la liqueur d’abandon
Quand un gémissement marquait l’apothéose ;
J’ai butiné cent fois le bouton de ta rose
Sans me lasser des fruits dont tu me faisais don. 

L’extase dure encore après cinquante années ;
Les gestes sont plus lents mais le cœur bat toujours
À l’approche d’appas devenus presque lourds,
Et le temps se mesure aux nuits désordonnées. 

(Poème écrit pour un concours de poésie érotique)
(Extrait du recueil « Rouge et Noir Eden ») 

 

Les vendanges

Je t’ai vue, accroupie au pied du cep tordu,
Cheveux emprisonnés dans un foulard pervenche,
Et mon âme s’enfla d’un amour éperdu
Qui persiste aujourd’hui même si mon cœur flanche. 

Rencontrant mon regard, ton visage rosit
Au souvenir si doux de ce matin d’octobre,
Et l’élan mutuel du désir nous saisit
Comme il nous fit jadis amants malgré l’opprobre. 

Je te revois encore, au milieu du raisin,
Piétinant les fruits mûrs, tes jupes relevées,
Tenant farouchement le bras de ton voisin
Et je sens m’envahir des ardeurs retrouvées. 

Sur la peau satinée et blanche de ton sein
Mes doigts suivent sa courbe, et sa pointe durcie
Semble appeler ma bouche à calquer son dessin
Avant de se poser sur ta lèvre épaissie. 

Les râles de ta gorge excitent mon émoi ;
Ma langue aventureuse explore tes cachettes.
Me renversant, soudain, tu te couches sur moi,
Souriant du bonheur dans lequel tu me jettes. 

Car tu mènes la danse aux rythmes endiablés
Ponctués par les sauts de ta poitrine lourde,
Les échos lancinants des soupirs redoublés
Et de mes cris de grâce auxquels tu restes sourde. 

Rien n’a vraiment changé depuis le premier jour
Où nos corps l’un à l’autre unis dans l’érotisme
Ont emporté nos cœurs dans un élan d’amour,
Mêlant avec succès luxure et romantisme.

(Poème écrit pour un concours de poésie érotique) 
(Extrait du recueil « Rouge et Noir Eden »)

Fontoy. Entrée de la mine Carl Lueg (1988)

fontoy01.jpg

La rotonde

Dans l’ombre, imposante bouillotte,
Marquant l’air d’arômes brûlés
La loco vomit sous la hotte
D’épais relents noirs comme jais. 

La rotonde alors que clignotent
Au lointain les signaux fermés
Rêve dans la lueur falotte
De l’oeil bleu du monstre apaisé. 

Au fond de cette chaude grotte,
Faible écho de l’humanité,
Un mécano courbé sifflote
Puis se fond dans l’obscurité. 

Par toi belle enfant qu’on mignote,
Sourire au bout des rails lustrés,
Ma joie en tous ces feux qui flottent
Rejoint ton pays enchanté. 

(Extrait de « Les feux d’Eden »)
Grand prix 1983 des poètes lorrains 

 

La remise (Pantoum)

Premier charme d’un temps que l’amour illumine,
Un chemin roux filant sous de sombres buissons
Qui couvrent l’air du soir aux senteurs de limon
Ramenait, triomphant, une enfant de la mine. 

Un chemin roux filant sous de sombres buissons
Au fond de la remise où rouillaient des berlines
Ramenait, triomphant, une enfant de la mine,
La belle aux cheveux lourds dont je chantais le nom. 

Au fond de la remise où rouillaient des berlines,
Sous les rayons moelleux d’une fin de saison,
La belle aux cheveux lourds dont je chantais le nom,
S’offrait, d’un long regard, en sa noble origine. 

Sous les rayons moelleux d’une fin de saison,
Le joyau de mon cœur, complice galopine,
S’offrait, d’un long regard, en sa noble origine,
En livrant le secret d’un intime sillon. 

Le joyau de mon cœur, complice galopine,
Célébrait le corail et la rose en bouton
En livrant le secret d’un intime sillon,
Premier charme d’un temps que l’amour illumine.

(Extrait de « Les feux d’Eden »)
Grand prix Alérion d’or 2002 des poètes lorrains 




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