Moisson

Après avoir marché dans les sentiers de pierre
Déchirant pas à pas mon cœur et mon manteau
Mais devinant la cime au-delà du coteau
Destin, je franchirai ton ultime frontière.

Et quand le dernier mot de ma longue prière
Du carcan de la peur aura brisé l’étau
Mon âme embarquera sur l’étrange bateau
Menant à l’infini rivage de lumière.

Lorsque de ma douleur, chaque goutte de sang
Pourra s’épanouir au sillon renaissant
Je saurai moissonner un bouquet d’espérance.

Recueillant de mes vers une brûlante sève
A Dieu j’en offrirai l’infime quintessence
Alors, j’aurai touché les confins de mon rêve.

(extrait de «  RIVAGE » 1983 ) 




Le tueur fou

Cette nuit sans sommeil a renforcé la rage
Qu'il détient en son cœur malade et malheureux
Depuis qu'il sait perdu son bien-être amoureux,
L'avenir devenant un sinistre mirage.

Un sombre coup du sort, comme un brusque virage,
Fit perdre le contrôle à l'homme généreux
Et prendre un peu d'alcool dans un estomac creux,
Cocktail d'un feu d'enfer pour y puiser courage.

Dans le camaïeu d'or d'un rayon de soleil
Surgit devant ses yeux la salle du Conseil
Où se tiennent assis les sujets de son crime ;

Et des larmes de sang ruissellent sur les murs
Au son des cris de ceux que son fusil supprime,
Puis sautant dans le vide, il fuit ces lieux impurs.

(Extrait du recueil Rouge et noir Eden, 2005) 

Art et Poésie

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Le numéro 209 vient de paraître. Si vous ne l'avez pas reçu, n'hésitez pas à nous contacter.

Maroc

Aride immensité dont les buissons épars
Souffrent au vent brûlant et hurlant dans les brèches
Des torrents disparus le long des pentes rêches;
O pays marocain, ardé de toutes parts.

J’ai connu Marrakech aux farouches remparts,
Le marché d’Inezgane et ses tas d’herbes sèches,
Le doux trottinement des branlantes calèches,
Et les voiles masquant de lumineux regards.

Dans les souks imbibés de remugles sordides,
Indifférents à tout vont les ânes candides,
Silencieux martyrs à l’œil plein de mépris.

Parfois, près d’un chemin que le soleil crevasse,
Assis sous l’arganier aux rameaux rabougris,
Quelque vieux paysan, les yeux fermés, rêvasse… 

 

Paul GEIGER , Grand Prix des Poètes Lorrains 1991 pour son recueil intitulé : «  Gratis pro Deo » 




Le paon royal

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Photo réalisée par Adeline Loby, filleule de Katy Loby.

Le site de Claudio

Notre ami vénitien nous fait part de la création de son blog :
http://boaretto.unblog.fr/
Vous y trouverez des chansons, des photos, des fichiers sons.
Un blog qui n'en est qu'à son balbutiement, mais qui devrait s'étoffer avec de bien jolies choses !

Au pied du sémaphore

J'écoute gémir le vent dans le bois qui frémit
j'entends comme une plainte
Je regarde les cieux où la lune blêmit
et je la vois éteinte

Je contemple la mer, me berce du ressac
je suis au bout du monde
Vent debout, je résiste aux courants démoniaques
je me sens moribonde

Je cherche la lumière dans des rues ténébreuses
je recherche un asile
Oh comme j'aimerais me sentir amoureuse
de ce nouvel exil !

Je vois au bout du quai un homme qui me hèle
serait-ce un étranger
un voyageur perdu, un enfant d'Israël
un messager de paix ?

Je me hâte vers lui mais voilà qu'il s'éloigne
je hurle dans la nuit
Mes cheveux sont mouillés et le vent les empoigne
Et tandis qu'il rugit…

je regarde mourir la silhouette dans la brume
Ses bras bougent encore…
Le silence habite dans l'antre de Neptune
au pied du sémaphore. 




Réverbère

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Carte postale de collection qui fut reproduite à partir d'un cliché de l'assiette en “Réverbère” éditée en l'An 2000 par la Faïencerie de St Clément qui m'avait demandé un court poème en hommage à cet Art.
Cent exemplaires de cette assiette furent créés pour célébrer l'entrée dans le troisième millénaire ; la carte postale fut éditée à mille exemplaires.

Si j’étais… le feu

13lefeu.jpg
Quatrain final du poème “Le feu” extrait du recueil “Amours Multiples” sur une photo réalisée par Monique Colin.

Le bon travail

 

Garder le tempo
Du rythme comme phare,
La note à propos
Derrière une guitare,
Pour bien faire corps,
Arracher un arpège,
Plaquer un accord,
L'enfermer dans mon piège.
C'est du bon travail
Ça me vail, ça me vail,
C'est du bon travail. 

Ciseler le mot
Pour imbriquer les rimes
Comme des émaux
Afin qu'elles s'expriment,
Dans l'alexandrin
Éviter l'apostrophe,
Rythmer le quatrain
Et cadencer la strophe.
C'est du bon travail
Ça me vail, ça me vail,
C'est du bon travail. 

Cruiser en moto,
En Harley Davidson,
Dans les vibratos
Du moteur qui résonne,
Virage au cordon
Ne pas tomber à dam,
Pousser le guidon
Raser le macadam.
C'est du bon travail
Ça me vail, ça me vail,
C'est du bon travail. 

Sur un fin voilier
Hisser haut la grand voile
Pour appareiller
Entre dauphins et squales,
Toujours droit devant
Quand ça tangue et ça roule,
Remonter au vent
Pour affronter la houle.
C'est du bon travail
Ça me vail, ça me vail,
C'est du bon travail. 

Percer le tonneau,
S'allonger sous la bonde,
Refuser ton eau
Pour que les vins abondent,
Boire par passion
Pour la joie l'allégresse,
Dans les libations
Ne pas quitter l'ivresse.
C'est du bon travail
Ça me vail, ça me vail,
C'est du bon travail. 

Cavalier  galant,
Conquérir une femme,
Dans son cœur brûlant
S'incendier à sa flamme,
Répondre aux « encor »
Exaucer ses fantasmes,
Dans un corps à corps
Débusquer ses orgasmes.
C'est du bon travail
Ça me vail, ça me vail,
C'est du bon travail. 

Gardez vos flambeaux
Sonnez pas la Retraite,
Comme le tombeau
C'est l'hypothèse abstraite,
Jetez à tous vents
Vos décrets vos réformes,
Je reste vivant
Toujours en pleine forme.
Pour du bon travail,
Ça me vail, ça me vail
Pour du bon travail 

Rêve de toit

Je rêve de murs blancs et de musique ancienne,
Ta main pour amnistier les ronciers du chemin
Sur ma peau que la lune, à travers les persiennes
Griffe d’échelles d’or pour compter nos demains 

Je sais dans tes cheveux les lueurs bohémiennes
Prolongeant le soupir du foyer qui s’éteint,
Et j’entends rire, au sol, la frimousse arménienne,
Thésée cherchant Minos entre tous tes bouquins. 

Voyage de café, le grès de Mogador
Peindra les indigos et les safrans du port
Sur les barques ancrées dans tes yeux d’obsidienne. 

Que, dans la sandaraque et les vapeurs du bain,
Tu fermeras le temps d’un rêve marocain
Pour poser un instant ta plume lacanienne. 

Serge Beyer

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Je suis né en Meuse, au printemps de l’année qui accueillit Daniel Auteuil, Peter Gabriel, Richard Berry…L’Annapurna était vaincu, la Chine envahissait le Tibet (beurk !) et le Faune Nijinski s’envolait dans un ultime saut pour danser un eternel après-midi.- Le centième anniversaire des Ballets Russes m’autorisait bien se clin d’œil- !

Des sourires d’enfance volés (ça explique la suite, disent les Psys !) J’ai ensuite  poussé beaucoup de portes le long de mon chemin, refermant rapidement toutes celles qui n’ouvraient pas sur une passion amoureuse, professionnelle, ou autre… Quelques errances toujours constructives, puis successivement enseignant en EPS, maitre nageur sauveteur , éducateur territorial, entraineur de club de haut niveau, responsable d’un service sports et animations, puis chef (un mot que je n’aime pas vraiment !) d’un service  animations culturelles. Après 25 années passées à côtoyer les Barisiens, je suis actuellement « cadre territorial en retraite », depuis deux ans en région Champagne-Ardenne. La Lorraine est toujours un peu chez moi !

Ma plus grande joie ? Avoir éduqué (on élève les lapins, ou les poules…) deux enfants, David et Calypso. Je suis très fier d’eux, et pour eux. (J’assume !) Tous deux kayakistes de  niveau national, le Grand est responsable univers dans une chaine de magasin de sport, la Princesse est étudiante à l’ENSAA (encore un sigle!) Duperré à Paris. Elle sera scénographe !

La Poésie ? Une émotion vers 11 ans, en lisant quelques vers de Verhaeren (je vous aime, gars des pays blonds….) Un premier poème vers 12 ans, et  depuis, je la respire au quotidien, même pendant les périodes où les mots se font silences! Elle vit  partout où un de mes sens  est sollicité.

Quelques bouquets fleuris assez récemment sur les talus de mon chemin poétique. (Je vous avoue, ça aide à avancer !)
- Lauréat des Jeux Floraux de la Principauté d’Orange en 2006
- Grand prix de poésie classique  par Poésie sur Seine
- Alérion d’Or de la SPAF
- 2ème prix Salon Orange en Poésie libre
- lauréat du concours APAC 2007
- Prix Charles Guérin du prix Graffigny de Lunéville

J’aime le désert, les salles de spectacles, les loups blancs, les bateaux qui brisent leurs amarres, les coquelicots, les yeux qui parlent autant que les âmes, le vent qui joue Chopin, l’odeur de la lune,… Moi, quelquefois… !
Je n’aime pas, la vulgarité, le lait qui déborde, la trahison, les œillères, Victor Hugo, les chiens qui font faire caca les maitres dans les pelouses, les arbres déracinés….Moi, quelquefois… ! 

Un Post Scriptum :
Oser, c’est vivre ! 
Alors, osons quand il est temps ! 

Concours de poésie et nouvelles (rappel)

Du 01/12/09 au 28/02/10 le Centre d'Art Lorrain organise un concours de poésie et nouvelles.
Règlement auprès de : Jean-Jacques Chiron ou Antoine Doudoux
Institut Supérieur de Décoration
Centre d'Art Lorrain, 12 rue du Tivoli F-54400 Longwy-Haut
Tel : (33) 03.82.25.51.19

L’aubépine

moaubpine.jpg
Une de mes premières aquarelles

Rêve d’enfant

Juste pour moi,
Pour la tendresse à donner,
Pour ces moments de grâce,
Que j’avais oubliés, 

Juste pour moi,
Dans ce rêve à créer,
Toi, l’enfant à sa place,
Que j’avais inventé, 

Rien que pour moi,
Pour le plaisir d’aimer,
Pour le tendre encrage,
Que j’avais espéré, 

Juste pour moi,
Un merveilleux voyage,
Plus possible à mon âge,
Mais j’en rêve encore, 

Juste pour moi,
Dans cette belle image,
Issue de ce naufrage,
Qui l’a fait éclore, 

Vraiment pour moi,
Il n’aura pas d’âge,
Le sens de cet adage,
Si doux que j’adore,
Ce nouveau-né,

Je le prends en otage,
Juste sorti de sa cage,
Je le serre très fort,
Il est mon trésor,
Plus précieux que l’or,
Mon infini, mon visage,
Ce matin, à l’aurore
Me voilà, je suis née. 

D’un feu vermeil et pur

Et, perdu dans ses sens , mon rêve te lutine,
Puis s'éveille amoureux me laissant devant toi,
Ton regard plein de ciel me met tout en émoi ;
Ton sourire apparaît à ta lèvre mutine, 

Enfiévrant tout mon corps d'un long désir ardent,
A l'agonie du jour ouvrant les portes closes
Des nuits amoureuses, lorsque ton corps éclose,
Et que tu me l'offres comme un doux présent. 

En mon coeur enflammé tel un matin d'aurore,
J'ouvre mes bras aimants à ton corps enivrant.
Sculptés par un orfèvre, émerge ton sein blanc,
Une croupe troublante au galbe d'une amphore. 

D'un feu vermeil et pur et de ta main fiévreuse,
Tu parcours tout mon corps en un flot d'harmonie,
Et ta peau parfumée en vagues d'hystérie
Flux et reflux ma peau en danse audacieuse. 

Gérard Bollon-Maso (SPAF Délégation lyonnaise) 

Souvenirs du carnaval de Venise…

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En attendant des photos de cette année par notre ami vénitien Claudio, Joëlle nous propose trois clichés, souvenirs d'une escapade sur la lagune, afin d'illustrer les commentaires que nous a curieusement inspirés le matou de Rosaria…

Oeuvre sans nom

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Deux ans déjà

Aujourd’hui il pleut, le ciel est blafard,
C’est un automne nouveau que tu ne verras pas,
Ma peine reste présente visible sous le fard,
Mon chemin sur la terre sans trace de tes pas. 

Tu es parti sans me tenir la main,
Tu as fermé tes yeux sans ma présence amie,
Ce dur moment mon âme est son écrin,
Qui porte à jamais ton visage endormi. 

La langueur de mes rêves m’emporte la nuit,
Et j’espère voir dans le ciel étoilé,
Mais l’espace d’un songe à l’autre tu fuis,
Me laissant le matin un goût d’inachevé. 

Où es tu ? quand viendras tu me parler ?
Des anges et du monde dans lequel tu vis,
Des jardins suspendus, aux rivières étoilées,
Des lumières, où DIEU t’a conduit. 

J’attends souvent guettant de toi un signe,
Auquel ici bas plus personne ne croit,
Comme un fil d’Ariane je t’envoie ces lignes
Partant de mon âme et allant jusqu’à toi. 

Ne me laisse pas languir dis moi la Vérité,
N’oublies pas tes promesses à jamais consenties,
Viens fleurir ma vie de la « Sérénité »
Vien me dire qu’ailleurs tu es aussi. 

Mon matou à moi

Ah ! si vous connaissiez mon chat noir !
Un super matou qui sort tous les soirs.
Il joue les beaux, c'est un macho !
Avec son regard perçant,
C'est un félin bien charmant !
Sa queue en panache
Lui donne un air perspicace,
Qu'il en en est cocasse,
Avec sa moustache à la Dali
Il attire toutes les souris.
Il m'en fait voir de toutes les couleurs,
Mais ce gros matou fait mon bonheur.




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