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Archive journalière du 14 fév 2009

Haut-fourneau d’Abainville

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Heimweh

J’entendis par le soir en dépassant Bourène,
Sur le chemin filant vers les cités du feu,
L’horizon des champs roux et des bois ténébreux
Craindre l’épaisse nuit tombant sur la Lorraine. 

La terre bavardait comme l’eau des fontaines,
Mais d’une voix muée aux accents douloureux
Sans jamais épuiser le livre fabuleux
Ouvert au plus profond du ventre de la plaine. 

Quel secret menaçant somnolait en ces lieux,
Quelle mort, quels départs, quelles terribles chaînes
Rendaient donc tous ces mots lourdement silencieux ? 

Et le couchant rougeâtre, à pas cérémonieux,
S’éteignit lentement sur des craintes lointaines
Qu’en ce pays mon coeur élevait jusqu’à Dieu.

(Extrait du recueil Les Feux d’Eden

Feux continus (Rondeau)

Dansez flambeaux, volez paillettes
Devant la tympe du fourneau !
Ils ont tous repris la musette ;
Voici la nuit et il fait chaud. 

Dansez flambeaux, volez paillettes !
On entend des cascades d’eau
Troublant la torpeur inquiète
Du monstre ceint d’un lourd anneau. 

Devant la tympe du fourneau
C’est un sol d’étrange planète
Creusé de brûlants caniveaux,
Semé de flammes violettes. 

Dansez flambeaux, volez paillettes ! 

Ils ont tous repris la musette
Pour aller prendre du repos
Laissant de longues silhouettes
Se casser sur de noirs poteaux. 

Voici la nuit et il fait chaud ;
Le feu attend une autre fête :
La relève est sur le carreau,
Dansez flambeaux, volez paillettes !

(extrait du recueil Les feux d’Eden)
Grand Prix Alérion d’or 202 des poètes lorrains

La dernière coulée

Courbé sur ses pas lents, musette en bandoulière,
Par un beau soir d’été, larmoyant, ténébreux,
Quarante ans, l’âge d’or, et soudain déjà vieux,
Il sait que c’est la fin, et il fuit la lumière. 

A la maison ce soir autour de la soupière,
Que de douleurs encore en regards silencieux !
Le chemin du retour est long et tortueux
Et répète, cruel : « C’était bien la dernière ! ». 

Il portait simplement en lui comme promesse,
En fermant les volets sur les jours de labeur,
L’usine dans les yeux, son fourneau dans le coeur. 

Le présent s’est figé sur la lourde détresse
Qu’une ultime coulée offre au premier fondeur
Et la nuit, cette fois, installe la froideur.

(Extrait du recueil Les feux d’Eden

 

Gérard Dalstein

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Né à Jarville le 13 mars 1948
Etudes secondaires classiques puis techniques. Etudes supérieures en Lettres. Licence de philosophie.
Vie professionnelle :
Maître d’internat puis enseignant lettres classiques de 1969 à 1973
Cadre administratif puis chef de service de l’Etat (préfecture) de 1973 à 2008
Retraité depuis mars 2008
Situation familiale :
Marié, père de deux enfants et grand-père de deux petits enfants
Vie associative. Activités extra professionnelles bénévoles :
Formation humaine et civique de 1985 à 1999 (Fondation
La Chênaie de Mambré)
Recherches et sauvetages en matière d’archéologie industrielle des 19e et 20e siècles
Réalisation de maquettes muséographiques
Poésie, éditoriaux et articles pour différentes revues
Dessin, illustration d’ouvrages
Etude et conduite d’un projet de restauration d’un ensemble industriel du XIXe siècle ( Association pour la sauvegarde du patrimoine métallurgique haut-marnais)
Travaux divers pour différentes associations
Editions : Réalisation d’ouvrages encyclopédiques sur l’histoire des industries du fer
Prix et distinctions
Officier des palmes académiques
Grand prix des poètes lorrains 1983
Prix 1995 de l’académie nationale de Metz
Prix 1995 Henri Lepage. Histoire régionale de la société Thierry Alix
Prix 2002 de l’Académie de Stanislas
Prix Alérion d’or 2002 des poètes lorrains
 




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